Madeleine de Souvré Sablé

Résumé

Madeleine de Souvré Sablé Maximes de Mme de Sablé

Pour le duc de La Rochefoucauld, qui ne connaît pas de tempérament à la perversité humaine, il n’existe pas de véritable amitié. Aussi écoutons-le :
« Ce que les hommes ont nommé amitié n’est qu’une société, qu’un mesnagement reciproque d’interests, et qu’un eschange de bons offices ; ce n’est enfin qu’un commerce où l’amour propre se propose toûjours quelque chose à gagner [1] . »
Madame de Sablé ne se fait pas non plus illusion sur l’amitié ; elle convient que la plupart du temps il y a lieu d’en suspecter la sincérité.
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Madeleine de Souvré Sablé Maximes de Mme de Sablé

« La société, dit-elle, et mesme l’amitié de la plupart des hommes, n’est qu’un commerce qui ne dure qu’autant que le besoin. — Quoique la plupart des amitiez qui se trouvent dans le monde ne méritent point le nom d’amitié, on peut pourtant en user selon les besoins, comme d’un commerce qui n’a pas de fonds certain, et sur lequel on est ordinairement trompé [2] . »
Mais pour cela Madame de Sablé n’abandonne pas la cause de l’amitié. Elle sait bien que la véritable amitié existe, puisqu’elle la sent et qu’elle la pratique
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Il faut le dire aussi, Madame de Sablé, malgré toute l’affabilité de son caractère, était une nature froide, plutôt faite pour l’amitié que pour l’amour. L’amitié était pour elle la suprême expression de la tendresse. Pratiquer l’amitié fut la grande occupation de sa vie, la définir fut le but principal des quelques lignes dans quelles elle a fixé ses pensées. Elle en parlait souvent dans le cercle littéraire que son esprit distingué avait réuni autour d’elle ; elle en discuta beaucoup avec le célèbre auteur des Maximes, et sur ce point, comme sur tant d’autres, elle fut en désaccord avec lui.
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