Résumé

Marc Debrit La Suisse et la politique impériale… (1860)

L'Allemagne aussi rêve son unité, et elle la rêve d'une manière intelligente. Elle n'aspire point à la gloire, très-contestable, d'absorber toute sa vie politique, toute sa vie intellectuelle, dans une province ou dans une capitale. Elle ne veut pas renouveler chez elle le déplorable exemple d'une grande ville épuisant à son profit toutes les forces de la nation. Elle sait qu'une pareille accumulation de vie ne se fait qu'aux dépens de la vie elle-même ; elle sait que le despotisme est presque toujours la conséquence d'une centralisation politique exagérée.
Source : Gallica

Marc Debrit La Suisse et la politique impériale… (1860)

Il suffit d'un peu de discrétion pour donner à un despote la réputation d'un profond politique.
Le despotisme a pour lui l'armée qu'il élève au dessus de la nation ; les soldats aiment toujours celui qui aime la guerre. Il a pour lui la foule, très-nombreuse, des gens qui veulent qu'on les amuse, et pour qui les récits de bataille sont un agréable passe-temps. En ce sens, on peut dire qu'il est populaire, beaucoup plus que ne l'est en général la monarchie représentative. Il concentre dans sa main une puissance énorme dont il dispose à son gré.
Source : Gallica

Marc Debrit La Suisse et la politique impériale… (1860)

Ce qui fait la force du despotisme, au dehors comme au dedans, c'est qu'on le craint. Or la crainte est un sentiment bas en soi ; elle s'adresse à la partie la plus grossière de notre nature, elle dégrade l'homme au lieu de le relever à ses propres yeux. Un gouvernement qui trouve son appui dans la terreur qu'il inspire, ne saurait donc être louable. Il a pour effet de corrompre le sens moral de la nation. Quelques années d'un semblable régime suffisent pour bouleverser tous les principes, même les plus évidents.
Source : Gallica

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