Résumé

Émile Beaussire Les Haines nationales. — La France et l’Allemagne

L’Allemagne ne prend ombrage ni de la grandeur de la Russie ni de celle de l’Angleterre ; l’intelligence a trop peu de part à la première, et la seconde repose sur des bases qui ne sont pas l’objet immédiat de l’ambition germanique. La France seule offre la réunion de toutes les gloires auxquelles prétend cette ambition. Elle est la seule rivale que l’Allemagne ait en vue dans ses rêves de domination, et une rivale d’autant plus odieuse qu’elle-même, il n’y a pas longtemps encore, bien loin de s’alarmer de cette rivalité, lui faisait à peine l’honneur de la soupçonner.
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Émile Beaussire Les Haines nationales. — La France et l’Allemagne

Nous saurons, en évitant l’excès du militarisme, armer et discipliner la nation entière. Nous ne serons plus simplement « un pays qui a une armée, » et nous ne voudrons pas davantage être « une armée qui possède un pays ; » nous serons tout ensemble un peuple de citoyens et de soldats, réunissant sans les confondre et sans en sacrifier une seule toutes les mâles vertus qu’impliquent ces deux noms. En attendant l’heure propice, nous ferons à nos rivaux la seule guerre honorable que comporte l’état de paix ou de trêve, la guerre d’émulation.
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Émile Beaussire Les Haines nationales. — La France et l’Allemagne

Le patriotisme serait plus pur sans doute, s’il n’était qu’amour, s’il se conciliait, sans s’énerver, avec cette charité du genre humain, caritas generis humani, que glorifiait déjà Cicéron. Quand il est fortement enraciné dans l’âme d’une nation, il n’y a rien à craindre d’un tel mélange. Les nobles sentimens se prêtent un mutuel concours. Nos pères de 1789 n’aimaient pas moins la France, et ils n’ont pas lutté avec moins de zèle pour sa liberté et pour sa grandeur, parce qu’ils avaient sans cesse à la bouche les mots d’humanité et de fraternité des peuples.
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