Auteur : M. Levy-Brühl

Résumé

Auteur : M. Levy-Brühl Revue des Deux Mondes

Une langue est un tout organique qui vit, qui se développe et qui meurt comme un être vivant; la langue d’un peuple, c’est, pour ainsi dire, l’âme même de ce peuple devenue visible et tangible. Son caractère, son tempérament, sa façon de penser et de sentir, son originalité, s’y expriment au vif. Posséder une langue, c’est vraiment posséder du même coup l’esprit de toute une race. Et lorsqu’une nation est déjà vieille de plusieurs siècles, lorsqu’elle a, comme la France, l’Allemagne ou l’Angleterre, un long et glorieux passé derrière elle, l’évolution de sa langue donne la clé de son histoire
Source : Wikisource

Auteur : M. Levy-Brühl Revue des Deux Mondes

La cité antique, dit Herder, et la société moderne sont choses bien différentes. Dans l’antiquité, la prospérité et la grandeur de la patrie étaient le but suprême de l’activité des citoyens libres. Point d’intérêt supérieur à celui-là. Religion, morale, traditions, tout est étroitement attaché à la cité, tout vient d’elle; tout périt si elle succombe. Par suite, le patriotisme est le premier et le plus impérieux des devoirs, devant lequel les autres s’effacent, ou, pour mieux dire, sous lequel ils se rangent. D’une certaine manière, toutes les vertus se confondent dans l’amour de la patrie.
Source : Wikisource

Auteur : M. Levy-Brühl Revue des Deux Mondes

Il est temps qu’il reprenne possession de soi. « Ce qui est passé est passé, dit Herder, n’en parlons plus; mais, à l’avenir, suivons notre route et tirons de notre propre fonds ce qui pourra s’en tirer. Que l’on dise du bien ou du mal de notre nation, de notre littérature, de notre langue, elles sont à nous, elles sont nous-mêmes, et cela suffit. » Si l’on ne savait que Herder est un philosophe cosmopolite, ne croirait-on pas entendre un patriote singulièrement jaloux de l’indépendance et de la grandeur de son pays ?
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature