“ Je prie Dieu, ma très chère Fille, qu'il reçoive le sacrifice de votre pauvre coeur qui paraît toujours un peu oppressé, et qui peut-être s'abandonne à l'agitation, quand il ne devrait respirer que la paix. En effet, quelle consolation que de nous voir tout à fait à la merci de la Providence , et dans l'impossibilité d'agir par nous-mêmes. Nous sommes exemptées par là de toutes les fautes que nous pourraient faire commettre notre faiblesse et notre aveuglement. Oh ! qu'heureuse est une âme que Dieu conduit par la main, et qu'il étonne par le succès de ses voies. ”
Résumé
“Notice sur Mme de Pinezon, fondatrice et première supérieure générale de la congrégation de Saint-Thomas-de-Villeneuve de Provence, dite de Notre-Dame-de-Grâce”, publiée en 1861, est une œuvre de . Des thèmes tels que Mme de Pinczon, soeurs ou noviciat y sont abordés.
Citations de Notice sur Mme de Pinezon, fondatrice et première supérieure générale de la congrégation de Saint-Thomas-de-Villeneuve de Provence… ()
“ Tout sera vaincu par la prière. Il faut la faire sans trouble, sans tristesse, et sans parti pris, renonçant à tout ce qui ravit la paix, et redoublant de confiance dans les anxiétés. J'ai reçu toutes vos lettres, j'y trouve une agitation qui m'afflige par le mal qui vous en revient; il ne faut jamais renoncer à la paix pour quelque raison que ce puisse être. C'est sur cette pierre solide, quand elle est accompagnée d'humilité, que s'accomplit la promesse du Fils de Dieu, et nous faisons en lui notre demeure. ”
“ A Dieu ne plaise, ma bonne Amie, que nous affligions les pauvres, mais il convient de les instruire sur les exigences intolérables qu'ils se permettent dans le choix des personnes destinées à les servir. L'esprit de la congrégation est uniforme et prescrit à toutes les religieuses les mêmes devoirs, dont la supérieure est responsable à sa conscience. Soyez en paix ; vous êtes, grâces à Dieu, loin d'agir pour obtenir des louanges, mais vous avez droit de compter sur l'intégrité de votre réputation et sur la tranquillité nécessaire. ”
“ Le droit d'écrire ne doit pas être plus cher que celui de manger, et une vraie pénitence doit faire jeûner la passion, plus encore que le corps. Je me garderai bien, mon cher Père, d'en venir là, et de lui conseiller ce sacrifice, si vous le trouvez déplacé, mais je suis persuadée que si elle avait le courage de le faire, la grâce de Dieu agirait, et que si elle résistait, ce serait une preuve que nous avons découvert la plaie véritable. ”
“ CHAPITRE XVI. Charité envers les pauvres et les malades. Notre Seigneur a dit que la plus grande marque d'amour était de donner sa vie pour celui qu'on aime ; Mme de Pinczon a donné cette marque aux pauvres et au don qu'elle leur avait fait, d'elle-même et qu'elle n'a jamais retiré, elle a joint le don de toutes les filles qu'elle a formées. L'une des maximes qu'elle leur offre est celle-ci : «Souhaiter de mourir pour le service des pauvres et travailler pour eux de tout son coeur, dans les plus grandes fatigues. » ”
“ Aimez et faites aimer, agissez et faites agir. Vivez en Dieu et soutenez sans le démentir le nom d'épouse du fils de Dieu et le caractère de religieuse. C'est qu'il faut bien que je vous le dise, vous avez à prendre beaucoup, mais beaucoup, sur vous, ma chère Enfant, tout est à réformer dans l'extérieur, comme dans l'intérieur ; au reste, vous portez un voile et un Crucifix ; avec cela il ne faut que des yeux et un coeur. ”
“ Vous n'êtes pas d'âge à demander la retraite, ni d'une vertu à mieux faire ailleurs ; moins vous choisirez, et plus vous avancerez. Je vous recommande la fidélité à vos communions, le silence au milieu des parleurs et des parleuses, la politesse avec vos soeurs, le sacrifice de vos grands tons de général d'armée, et par-dessus tout la recherche habituelle de Dieu et de son amour. ”
“ D'après les constitutions des religieuses hospitalières de Saint-Thomas-de-Villeneuve, « il ne faut pas recevoir indifféremment et sans choix toutes les filles qui se présentent, mais seulement celles qui appartiennent à des familles honnêtes et qui ont bonne réputation, santé à l'épreuve, humeur douce et sociable, esprit bien fait, extérieur modeste et n'ayant rien de rebutant, vertu solide ou au moins désir véritable de l'acquérir, et surtout volonté arrêtée de s'employer toute leur vie au service des pauvres. » ”
“ On n'aurait pas pu découvrir en elle une marque de sensualité naturelle, et elle s'appliquait singulièrement à en détruire dans sa congrégation jusqu'aux moindres apparences. « Qu'aucune soeur ne se plaigne jamais de la nourriture, ni ne s'arrête à regarder ce que l'on donne aux autres; que tout ce qui regarde le boire et le manger soit banni des conversations ; qu'on y mortifie sans cesse la sensualité, et que l'on ne mange jamais rien, sans dispense, hors du réfectoire et de l'heure des repas. » ”
“ Mon coeur est très sincère ; je n'ai jamais, dans ma vie, rien tant aimé que votre communauté et les oeuvres auxquelles elle se dévoue; mais c'est précisément ce sentiment qui m'engage à prendre de meilleurs arrangements pour votre bonheur et votre tranquillité. Je suis assez avertie de tous les obstacles qui se rencontrent. Vos plaintes habituelles, vos chagrins fréquents me font trop connaître vos besoins, pour que je ne demande pas à Dieu qu'il vous envoie du soulagement. ”
“ La réflexion en découvre l'injustice, la bonté de Dieu en inspire les regrets. Puisse cette divine bonté nous communiquer assez de lumières pour découvrir la profondeur de nos maux et nous aider à en sortir. Heureuse l'âme qui les reçoit par la voie du saint ministère et qui ne donne jamais à douter de son attention et de sa reconnaissance. ”
“ Quelle prière peut être plus agréable à Dieu que le renoncement à soi-même, l'humilité, la charité, la prudence et l'obéissance? Dites-moi donc, quels sont les séculiers qui se dévouent à de pareils sacrifices et qui pourraient le faire avec autant de mérites. Ne nous trompons pas dans la dévotion. Quand Dieu veut régner, il afflige. ”
“ Ne soyez pas plus empressée ni plus dévote que vos compagnes, et tenez pour certain que la voie des consolations a ses écueils, et que le trop faire ne plaît pas toujours à Dieu. Je vous assure que j'ai au noviciat des filles très ferventes auxquelles je tiens toujours la bride, assurée que je suis que le grand chemin de la perfection ne consiste jamais que dans le sacrifice de la volonté. ”
“ O ma Fille, ma Fille, ouvrons notre coeur à la charité; aimons notre cher prochain comme notre cher Sauveur l'a aimé et nous a aimé nous-mêmes ! Sacrifions tout à Dieu et à la paix. Les âmes de nos soeurs sont bien précieuses, elles auront toutes une heureuse destinée. Voyons ce cher prochain dans la poitrine de Notre Seigneur Jésus-Christ. ”
“ Pauline, en se livrant avec toute l'ardeur de son âge et toute la vivacité de son caractère au service des malades, avait trop compté sur une santé qui, jusqu'alors, ne lui avait jamais manqué ; aux travaux corporels, aux veilles prolongées, aux soins exagérés et inquiets de ses malades, elle avait ajouté des oeuvres secrètes de pénitence et de mortification qui altérèrent bientôt son tempérament, et ses bonnes supérieures, qui avaient vainement cherché à arrêter l'exercice exagéré de son zèle, cherchèrent vainement aussi à lui rendre une santé perdue. ”
“ A.R.T. « Ces trois lettres, écrit Mme de Pinczon, veulent dire adveniat regnum tuum; nous les portons aussi sur des anneaux d'argent que les pauvres nous donnent à la profession. Ces divines paroles sont le cri de nos coeurs. Nous les disons quand l'horloge sonne. Nous ne voulons vivre et mourir que pour ce règne bienheureux. Je prie Dieu qu'il soit aussi votre aliment. » ”
“ C'est le fruit de la Croix qui toujours donne la vie.» Lorsque quelque peine lui arrivait, on la voyait se recueillir un instant, et puis elle disait. : « 0 bonne Croix!» Traversant une salle de malades, elle entendit une fois que l'un d'eux se permettait de parler mal contre elle, elle se borna à rappeler à la religieuse qui l'accompagnait la parole du Fils de Dieu : Quand on vous calomniera à cause de moi, réjouissez-vous, car une grande récompense vous attend dans le Ciel. ”
“ Que votre coeur ne se trouble point. Il faut vivre en Dieu en ne cessant pas de tout mettre entre ses mains. Je marche sur le bâton de l'obéissance et j'y trouve une certaine paix. Faites de votre mieux. Je vous enverrai quelqu'un quand Dieu le voudra. C'est à lui qu'il faut dire toutes vos raisons. Vous avez part plus que personne à ce que j'aidit en communauté, mais, dans la crainte de vous avoir fait de la peine, je veux bien vous assurer que je n'avais fait qu'exprimer un désir. ”
“ On peut facilement se représenter la douleur de la Congrégation toute entière; la mort de la vénérable supérieure parut accroître le respect et l'amour qu'avaient pour elle toutes ses filles, et aux prières récitées avec ferveur pour le salut de son âme, s'unissaient déjà aussi des prières de sollicitation, comme celles qu'on adresse aux saints. ”
“ Mes très-chères Soeurs et bien-aimées Filles en Jésus-Christ, si dans tous les moments de notre vie nous ne devons jamais cesser de bénir et de louer la miséricorde divine, combien plus devons-nous lui consacrer l'hommage de notre admiration et de notre reconnaissance quand elle daigne se manifester d'une manière sensible, en faisant éclater sa protection sur nous, tout indignes que nous en sommes. ”
“ Nous avons le bonheur de posséder le Saint-Sacrement, et d'avoir tous les jours la Sainte Messe. Nous ne sommes pas logées à demeure, mais bien dans un petit local que l'on nous prête par charité. Au reste, cette habitation nous plaît par sa tranquillité et surtout par la ferveur des novices qui me confondent à chaque instant. ”
“ Car la plus obéissante des soeurs sera la plus aimée de Dieu; l'âme devient parfaite, quand.elle veut ce que Dieu veut, et Dieu veut qu'on obéisse sans réplique. » D'après ces principes, Mme de Pinczon ne comprenait pas les peines qu'ont certaines religieuses à se résigner simplement à l'emploi dans lequel la Providence les a placées. «Je vous prie, ma bonne Fille, dit-elle à l'une d'elles, de renoncer une bonne fois pour toutes à votre chagrin d'être supérieure. Quand on fait tout ce qu'on peut, on fait tout ce qu'on doit, et le bon Dieu n'en demande pas davantage. » ”
“ L'emploi du soin des pauvres malades, qui attire tant de grâces de Dieu, est d'un grand secours contre la paresse, la vanité, et mille autres misères qui ne vous laisseraient pas plus tranquille que la méchante dissipation dont vous vous plaignez. ”
“ Gardez-vous, ma chère Fille, de leur faire aucun reproche; elles n'en sentiront que trop si leur vocation était bonne, et si elle ne l'était pas, leur salut pourra s'opérer par d'autres moyens. Les desseins de Dieu ne dépendront jamais ni de nos spéculations, ni de nos contradictions. Elles ont souffert dans ce voyage, Dieu vous en fera un jour connaître l'utilité. ”
“ A quelque degré d'ignorance que soit une âme, nous ne devons rien négliger pour tâcher de lui apprendre et de lui expliquer de notre mieux le Credo, le Pater, L'Ave, les Actes de foi, d'espérance, de charité, de contrition, les principaux mystères, ce qui concerne les Sacrements, et en particulier ceux du baptême, de la pénitence et de l'eucharistie, les fins dernières, etc. ”
“ Etre absolument attachée à suivre les ordonnances, sans se permettre jamais d'idée particulière. Se servir de petites cueillers pour faire boire les agonisants. Faire tenir de petites clochettes auprès des plus malades. Enfin, mes chères Soeurs, que la charité de Jésus-Christ nous presse, nous instruise, nous soutienne, nous fortifie, nous adoucisse et nous consume. Paix, amour, secret, silence. Toutes en Dieu, toutes à Dieu. ”
“ Dévotion à Jésus-Christ,, à la Sainte Vierge et aux Saints. L'abandon de Mme de Pinczon entre les mains de Dieu se révélait d'un caractère tout particulier de piété, en se rapportant à Notre-Seigneur : « Qu'on pense si souvent à Jésus-Christ, qu'à la fin on y pense toujours! » — « C'est un beau monastère que le coeur de Jésus. Heureuses les hospitalières qui en ont connu l'entrée, qui travaillent et qui se reposent en lui, et ne vont jamais ni plus près ni plus loin qu'il ne les conduit.» ”
“ Il est bien aisé, mes chères Soeurs, de plaindre celles qui succombent, de pardonner à qui nous recherche et de se relâcher de ses droits, quand ils sont tous reconnus. Ah ! si notre faible vertu ne peut encore arriver qu'avec peine à de si légers témoignages de Christianisme, tâchons du moins de les offrir à Dieu d'une manière qui lui soit agréable. Qu'on se réunisse donc pour prier Dieu pour les soeurs de Sainte-Chrétienne, qui vont entreprendre un long et douloureux voyage. ”
“ On ensevelira les femmes mortes, avec grand respect et modestie, se persuadant que leur état de souffrance et de pauvreté a procuré leur béatitude, les considérant ainsi comme des reliques destinées à ressusciter glorieuses. Nous prierons Dieu que les âmes des pauvres nous protègent. ”
“ Il faut sacrifier tout à la paix, tout, tout, tout. » Cet esprit de bonté qui se montre jusques dans les observations nécessaires ne va peint cependant jusqu'à la faiblesse, et Mme de Pinczon sait quand il le faut reprendre avec des paroles d'extrême énergie, comme à l'égard d'une personne qui, après avoir appartenu à la Congrégation, cherchait à lui nuire, et dont elle dit « qu'elle aurait jeté la communauté dans un puits, après avoir jeté les religieuses dans la boue. » Son attention à faire observer la règle était de tous les moments ”
“ Sans examiner si c'est à vous que je dois l'obligation de sentir la compassion prendre le dessus dans mon coeur, ou à la bonté de Dieu, ou à quelque mobilité de mon caractère, la vérité est que je désire la gagner plus que je ne le désirais, quoiqu'il me semble certain que jamais elle n'était arrivée à des excès semblables à ceux d'hier. ”
“ Il est impossible de n'être pas touché en voyant une personne du mérite et de la vertu de Mme de Pinczon s'humilier ainsi, se défier autant d'elle-même et montrer un abandon aussi filial et aussi complet en celui que la Providence lui avait donné pour supérieur. ”
“ Ce fut en vain que des soeurs de SainteChrétienne, distinguées par leurs vertus et leur savoir, vinrent à Aix et furent introduites dans l'hôpital ; ce fut en vain que l'archevêque nommé usa tour à tour de douceur et de force, l'opposition des soeurs de SaintThomas fut à peu près unanime, et quant à Mme de Pinczon, elle se retira à Grenoble, où elle continua, comme supérieure générale de Notre-Dame-de-Grâce, à vivre sous la règle de Saint-Thomas et à la faire suivre aux religieuses qui étaient avec elle. ”
“ Les malades doivent trouver leur premier soulagement dans la douceur et l'empressement à les recevoir. Quand on sonne pour annoncer leur arrivée, il faut aller audevant d'eux. On lâchera de ne les aborder qu'avec un air doux et tranquille, de ne leur parler jamais qu'avec respect et pour leur consolation, sans s'arrêter à de longs discours. On fera une grande attention à ce que la démarche ne soit ni lente, ni précipitée, ni bruyante; que les yeux soient modestes; qu'il ne se fasse aucun éclat de voix, et que — 195 — tout l'intérieur soit uni à Dieu. ”
“ M. de Pinczon, surtout, ne pouvait croire destinée à la vie religieuse celle qui ' se faisait remarquer par le caractère le plus enjoué, qui montrait encore par intervalle quelque légèreté, et qui ne pouvait pas; dissimuler un entraînement très prononcé pour les plaisirs du monde : « Mais c'est précisément pour cela, disait Pauline, que j'ai besoin d'échapper à ma faiblesse ; je ne puis pas être bonne à demi, il faut que je me donne toute entière à Dieu et aux pauvres pour me soustraire aux dangers du monde et à mes propres inclinations. » ”
Termes fréquents
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