Pierre Le Loyer

Résumé

Pierre Le Loyer,  La Néphélococugie (1579)

“ Ilz sont de Tholoze natifs.
Chœur
Pourquoy ont-ilz abandonné
Ceste ville si fortunée,
Pleine de gens riches d’escus
Et qui ayment tant les Cocus ?
Jean Cocu
C’est d’ennuy, et d’ire profonde
De se voir herceler au monde,
A cause que les Dieux les ont
Tous deux marquez emmy le front
De deux grandes cornes bessonnes ;
Au reste ilz sont bonnes personnes,
Et quand bien vous les connoistrez
De plus en plus les aymerez.
Chœur
Quelz bons conseilz, et profitables
Peuvent donner ces misérables,
Qui en ont bien besoin pour eux.
”
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Pierre Le Loyer,  La Néphélococugie (1579)

“ La froideux et le chault, et le sec, et l’humeur,
Sans lesquelz elle n’a ny force, ny vigueur,
Et ne peut engendrer, ains brehaigne et sterile
Elle se perd soy-mesme et debvient inutile.
Que si vous m’objectez qu’on ne connut jamais
Deux contraires avoir une paisible paix,
Je le confesse bien : toutesfois un contraire,
En son contraire peut se resoudre et deffaire,
Si que le chaut est froid, et le froid est le chaut,
Quand il plaist au motif des cercles de là haut
Le feu se change en air, et l’air en eau se forme,
Et l’eau en terre aussi par le temps se transforme
”
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Pierre Le Loyer,  La Néphélococugie (1579)

“ Mais toutesfois comme Oyseaux factieux,
De bon esprit, gentilz, ingénieux,
Ilz sont commis des Roys en l’exercice
De commander et voir sur la police,
Et les derniers sont les Cocus niays
Qui commandez ne commandent jamais,
Humbles Oyseaux, infimes, populaires,
Sans dignité, sans rang et sans affaires,
Gens sans esprit, gens qui ne peuvent rien,
Pleins de lourdesse, ignorans de tout bien,
Qui seullement comme esclaves attendent
La volonté de ceux qui leur commandent :
A souffrir tout de nature dispos,
Quelque fardeau qu’on mette sur leur dos.
”
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