Pierre Mac Orlan,
Le Chant de l’équipage
“ Le temps s’était lui-même transformé. Un soleil encourageant brillait dans un ciel sans nuage où sa lumière se fondait paisiblement. Laissant Madère à sa droite, l’Ange-du-Nord, toutes voiles dehors, poursuivait sa route, dans un effort élégant et presque insensible. M. Krühl, Samuel Eliasar, le capitaine Heresa et le second fumaient à l’arrière, se laissant aller au bien-être de cette belle journée caressante. C’était dimanche. Bébé-Salé avait amené son accordéon avec lui sur le pont. Assis sur une pile de cordages, appuyé contre le grand mât, il jouait des airs plaintifs de la Bretagne. ”
