Robert d' Humières

Résumé

Robert d' Humières Les ailes closes : pièce en 3 actes (1912)

LA MARQUISE
Vous êtes bon. Mais Philippe a grandi. La vie nous le dérobe... Nous restons en face l'un de l'autre, et... si nous pouvons nous regarder sans honte... n'est-ce pas?... moi du moins, je dois en convenir, j'aurais pu me montrer une compagne moins mélancolique et plus tendre... une mère moins absorbée peut-être...
SAINT-VENANT
Il faut l'aimer...
LA MARQUISE
Mais, puisque je mérite ce reproche, je suis prête, mon ami, à vous en demander pardon. Oui, sans orgueil, avant de nous tendre la main, Aymar, et de vous dire : « Rendez-moi votre confiance »...
Source : Gallica

Robert d' Humières Les ailes closes : pièce en 3 actes (1912)

Je sens que j'ai du bonheur à donner, du bonheur qui en vaut la peine...
SAINT-VENANT, machinalement.
Du bonheur qui en vaut la peine !
BELLE, des larmes dans la voix.
Je n'ai pas suffi à la joie de l'homme que j'aimai le premier... je reste les mains pleines... et le cœur débordant... Aymar, nous étions promis l'un à l'autre dès toujours... puis nous avons été une seconde fois fiancés par la souffrance... Nos cœurs s'appartiennent désormais, nos cœurs moins exigeants, moins orgueilleux devant la vie. L'amour guérira les blessures de l'amour.
Source : Gallica

Robert d' Humières Les ailes closes : pièce en 3 actes (1912)

PHILIPPE
Non, c'est impossible. Je ne crois pas aux fatalités bêtes. Singulier instinct de joueur...
LA MARQUISE
Joueur? Quel est ce mot? Ce que tu joues, c'est notre repos, notre honneur, ma tendresse...
PHILIPPE
Ma mère... pardon. A vous aussi, mon second père à qui je dois le plus admirable dévouement qui ait jamais entouré une vie d'enfant. Merci pour le passé... pour le présent, une fois encore pardon. (Avec un sursaul d'orgueil.) Pardon... Pardon... ce mot me brûle les lèvres. Il serait une lâcheté si je ne vous voyais souffrir. Et cela je ne veux pas
pourtant.
Source : Gallica

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