Robert de Bonnières

Résumé

Robert de Bonnières Contes des fées

Ni de fichu d'argent aussi soyeux.
La Fée était belle en beauté parfaite,
Rare, en effet, et mignonne à ravir,
Tant, qu'à jamais, pour l'aimer et servir,
Je n'en voudrais pour moi qu'une ainsi faite!
—«Mon bon Jeannot, aime-moi seulement,»
Reprit la Fée; «il n'est point de tendresses
Et de baisers et de bonnes caresses,
Que je ne fasse à mon fidèle amant.
Aime-moi bien, puisque je suis jolie,
Aime-moi bien aussi, pour ma bonté.
Je suis liée à cet arbre enchanté:
Romps, en m'aimant, le charme qui me lie.»
Source : Gutenberg

Robert de Bonnières Contes des fées

Que le beau Prince Azur vient pour des fiançailles;
Mais craintive pourtant du Prince ravisseur,
Comme pour se garder, joint les mains sur son coeur.
Garde, garde ton coeur, ô petite amoureuse!
Et crains que le grand mal d'aimer, un jour, ne creuse
Un amer et profond sillon sous tes beaux yeux:
Victime dévouée à l'Amour soucieux,
Crains, trop aimante enfant, que, dans ton choix peu sûre,
Tu ne joignes les mains, un jour, sur la blessure
Que te fera de tous le seul qui t'aura plu,
Mais qui n'était pas tel que tu l'avais voulu!
Source : Gutenberg

Robert de Bonnières Contes des fées

Reprit la Fée.
MULOT
« Eh ! ne vous en déplaise,
« De votre part, c’est bien de la bonté.
LA FÉE
« Dis, que veux-tu pour bonne récompense ?
MULOT
« Dam ! rien.
LA FÉE
« Quoi ! rien ?
MULOT
« Rien du moins que je pense. »
LA FÉE
— « Oh ! oh ! Le cas est rare en vérité,
Et je vois bien qu’il faut que je vous aide.
— « Et je sais trop, se dit-elle en songeant,
« Par où le prendre : il n’est souci d’argent
« Que l’homme riche ou pauvre ne possède. »
Et ce disant la Feé avait raison :
Dépense induit en nouvelle dépense.
Source : Wikisource

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