“ Rodrigue ne pouvait se défendre d’un amer regret au souvenir de son premier rêve ; mais jamais Odile ne comprit qu’une autre, avant elle, avait possédé le cœur de son mari. Lui l’entourait de cette tendresse protectrice dont son extrême jeunesse et son caractère enfantin avaient tant besoin. Il comprenait que la jeune femme ne lui serait jamais un soutien à l’heure de l’épreuve. Nullement familiarisée avec le côté sérieux de la vie, ignorante encore de la douleur, le premier chagrin briserait sans doute ce petit être fragile : le bonheur seul la ferait vivre. ”
Rose Monge
Résumé
“Cœur magnanime”, est une œuvre de Rose Monge. Des thèmes tels que Anne-Marie, Rodrigue ou le cœur y sont abordés.
Citations de Cœur magnanime (Rose Monge)
“ La petite Carmen fut désormais l’unique joie et la plus chère consolation d’Anne-Marie qui aima l’orpheline avec une tendresse de mère. Celle-ci le lui rendit avec tout l’élan de son jeune cœur. Grande Amie reprit son rôle d’institutrice, la tâche lui parut plus douce encore qu’autrefois. Les deux saintes filles rivalisèrent d’amour et de zèle pour former l’âme de l’enfant. La fillette était aimante et docile ; son jeune printemps et son rire joyeux ensoleillaient la vaste maison qui, sans elle, eût été bien triste et bien sombre. ”
“ Anne-Marie voulant sans doute détourner la pensée de la jeune malade de ce monde qu’elle devait si tôt quitter lui répondait d’un ton grave et détaché : — « Oui, c’est bien beau, petite sœur ; mais ce n’est que la terre ! La vraie beauté, comme le vrai bonheur, n’est point d’ici-bas, elle est du ciel où vous allez et où nous vous rejoindrons un jour. » C’était le sujet de leurs derniers entretiens. Un jour de mars, sans agonie, sans secousse, sans souffrances, semblable à l’enfant qui paisiblement s’endort sur le sein maternel, Odile s’éteignit sur le cœur d’Anne-Marie. ”
