“ Ils savaient, eux, que la démocratie c'est le pays entre les mains de tous et de chacun, au lieu du pays entre les mains d'un homme ou d'une classe. Ils savaient que la démocratie ne consiste pas dans l'abaissement de quelques-uns, mais dans l'élévation de tous et qu'elle ne peut s'établir que par le progrès. Ils ne proclamèrent pas le paradoxe funeste de la République sans Républicains : mais ils travaillèrent à la régénération de la France dans ses moeurs, dans sa constitution morale et politique. ”
Résumé
“Réflexions présentées par un franc-maçon voironnais sur les conditions politiques et sociales de la République en France et toast proposé sur l'amnistie dans la réunion du 6 octobre 1878. (Signé : A. N. A. [Octobre 1878].)”, publiée en 1878, est une œuvre de . Des thèmes tels que la Révolution, franc-maçon ou l'enseignement y sont abordés.
Citations de Réflexions présentées par un franc-maçon voironnais sur les conditions politiques et sociales de la République en France et toast proposé sur l'amnistie dans la réunion du 6 octobre 1878… ()
“ L'idée catholique ultramontaine est l'homme fait Dieu. C'est ainsi que le pape se trouve l'expression la plus absolue de tout ce qui est pouvoir, domination et l'ennemi le plus dangereux de tout ce qui est liberté ; l'ennemi par conséquent de la République. Tous les monarchistes l'ont bien compris, aussi, pour sauver le principe d'autorité sans lequel la monarchie est impossible, tous se sont réfugiés dans l'Eglise. Bonapartistes, orléanistes, tout aussi bien que les légitimistes, font assaut de messes et de servilité vis-à-vis ce qu'ils appellent le pouvoir divin. ”
“ Les conquêtes de la liberté ne se font solidement que par une sorte d'infiltration qui est le produit de l'instruction, qui éloigne aussi le danger des surprises politiques obtenues par les légendes. A mesure que pénètre dans les esprits la saine lumière, fruit d'un bon enseignement scientifique, chacun a une meilleure conception, un sentiment plus juste, plus réfléchi de ses devoirs et chacun alors trouve l'origine de sa force, la cause de ses décisions dans sa conscience plus éclairée et dans la justice. ”
“ Nous sommes révolutionnaires, parce que nous voulons fortement substituer la science, la raison et un enseignement vrai à une foi aveugle dans la révélation, dans la tradition ; parce que petits-fils des géants de la grande révolution, et nous glorifiant de cette origine, nous sommes résolus à continuer leur oeuvre ; parce que nous sentons, nous comprenons que, nous aussi, nous avons une révolution à accomplir et qu'elle doit se faire contre l'ultramontanisme et dans l'enseignement ”
“ Aujourd'hui, comme autrefois, croyez-le, dans toutes les questions religieuses ou non, soulevées par les ultramontains, par le pape, il y a une pensée, un but politique obstinément suivi. L'ultramontanisme est le produit d'une vaste conspiration savamment organisée, regorgeant de richesses, puissante par les privilèges dont la laissent jouir les gouvernements civils, ayant des représentants autorisés et payés par l'Etat, dans la moindre commune, et, sur un signe de son souverain étranger, tout ce monde ultramontain marche ou s'arrête. ”
“ Parlant comme citoyen et comme franc-maçon, permettez-moi, tout d'abord, une digression aux sujets que je vais traiter, pour vous faire remarquer la similitude qu'il y a entre l'idée maçonnique et l'idée républicaine démocratique. Ce sera comme un complément à ce que je disais, ailleurs, il y a quelques instants, sur la franc-maçonnerie elle-même. L'idée maçonnique et l'idée républicaine démocratique peuvent être de tous les temps et de tous les lieux ; elles sont universelles ; elles ne prononcent aucune exclusion ; elles proclament le droit, la justice, la liberté ”
“ L'ennemi, l'ennemi sérieux qui nous menace, alors même qu'il ne peut s'appuyer sur aucune monarchie, c'est lui ! c'est la papauté, c'est la théocratie. Oui, c'est le eléricalisme-ultramontain qui est notre ennemi et constituera un danger tant que nos gouvernements lui maintiendront les privilèges qui seuls font sa force en s'unissant à l'ignorance. « Nos prêtres ne sont pas ce qu'an vain peuple pense: «Notre crédulité fait toute leur science.» ”
“ Depuis huit ans, après des malheurs inénarrables, au milieu des plus dures épreuves et chargée du lourd fardeau d'impôts rendus écrasants par les conséquences du gouvernement de Napoléon III, la nation, peu à peu, par un travail incessant ne s'exerçant pourtant que dans les limites d'une liberté bien étroite et souvent malgré des ministres, des gouvernements hostiles à ses principes, recompose et reforme toutes les choses nécessaires à l'existence d'un grand peuple et le monde étonné voit et admire ce travail de réorganisation, cette reconstitution de nos richesses. ”
“ On pleure les malheurs d'une personne, d'une famille, d'une caste même, parfois ; mais on est sans pitié pour le malheur des masses, pour le martyre d'un peuple, c'est un des résultats de l'instruction, de l'éducation données dans un esprit théocratique et monarchique. ”
“ Dans un pays de suffrage universel où tous les citoyens peuvent et doivent voter, tout le monde doit pouvoir lire et discuter. L'instruction, voilà la source de toute la force que peut acquérir une société démocratique, il faut donc, à tout prix et par tous les moyens, développer l'enseignement, l'instruction du peuple et le peuple ”
“ Hé bien ! malgré tous les efforts de ces monarques sans limites dans leur égoïsme, notre trinitaire devise a reparu. Elle brille d'un nouvel éclat et elle brille pour toujours, parce que nous achèverons la victoire de la Révolution sur le passé ; parce que, dignes héritiers de nos pères, s'il le faut, nous briserons toutes les résistances réactionnaires, tout ce qui reste de l'organisation théocratico-monarchique. ”
“ Celui qui aime sincèrement la liberté, le progrès, la République, doit, de temps en temps, s'il veut, pour sa part, contribuer à leur développement, jeter sur le passé un coup d'oeil rétrospectif; observer, étudier le présent; voir la marche suivie, indiquer les rapports qu'il trouve entre ce passé et le présent; enfin, signaler les modifications, désigner les rectifications qu'il juge utiles. Chacun des citoyens et plus encore chacun des francsmaçons, qui sont ici, a au coeur le désir de l'amélioration des individus et des sociétés. ”
“ C'est toujours ce grand pouvoir religieux des papes qui se lève contre tout progrès et jette ses anathèmes à tout ce qui ne se soumet pas à ses lois, à tout ce qui contrarie son enseignement particulier. Il compte parmi ses membres tous les hommes qui ne vivent que dans le passé, dont ils ramassent la poussière qu'ils cherchent à lancer sur les choses et les hommes de notre époque, espérant les étouffer ou tout au moins les cacher ”
“ Heureusement l'arme de l'anathème, dont ils se servent toujours, si puissante autrefois, est aujourd'hui sans force dans leurs mains. Mais, de ce que cette arme est impuissante, doit-on conclure qu'il ne faut tenir compte ni des provocations, ni des injures, ni des calomnies dont ceux qui s'enservent font précéder ou suivre l'usage et les effets qu'ils cherchent à en obtenir? ”
“ Le Christianisme, le Moyen-âge, la Renaissance, et surtout la Révolution française, furent les grandes phases que l'humanité eut à traverser pour arriver à l'abolition successive de l'esclavage, du vasselage, des maîtrises, des jurandes, à l'affranchissement des communes à l'abolition Ordres et des pirvilèges sociaux. ”
“ Devenant étrangers à leur pays, absorbés dans les regrets d'un passé qu'on leur présente toujours comme un temps de justice et de gloire, ils arrivent tous à ne plus travailler que pour leur corporation à laquelle ils veulent rendre son pouvoir et ses richesses d'autrefois. ”
“ Ils avaient compris la Révolution dans son ensemble de principes, ils crurent pouvoir, ils voulurent transmettre à leurs fils une oeuvre achevée. - Ils jugeaient généreusement et civiquement que le devoir d'une génération est de se dévouer pour celles qui la suivront; ils pensèrent que l'énergie pouvait suppléer au temps et ils se dévouèrent. ”
“ Si, de nos jours surtout, la faiblesse est une force, doit-on laisser tous les avantages de cette force à ceux qui sontinjustes et méchants? Doit-on tout laisser passer en se confiant aux lumières et à l'esprit de justice de chacun ? ”
“ Prêtres et rois ont une pensée commune; tenir les peuples dans l'ignorance, ou, tout au moins, ne leur accorder que ce qu'ils veulent d'une instruction revue et corrigée au point de vue de leurs idées et de leurs intérêts théocratiques ou monarchiques. ”
“ En cela, nous travaillerons tous pour l'humanité, à un progrés intellectuel dont l'influence se fera sentir sur le progrès matériel; et tout en agissant dans l'intérêt de chacun, nous contribuerons à notre propre bien-être. ”
“ A mesure que par une; meilleure instruction et le contact plus fréquent des hommes, une plus saine lumière se fait dans les esprits, le mouvement social croît en force, en rapidité,; en autorité morale ; par contre il diminue en force brutale. Avec un sentiment plus éclairé de ses droits, il cherche de plus en plus sa puissance et la satisfaction de tous ses besoins, dans sa conscience et par la justice.. ”
“ Voulant, à tout prix, vaincre le passé et se voyant en face de tant de résistances, ils prirent un élansi vigoureux qu'ils ne purent se retenir dans leur course, ils arrivèrent à l'abîme, ils tombèrent dans le terrorisme ! ”
“ Dans ces conditions on peut, dire que la période des luttes violentes; tend à s'éloigner de plus en plus, parce que le mouvement social; général, modifiant les formes des gouvernements et des sociétés, nous conduit à une civilisation qui pourra compléter la régénération de l'ancien monde. ”
“ Ils veulent briser les institutions du passé et en former de nouvelles dans des conditions qui les rendent utiles aux besoins des sociétés modernes en les rattachant à l'Etat dont ils cherchent la grandeur et la force, non comme dans l'idée monarchique en résumant la puissance dans une personne ”
“ Dans ce pouvoir papalse fondent le catholicisme e't l'ultramontanisme qui ne font qu'un, et leur ensemble constitue la secte politico-religieuse dont le but absolu est l'avènement de la théocratie. Tous ceux qui entrent dans cette ligue deviennent les sectaires prétoriens du pape auquel on doit tout sacrifier, patrie,; famille, intérêt, devoir, honneur et jusqu'aux personnes. Le surnaturel ! voilà, disent les ultramontains, voilà la loi du monde, et ils combattent la raison, la science, ils condamnent la vérité. Le pape infaillible représente Dieu gouvernant le monde. ”
“ Le suffrage universel doit être éclairé par l'instruction, et dirigé par la raison ; mais le pouvoir dirigeant du raisonnement cesse lorsqu'il se heurte à l'ignorance ; il faut dès lors étendre toujours de plus en plus le rayon de l'instruction. — 38 — Vis-à-vis l'Etat, l'enseignement n'est doncpas une question de convenance, c'est une dette à payer. Hommes de la démocratie, nous devons réclamer pour qu'il soit ainsi fait. Aux fonctionnaires républicains-démocrates à liquider cette dette, à tous nos mandataires à veiller à ce que cela soit. ”
“ Tous ces faits sont une violation des principes, bases de; notre état social ainsi que des prescriptions d'une législation qui fait peser sûr les autres citoyens des fardeaux ou impose des entraves auxquels seuls ils échappent. Il y a là une violation de la justice, u, outrage au bon sens. Les hommes naissent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent s'établir que pour l'utilité commune; s'il y a des distinctions dans leur part de travail, s'il y en a dans les places qu'ils occupent; dans l'organisation ”
“ Devant tant de,résistances, ce monde nouveau, qui ne veut pas mourir, est obligé à recourir àlafprce.,: Voici venu le moment des expiations de tant de crimes monarchiques, de tant de hontes, de tant de souffrances imposés au peuple pendant de si longs siècles. La personne du roi disparaît en quelque sorte, deux principes, sont en présence. L'ancien ordre de choses, la monarchie ; l'idée nouvelle, la démocratie, La révolution va trancher le différend et à ce moment une série de malheurs militaires vient rendre plus vive l'impressionnabilité de tous les esprits. ”
“ Croit-on qu'il n'y a aucun danger à se laisser trop aller à l'idée que nous devons marcher sans jamais répondre aux calomnies, ni protester contre les injustices et les convoitises de certaines corporations, de certains ordres ? ”
“ L'économie politique, l'association, la coopération prennent chaque jour une place plus considérable dans les préoccupations de tous et entrent progressivement dans nos lois, de manière à donner de plus en plus satisfaction aux classes laborieuses . ”
“ Le clergé, la noblesse. En instituant la tribu de Lévi, Moïse voulut justifier, glorifier même le parasite social. Le roi et le prêtre étaient tout dans cette organisation, qui a duré jusqu'au « 14 Juillet 1789. » Date radieuse quel les réactionnaires de toute espèce, les ultramontains, les monarchistes, voudraient effacer, que les opportunistes: à l'excès n'ont pas osé avouer, mais qui restera néanmoins dans l'avenir comme le jour d'une fête éternelle' pour le genre humain. ”
“ Continuant sa marche, la Révolution vient, d'une manière pratique, démontrer que l'intérêt public ne se com- — 17 - pose pas de malheurs individuels; mais qu'il est la somme des succès de chacun et que nul n'est voué au mal par une loi supérieure à l'humanité. Nos pères, ces agents puissants de la Révolution, continuent leur oeuvre de justice. ”
“ Mais le peuple, dans sa grande masse humaine, est toujours enserré, d'un côté par l'organisation militaire, son attirail et toutes ses conséquences, ainsi que par l'organisation administrative et jidiciaire, toutes deux ayant fortement conservé le cachet monarchique cachet, ultramontaincatholique ; de l'autre il est cerné par l'armée ténébreuse. de la théocratie, qui reniant le VerbVerbe qu'elle dit représenter, ne va pas aux petits et aux faibles, mais recherche les grands et les puissants ”
“ J!entends, dans une sympathique douleur, toutes les plaintes qu'il exhale dans ses souffrances ; dans un étonnement admiratif, je sens passer le souffle de la pensée contemporaine, qui donne une vie nouvelle aux grandes vérités de toutes les époques, si admirablement résumées dans notre trinitaire devise : Liberté', Egalité, Fraternité. ”
“ Aux peuples, aux sociétés qui se laissent entraîner à un individualisme,.exagéré, il offre l'association des intérêts et des volontés résultant d'intérêts identiques, de convictions similaires, mais libre de tout patronnage. ”
“ Ils ont dès propriétés qu'ils se transmettent perpétuellement sans payer, une fois qu'elles sont entrées dans la masses, aucun droit de transmission, pas même celui qui pèse sur l'héritage du père au fils. ”
“ C'est bien le choc de deux mondes, de deux idées abso-, lument contraires ; choc plus fort, peut-être, qùecelui.qui se produisit à l'époque de la révolution du grand nazaréen. Le monde ancien, tenant par tant de vieilles racines, avait pour lui toutes les forces organisées. Ce monde était l'oeuvre de soixante-dix rois de trois ou quatre races qui, par des moyens plus ou moins violents et toujours mauvais, avaient été successivement usurpatrices. ”
Termes fréquents
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