Résumé

Stéphen Arnoult Le Comte de Charny . Dédié aux Bourguignons… (1829)

Resté seul et comme abandonné à l'oubli du désert, le sire de Navailles, étranger à la crainte, éprouva malgré lui l'effet de la fatigue et de l'insomnie. Le lit de roc qui s'offrait à son repos ne lui promettait sans doute pas la chaleureuse mollesse du duvet et de l'édredon; mais tout semble édredon et duvet au voyageur enfin vaincu par la lassitude : et le baron, enveloppé dans son manteau, étendu sur la pente du granit, sentait déjà ses paupières s'affaisser et s'attacher l'une à l'autre, quand au même instant une lueur ardente, en les frappant, parut l'environner!
Source : Gallica

Stéphen Arnoult Le Comte de Charny . Dédié aux Bourguignons… (1829)

C'est aux théologiens à nous donner notre croyance toute faite à nous autres guerriers, aux théologiens à prouver, à nous à croire et à soutenir les armes à la main ! n'est-il pas vrai? c'est ainsi que j'ai agi pendant toute ma vie, et je sens ma conscience en repos. Le tort n'est pas à ce jeune homme, il est tout à son aïeul. Un rêve-creux! un fou! qui est allé s'entichant d'une doctrine pestilentielle, et qui s'y est enraciné par contradiction! Encore, ne s'est-il pas avisé de vouloir la défendre avec le sabre, avec l'épée, avec le canon ! non pas avec la plume! un Navailles !
Source : Gallica

Stéphen Arnoult Le Comte de Charny . Dédié aux Bourguignons… (1829)

Serait-ce par d'horribles excès que vous voudriez annoncer une religion épurée? est-ce à de telles lâchetés qu'on emploie le courage des braves; qui venez-vous attaquer ici ? des femmes, rien que des femmes! — L'attaque est de mon goût, s'écria un des rêtres. — Ho, ho ! messire, interrompit un officier, vous n'êtes pas encore diacre, et vous voulez trancher du prédicant ! — C'est un traître, dit un autre, mort à lui ! — Y penses-tu ? s'écria un des gens du baron. C'est messire, seigneur de Navailles! — Navailles! vaille que vaille! reprit le rêtre, il faut qu'il soit occis.
Source : Gallica

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