Thomas Roscoe

Résumé

Thomas Roscoe Revue des Deux Mondes

L’esprit se refuse à discuter les limites qui séparent l’horreur de la poésie. Une pareille lecture frappe l’âme de stupeur, comme le Prométhée ou la mort d’Ugolin
Le caractère saillant de Melmoth, c’est la poésie élevée à l’effroi le plus poignant. Le désordre qui règne dans la succession, en apparence fortuite, des aventures, a donné, à une femme d’esprit, l’idée d’appeler Maturin l’Arioste du crime. Ce n’est qu’un jeu de mots très puéril. Un critique, qui niait la justesse de la comparaison, mais qui voulait en trouver une autre, a nommé l’auteur de Melmoth le Dante des romanciers.
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Thomas Roscoe Revue des Deux Mondes

De ces quatre livres il n’y en a pas un seul qui pût sortir d’une plume médiocre. Mais, si Maturin n’eût pas écrit autre chose dans sa vie, son nom ne devrait pas espérer de vaincre l’oubli. Ce qui manque à ces romans, c’est la forme, c’est-à-dire l’enveloppe conservatrice. Les plus beaux élans de poésie, les plus riches images, ne suffisent pas à la durée d’une œuvre. Ces qualités ne se laissent apercevoir qu’au petit nombre d’esprits curieux qui se plaisent aux études difficiles, et qui se réjouissent de la découverte d’un talent ignoré comme de la rencontre d’un filon inattendu.
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Maturin, à qui le temps et la fortune ont manqué pour révéler complètement les mystères de son génie, ne ressemble ni à Dante ni à l’Arioste. La pauvreté, qui a mis la plume dans sa main, n’a pas permis à sa pensée de germer à son heure, ni de pousser ces moissons dorées à qui la prospérité sert de soleil et de rosée. Déshérité de la gloire qu’il revendiquait, il se consolait dans la société de quelques amis, dans la conversation des jeunes femmes que son affabilité réunissait autour de lui.
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