Résumé

L. Étienne La Critique contemporaine en Angleterre…

Tennyson, ce favori de l’Angleterre d’aujourd’hui, dont le vers simple, rapide, harmonieux, semble s’inspirer de la pureté antique, ne fait pas illusion à M. Matthew Arnold. « La pensée d’Homère, dit-il, nous est donnée par lui comme elle a jailli de la source ; la pensée de M. Tennyson est filtrée et distillée. » Et en effet Tennyson ne fait pas exception à la loi générale de la poésie anglaise actuelle. Avec tout son art et sa merveilleuse musique, il procède du siècle d’Élisabeth, il en a la fantaisie subtile et curieuse. C’est un beau style assurément que le sien, mais trop ingénieux.
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L. Étienne La Critique contemporaine en Angleterre…

Nommer l’esprit français, c’est donner l’idée d’une puissance composite, variée, qui s’est formée par l’éducation des siècles, seule comparable à l’atticisme dans l’antiquité, parfum de la civilisation moderne, qui, de l’aveu de toute l’Europe, s’exhale de la littérature française. Nommer le génie anglais, c’est rappeler à la pensée une force naturelle qui ne ressemble et n’obéit qu’à elle-même, qui a des sommeils prolongés et des réveils admirables, qui tombe souvent bien au-dessous de son niveau, mais qui de temps en temps jaillit à des hauteurs inconnues.
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L. Étienne La Critique contemporaine en Angleterre…

A cette situation qui, si l’on en croit M. Matthew Arnold, est exactement celle de la critique anglaise, il n’y a qu’un remède, la littérature se gouvernant elle-même, c’est-à-dire la critique affranchie de tout esprit de parti, et l’établissement d’une règle, d’une loi littéraire. Liberté de la critique, autorité de la critique, voilà en deux mots M. Matthew Arnold tout entier. Quelle que soit la nouveauté de ses idées, elles ne sont pas sans précédens, et lui-même a ses devanciers. Libéral, érudit, il suit des traditions.
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