Résumé

Jusserand Revue des Deux Mondes

Ils détestaient la paix, méprisaient les arts et, pour toute littérature, avaient des chants de guerre et des chansons à boire. « Ils ne s’intéressent qu’à la chasse et à la guerre, disait César ; dès la plus tendre enfance, ils s’appliquent à s’endurcir physiquement. » Ils étaient peu ingénieux, ils apprenaient plus difficilement que les Celtes ; ils étaient violens et passionnés. Le peu qu’on sait de leurs mœurs et de leur caractère fait deviner des âmes ardentes, susceptibles de grands élans joyeux, avec un fond sombre comme l’impénétrable forêt, triste comme la mer grise.
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Jusserand Revue des Deux Mondes

Jamais on ne vit massacre si magnifique « depuis le temps où les Angles et les Saxons vinrent ici de l’Orient et gagnèrent la Bretagne à travers le vaste océan, fiers et sanglans ouvriers, hommes avides de gloire, vainquirent les Gallois et gagnèrent le pays ! » Le cœur de l’écrivain se dilate au souvenir de tant de cadavres, d’un si beau carnage, de tant de sang ; il est heureux et radieux ; son âme est satisfaite, comme l’âme des poètes d’une autre époque et d’un autre pays à la pensée de sentiers « où le vent balaya des roses. »
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En France, le résultat de la conquête germanique fut tout différent ; le langage celtique ne reparut pas plus qu’en Angleterre et, de même qu’en Angleterre, il n’a subsisté que dans l’extrême ouest ; mais l’idiome germanique ne prit pas le dessus ; le latin persista, si bien que notre langue est demeurée une langue romane. Il y a pour cela deux grandes causes. D’une part, les Germains vinrent en France en moins grand nombre qu’en Angleterre, et ceux qui y restèrent étaient depuis longtemps déjà en contact avec les Romains ; d’autre part, la romanisation des Gaules avait été plus complète.
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