Résumé

Portrait de Antoine de Rivarol Antoine de Rivarol Dictionnaire classique de la langue française Rivarol (1827)

Le Français, par un privilège unique, est seul resté fidèle à l’ordre direct, comme s’il était tout raison ; et on a beau, par les mouvemens les plus variés et toutes les ressources du style, déguiser cet ordre, il faut toujours qu’il existe : et c’est en vain que les passions nous bouleversent et nous sollicitent de suivre l’ordre des sensations ; la syntaxe française est incorruptible. C’est de-là que résulte cette admirable clarté, base éternelle de notre langue. Ce qui n’est pas clair n’est pas français ; ce qui n’est pas clair est encore anglais, italien, grec ou latin.
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Portrait de Antoine de Rivarol Antoine de Rivarol Dictionnaire classique de la langue française Rivarol (1827)

L’Angleterre se dégagea des rayons de la France et brilla de sa propre lumière. De grands esprits s’élevèrent dans son sein. Sa langue s’était enrichie, comme son commerce, de la dépouille des nations. Pope, Adisson et Dryden en adoucirent les sifflemens, et l’anglais fut, sous leur plume ; l’italien du Nord. L’enthousiasme pour Shakespear et Milton se réveilla ; et cependant Locke posait les bornes de l’esprit humain, Newton trouvait la nature de la lumière et la loi de l’univers.
Aux yeux du sage, l’Angleterre s’honorait autant par la philosophie, que nous par les arts
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Portrait de Antoine de Rivarol Antoine de Rivarol Dictionnaire classique de la langue française Rivarol (1827)

A richesse égale, il faut que la sèche raison cède le pas à la raison ornée.
Ce n’est point l’aveugle amour de la patrie ni le préjugé national qui m’ont conduit dans ce rapprochement des deux peuples ; c’est la nature et l’évidence des faits. Eh ! qu’elle est la nation qui loue plus franchement que nous ? N’est-ce pas la France qui a tiré la littérature anglaise du fond de son île ? N’est-ce pas Voltaire qui a présenté Loke et même Newton à l’Europe ? Nous sommes les seuls qui imitions les Anglais, et quand nous sommes las de notre goût, nous y mêlons leurs caprices.
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