Résumé

Portrait de Arthur Buies Arthur Buies Anglicismes et canadianismes

Il est lourd, enfagotté dans sa grosse étoffe comme un candidat-habitant. Comment s’est-il donc glissé dans notre langue à la place du mot scrutin que l’on peut lire, quand on veut, dans tous les journaux de France, ou bien tout simplement du mot vote qui est le vrai mot et qui dit tout avec deux syllabes de moins ? Quoi ! dira-t-on, est-ce que votation n’est pas français ? Mon Dieu ! oui, à la rigueur. Passation aussi, l’horrible et monstrueux passation est français au même titre.
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Nous sacrifions une langue admirable, une langue d’une précision presque absolue, la langue analytique et savante par excellence, si riche et si abondante qu’avec son secours on peut exprimer non seulement les idées, mais encore les nuances les plus subtiles des idées, une langue qui a un mot pour chaque aspect des choses, pour la variété innombrable de ces aspects, une langue qui, afin d’exprimer tout ce qui existe, se fractionne indéfiniment comme on peut fractionner chaque tout ou chaque partie d’un tout, jusqu’à sa limite infinitésimale
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Ce qui est absolument français, dans la province de Québec, ce sont les traditions, le caractère, le type, l’individualité, la tournure d’esprit et une manière de sentir, d’agir et d’exprimer qui est propre aux vieux gaulois. Ce qu’il y a de moins français, c’est la langue. Je mets en fait que la plupart des hommes publics, des hommes de profession, de tous ceux qui appartiennent à une carrière active quelconque, savent bien moins le français que l’anglais, qu’ils emploient régulièrement, à leur insu, quantité de tours de phrase, de membres de phrase anglais
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