Résumé

L. Étienne Hazlitt, artiste, métaphysicien…

Nous aimons les richesses qui ne sont pas d’emprunt ; en parcourant Hazlitt, on sent qu’il a mis beaucoup du sien dans ce qu’il nous présente. La chaleur de cœur est communicative ; quand elle prête son secours à la critique, elle est comme la flamme qui fait reparaître sur le papier des caractères effacés.
Hazlitt juge Shakspeare avec la sensibilité exquise qu’éveille en lui la poésie, et pour lui la poésie jaillit de l’imagination et du cœur. Johnson l’a jugé en le réduisant à la prose, pis que cela, en le soumettant au critérium d’un poète certainement médiocre.
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L. Étienne Hazlitt, artiste, métaphysicien…

S’il faut en croire ceux qui ont manié le pinceau aussi bien que la plume, il y a plus de plaisir à peindre qu’à écrire. Hazlitt du moins n’était jamais fatigué du premier de ces deux métiers. Écrire, c’est traduire des sentimens vivans en paroles qui ne le sont pas toujours et jamais au même degré ; peindre, c’est avec des noms d’objets faire des choses, c’est-à-dire créer. Chaque coup de pinceau est une découverte ; à chaque instant, c’est un triomphe que vous remportez ; tout est plaisir. Voici maintenant le revers. La faculté de sentir le beau n’est pas la même que celle de l’exprimer.
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L. Étienne Hazlitt, artiste, métaphysicien…

Il croit le faire, et il se trompe. Ce qu’il appelle amour de soi, c’est tantôt une passion, tantôt une autre. Vous, honnête et chimérique Godwin, vous tombez dans l’erreur la plus profonde en imaginant que cet amour de soi peut être réglé, corrigé, épuré. Vous attendez tout de notre égoïsme, vous croyez donc bien à notre vertu ! mais cet intérêt que vous revêtez du beau nom de raison, où est-il ? Cherchez un amour de soi bien manifeste, bien avéré ; vous n’y trouverez que passions et mouvemens désordonnés de ce cœur que vous espérez supprimer dans l’homme.
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