Résumé

Victor de Langsdorff Un Sceptique sous Louis XIV - Saint-Evremond et sa Vie d’exil

Ces brusqueries de Mme Mazarin étaient aussitôt oubliées par elle, mais Saint-Évremond les avait senties avec plus de vivacité qu’il ne convient à un sage. Ses plaintes ont quelque chose de la douleur d’un amant. L’épicurien qui n’avait jusque-là cherché que les plaisirs, une galanterie où le cœur n’entrait pas, et qui n’était le plus souvent qu’une occupation animée de l’esprit, le philosophe qui fuyait le sérieux de l’affection, se prend pour cette illustre aventurière d’une tendresse véritable. C’est de l’amour qu’il ressent pour elle.
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Victor de Langsdorff Un Sceptique sous Louis XIV - Saint-Evremond et sa Vie d’exil

En littérature comme ailleurs, Saint-Évremond rencontrait l’autorité, la tradition, des dogmes si l’on peut ainsi parler, et devant cette adoration qu’inspirait l’antiquité, comme en toutes choses, il resta critique, et n’admira qu’après avoir jugé. Le siècle qui vit naître tant de chefs-d’œuvre, monumens éternels de savoir et de goût, ne connut point cette critique intelligente et libre qui cherche moins dans le passé des modèles à copier que des secrets à découvrir.
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Victor de Langsdorff Un Sceptique sous Louis XIV - Saint-Evremond et sa Vie d’exil

C’est à Pétrarque, c’est à Dante que Laure et Béatrix doivent de vivre encore parmi nous ; mais c’est à Ninon et à Hortense que Saint-Évremond fut redevable un moment de sa réputation de poète. Bien des pages autrefois aimées, qu’ont recouvertes et comme glacées ces neiges d’antan dont parle Villon, sont pour toujours retombées dans l’oubli. Le poète est mort, mais le moraliste, mais le philosophe mérite encore d’être connu. Il peut, à une certaine distance des écrivains supérieurs, loin de la foule des écrivains médiocres, tenir un rang encore élevé.
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