Résumé

L. Étienne La Ville de l’intelligence et la ville des révolutions

Les affreux mécomptes de la guerre ont prouvé que Paris et la France vivaient sur une erreur. La France en est revenue ; Paris y renonce, au moins dans la juste mesure. Cette centralisation dont les préfets sont le ressort, les assemblées locales le correctif, n’est pas celle dont nous avons l’intention de nous occuper. Il en est une autre non moins française, non moins unique dans le monde, indépendante des événemens, que la province ne nous a jamais disputée, que le monde admire par l’organe de tous ses hommes de génie, la centralisation intellectuelle.
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L. Étienne La Ville de l’intelligence et la ville des révolutions

Heureuse nation qui ne savait pas être révolutionnaire ! heureux princes qui en étaient quittes pour une si mince pénitence ! L’esprit révolutionnaire n’est pas indispensable, il s’en faut, pour atteindre à un rang élevé sur l’échelle de la civilisation ; au contraire il est l’ennemi de toute culture, et son triomphe est le signal de la barbarie. C’est non pas cet esprit qui était nécessaire à l’Allemagne, mais bien celui de la réalité. Ce pays est habitué à se nourrir de ses pensées.
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L. Étienne La Ville de l’intelligence et la ville des révolutions

L’intelligence française se concentrait non plus autour du roi, à Versailles ou à Fontainebleau, mais au sein d’une société maîtresse d’elle-même, reconnue comme l’élite de la nation, dirigée à la fois par l’aristocratie et par la classe lettrée, favorable au progrès parce qu’elle était ouverte à toutes les supériorités. Paris recueillait le fruit de tout ce qu’avait semé la munificence de Louis XIV. Elle était la Corinthe et l’Athènes des temps modernes. Les étrangers y accouraient en foule ; les ambassadeurs demeuraient à Versailles, mais ils vivaient à Paris.
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