Résumé

J. Macé Revue des Deux Mondes

Hâtons-nous de dire, pour notre responsabilité morale vis-à-vis de ceux qui n’entendent point facilement raillerie à l’endroit de cette pauvre vertu, si lestement sacrifiée par notre philosophe, hâtons-nous de dire que nous ne présentons point ceci comme un enseignement. Lui-même, au surplus, ne cherche point à ériger en théorie la méthode qu’il s’applique, et cette complaisance mutuelle de la passion et de la raison, si commode pour arranger sa vie, il sait bien nous la donner pour ce qu’elle vaut.
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J. Macé Revue des Deux Mondes

Il faut en excepter ce qui regarde Pétrone. Pétrone était l’auteur favori de Saint-Évremond. De tous les anciens, c’était celui qu’il trouvait le plus honnête homme. Il en parle avec cette bienveillance chaleureuse que chacun se sent malgré soi, quand il se juge lui-même en autrui. Et de fait rien ne ressemble au côteau Saint-Évremond, comme Pétrone, cet homme erudito luxu, cet arbiter elegantiarum que nous a dépeint Tacite. C’est la même physionomie, le même style, le même esprit, la même manière d’entendre la vie et la mort.
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J. Macé Revue des Deux Mondes

Ces plaisanteries à bout portant de notre gentilhomme esprit fort ouvrent évidemment la voie aux hardiesses religieuses du XVIIIe siècle. Il y a loin pourtant de cette méfiance moqueuse d’honnête homme qui fait ses réserves aux sarcasmes, trop souvent grossiers, de Voltaire, aux invectives furibondes de Raynal et de Diderot. Saint-Évremond reste chrétien, quoi qu’il en ait ; quand il parle du christianisme, il dit nettement « notre religion, » et même il ne s’agit pas seulement avec lui d’un christianisme vague et purement philosophique, comme il s’en fabrique aujourd’hui.
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