Résumé

Ubald Paquin La cité dans les fers

« Permettrons-nous, s’écria-t-il, que l’on plonge au sein de la religion qui est nôtre le poignard du fanatisme ? Permettrons-nous qu’en quelque coin du pays, l’on arrache de force, sur la bouche de nos compatriotes, les mots du parler ancestral ? Permettrons-nous que l’on sape les fondements de notre nationalité, pour que, un jour, sur le cadavre de ce qui fut la race Canadienne, l’on chante, en guise de Requiem, le Rule Britannia ?... »
Une clameur s’éleva qui couvrit la voix de l’orateur — « Non ! Non !... Vive Bertrand ! À bas MacEachran !... Mort au tyran !... Mort aux traîtres !... »
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Ubald Paquin La cité dans les fers

André Bertrand, un proscrit qui n’avait plus droit de cité dans son pays. Une résolution s’implanta en lui. Stoïque, buvant jusqu’à la lie, toute l’amertume dont on l’abreuvait, éprouvant comme une espèce de volupté âcre de sa souffrance, il s’adressa à sa femme, et rasséréné par le sacrifice ultime qu’il accomplissait.
— Lucille ! Je vous rends votre liberté. Je n’ai plus de droits sur vous. Dans quelques jours peut-être, quelques mois au plus, je disparaîtrai, vous serez alors à même de refaire votre vie, une vie nouvelle. Le succès n’a pas justifié mes espérances.
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Ubald Paquin La cité dans les fers

Voyez-vous, Lucille, c’est vous qui m’avez insufflé cette ambition d’être le libérateur de mon pays. Tout ce que j’accomplis c’est pour vous mériter davantage, me rendre plus digne de vous.
— Quelquefois, je suis jalouse. Depuis trois jours vous ne me m’avez donné signe de vie. J’ai peur que vous ne m’oubliez.
— Jamais je ne vous oublierai. Le voudrai-je que je ne le pourrai pas. Le pourrai-je, je ne le voudrais pas. Vous disparue, la vie devient fade, insignifiante. Si je ne vous ai pas vue ces trois derniers jours, c’est parce que je ne le pouvais pas. On me suivait partout.
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