“ Mais depuis qu'elle voit Charney, elle se sent prise à la fois pour lui d'intérêt et de compassion. Il est captif comme son père et près de son père! Il n'a plus à aimer dans le monde qu'une pauvre plante, et il l'aime tant! Certes, la figure du prisonnier, son front noble, sa taille élégante, aident peut-être un peu à la pitié de la jeune fille; mais si elle l'avait connu au temps de sa fortune, dans ce temps où de faux dehors de bonheur l'environnaient, non, elle ne l'eût point distingué des autres. Ce qui la charme en lui, c'est son isolement, son désastre, sa résignation. ”
X.-B. Saintine
Résumé
"Picciola", de X.-B. Saintine, publié au XIXe siècle, explore la captivité et la redécouverte de l'humanité à travers le personnage de Charney, un prisonnier qui trouve un refuge spirituel dans une plante mystérieuse nommée Picciola. L'œuvre, teintée de mélancolie et de réflexion métaphysique, dépeint les relations entre les êtres humains et la nature, ainsi que les thèmes de la résignation, de la pitié et de la quête d'un sens à la souffrance.
Les dialogues et réflexions de Charney, notamment sur l'harmonie de la création, révèlent une aspiration à la transcendance. L'œuvre, marquée par des images poétiques comme celle de l'attrapeur de mouches ou des pavés de la cour, conclut sur l'idée que l'amour et la foi peuvent transformer même les lieux les plus opprimants en espaces de liberté intérieure.
Citations de Picciola (X.-B. Saintine)
“ Croyez-moi, mon ami, il faut penser au mal qu'on nous a fait avec l'idée du pardon au fond du cœur. Qui de nous n'en a eu besoin pour lui-même? qui de nous n'a pris l'erreur pour la vérité? L'apôtre saint Jean a dit que Dieu était tout amour. Oh! que cette parole est belle et vraie! Oui, et c'est en aimant qu'on s'élève à Dieu, et qu'on prend de lui sa force pour supporter le malheur. Si j'étais entré en prison avec une pensée en haine contre l'humanité, j'y serais mort de désespoir sans doute! Mais non, le ciel en soit loué! ces sentimens pénibles étaient loin de moi! ”
“ Le caractère de leur industrie, c'est l'uniformité, la régularité; celui de l'industrie humaine, c'est la diversité; car elle vient d'une pensée libre et créatrice aussi. Jugez maintenant. De tous les êtres de la création, l'homme seul a la mémoire, le pressentiment, l'idée du devoir et des causes occultes, la contemplation, l'amour! Seul il se détermine par le raisonnement et non par l'instinct; seul, il peut entrevoir l'univers dans son ensemble; seul, il a la prévision d'un autre monde; seul, il sait la vie et la mort!—Sans doute, dit Charney ”
