Résumé

Albert Laurent Les prisons du vieux Paris : illustré de cinquante-cinq gravures

Il y a eu probablement là des désespoirs, des épouvantes, des angoisses, des agonies
lentes, qu'on n'a pas connus au dehors, qui sont restés enfouis à jamais. Songez que la Bastille était une prison d'Etat, qu'on vous y envoyait par une simple lettre de cachet, que les rois despotes n'aimaient pas donner les raisons de leurs actes, divulguer les secrets politiques, et qu'ils préféraient souvent frapper silencieusement : les idées de droit, de justice, de respect de la liberté humaine, n'avaient guère cours avant la seconde moitié du XVIII' siècle.
Source : Gallica

Albert Laurent Les prisons du vieux Paris : illustré de cinquante-cinq gravures

A la fin du XVIIIe siècle, en 1783, Mercier écrivait dans son Tableau de Paris : « Là près la rue du Pied-de-Bœuf est une juridiction qu'on nomme le Grand-Châtelet, puis des voûtes sombres et l'embarras d'un sale marché ; ensuite un lieu où l'on dépose tous les cadavres. Joignez-y une prison, une boucherie, une tuerie; tout cela ne compose qu'un seul bloc empesté, emboué, et placé à la descente du Pont-au-Change. De ce pont voulez-vous aller à la rue Saint-Denis, les voitures sont obligées de faire un détour par une rue étroite, celle de la Joaillerie, où se trouve un égout puant. »
Source : Gallica

Albert Laurent Les prisons du vieux Paris : illustré de cinquante-cinq gravures

Les cabanons étaient des cellules étroites et sombres, où le prisonnier vivait solitaire, en tête à tête avec Dieu et sa conscience, comme on disait, n'entendant aucun bruit du dehors, plongé dans un mortel silence : c'était le régime cellulaire, que l'on applique aujourd'hui dans beaucoup de prisons, mais un régime plus dur, plus brutal, plus cruel, plus absolu, sans promenades ; une existence à rendre fous les plus solides, les plus trempés, dans une cellule sale, malsaine, où on ne respirait qu'un peu d'air méphitique, alourdi de miasmes.
Source : Gallica

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