Résumé

Édouard Hervé L’île de la Réunion et la question coloniale

En 1848, l’abolition de l’esclavage s’y était accomplie sans qu’une goutte de sang eût coulé, sans que l’ordre public, la sécurité des personnes et le respect des propriétés eussent reçu la plus légère atteinte. Comment s’expliquer que, vingt ans après une crise si décisive et si heureusement traversée, l’esprit de la colonie se trouvât changé du tout au tout ? Comment s’expliquer que le peuple le plus doux de la terre en fût venu à se livrer dans la rue, pendant plusieurs jours de suite, à des manifestations tumultueuses ?
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Édouard Hervé L’île de la Réunion et la question coloniale

Ainsi le gouverneur, dans chaque colonie, est un véritable grand-électeur. Il nomme directement les conseils municipaux ; il nomme directement encore la moitié du conseil-général et indirectement l’autre moitié de ce même conseil. C’est donc l’administration qui choisit elle-même ceux qui sont chargés de contrôler et de limiter son pouvoir. Elle doit naturellement essayer de trouver en eux l’image de sa propre pensée et l’écho de ses propres désirs.
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Édouard Hervé L’île de la Réunion et la question coloniale

Lorsqu’on arrive à l’île de la Réunion, on vient ordinairement mouiller à l’extrémité septentrionale de l’île, dans une rade foraine mal abritée contre le vent et la vague. C’est la rade de Saint-Denis. Elle est limitée plutôt que protégée par deux caps : à gauche, c’est-à-dire à l’est, la pointe des Jardins, à droite, c’est-à-dire à l’ouest, le cap Bernard. En face de soi, on a une jolie petite ville, construite au milieu de jardins. C’est Saint-Denis, le chef-lieu de l’île et l’une de ses trois villes commerçantes. La population s’élève à environ trente mille âmes.
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