Résumé

Émile Beaussire Deux étudiants de l'université de Poitiers… (1869)

Quant à l'idée générale qu'il se fait de la science, c'est aussi celle de Descartes. Descartes n'est pas, en effet, ce philosophe purement méditatif que l'on se plaît quelquefois à supposer, étranger aux choses du dehors et se renfermant dans l'étude de sa propre pensée. Il aspire, comme Bacon, à la conquête de la nature par la science et par l'industrie. Son système est un système du monde, et il en attend, avec la même confiance et les mêmes illusions que Bacon, la régénération physique et morale du genre humain.
Source : Gallica

Émile Beaussire Deux étudiants de l'université de Poitiers… (1869)

Et pourtant, nul, au XVIIe siècle, ne fait honneur à Galilée de la réforme entreprise par Bacon. Le premier garde sa place parmi les princes de la science; le second marque la sienne parmi les maîtres de l'esprit humain. C'est l'hommage que lui rendent tous les grands philosophes de son temps, non-seulement le sensualiste Gassendi, mais les idéalistes, Malebranche, Leibnitz et Descartes lui-même. Quand on demande à Descartes les préceptes de la méthode expérimentale, il renvoie, non pas à Galilée, mais à Bacon, déclarant qu'il n'a rien à dire après ce que celui-ci en a écrit 1.
Source : Gallica

Émile Beaussire Deux étudiants de l'université de Poitiers… (1869)

D'accord sur le but, ces puissants esprits ne se séparent que dans le choix des moyens pour l'atteindre. Bacon place toutes ses espérances dans l'induction fondée sur l'expérience; celles de Descartes reposent sur le raisonnement mathématique éclairé par l'intuition directe de l'esprit. Bacon ne repousse pas les mathématiques, mais il ne leur laisse qu'un rôle accessoire et subordonné. C'est aussi un rôle inférieur que Descartes accorde à l'expérience, dont il ne méconnaît pas d'ailleurs la nécessité. Toutes leurs erreurs sont nées de ces préoccupations exclusives.
Source : Gallica

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