“ Il est impossible à un gouvernement, quel qu’il soit, de ne pas se persuader qu’il y a un immense péril social à ce qu’il ne soit pas absolument tout dans l’Etat. Il est impossible à un gouvernement, quel qu’il soit, de ne pas croire qu’il est infaillible. Il est absolument impossible à un gouvernement, quel qu’il soit, de ne pas considérer comme contraire à lui tout ce qui est en dehors de lui. Il est impossible à un gouvernement, quel qu’il soit, de ne pas considérer comme « un État dans l’État » tout ce qui a un minimum de liberté et d’autonomie dans l’État. ”
Émile Faguet
Résumé
Émile Faguet, dans Le Libéralisme, examine les tensions entre l'État, la liberté et l'égalité, interrogeant la nature des droits de l'homme et l'arrogance des autorités politiques. À travers des réflexions percutantes sur l'État, les Constituants et les Conventionnels, il critique l'oppression et le despotisme, affirmant que seule la liberté individuelle peut coexister avec l'égalité.
Ce texte, structuré comme un essai philosophique, défend une vision radicale du libéralisme, où la liberté apparaît comme une force spirituelle et sociale, opposée à toute forme d'asservissement. Faguet y dénonce les partis comme des entraves à la véritable démocratie.
Citations de Le Libéralisme (Émile Faguet)
“ Jamais le peuple n’a pu comprendre autrement, et en comprenant ainsi il est logique. La première année de la Révolution a vu proclamer l’égalité, une toute petite égalité, l’égalité des droits devant la loi, et a vu brûler les châteaux. C’était la logique du peuple qui traduisait. Egalité, soit. Les légistes peuvent interpréter cela au sens étroit ; mais l’égalité vraie, c’est que la terre, ni quoi que ce soit du reste, ne soit pas à quelques-uns. L’égalité est absolument contraire à cette extension de la liberté individuelle qu’on appelle la propriété individuelle. ”
“ On prend, de part et d’autre, en allant à l’élection, l’engagement tacite que le scrutin respectera toujours la liberté de pensée. Le parti vaincu à l’élection doit toujours pouvoir dire au vainqueur : Nous avons comparu, toi et moi, devant le jury de la nation. Son verdict m’a condamné en première instance ; je me résigne à ma défaite ; mais je conserve toujours le droit de conquérir à mon tour la majorité en prouvant au pays que j’ai raison et en ramenant le nombre à ma croyance... Tout parti représente un élément de la société et correspond à un besoin de la société. ”
