Émile Montégut

Résumé

Émile Montégut Du Génie français

Que disais-je donc que la chevalerie était l’œuvre de la noblesse française ? Nos nobles en ont été les représentans uniques pendant de longs siècles, ils en ont été une des expressions matérielles et de fait ; mais l’idéal lui-même de la chevalerie, dégagé de toute représentation extérieure, n’appartient à aucune caste : il est profondément populaire, il est sorti de l’âme et des instincts de la nation. Rien ne fait mieux comprendre que certaines scènes de la révolution combien la chevalerie est une création instinctive du génie national, et non l’apanage enviable d’une classe privilégiée.
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Émile Montégut Du Génie français

Qui pourrait dire la part qui revient dans notre histoire à l’influence de l’ironie, le bien qu’elle a produit, le mal qu’elle a empêché par la crainte salutaire qu’elle a répandue de tout temps ? Cette ironie est un don tellement noble et d’un tact si infaillible, qu’elle n’a jamais chez nous touché à rien de sacré, et attaqué aucune institution lorsqu’elle était d’accord avec son type idéal. Jamais chez aucun peuple l’église n’a reçu plus de quolibets, jamais chez aucun peuple elle n’a été autant respectée lorsqu’elle a été conforme à sa mission divine.
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Émile Montégut Du Génie français

Si à cette tendance invincible à l’idéal le génie français eût joint la confiance dans l’individu, ce génie serait le plus complet et le plus beau qu’aucun peuple eût possédé. C’est à l’Angleterre qu’il appartenait de faire cette découverte et de réaliser la civilisation fondée sur l’individu. Les deux nations ont eu ce privilège, et seules elles l’ont eu parmi les peuples modernes, d’arriver à donner une expression complète de leur être intime, et de réaliser en fait les deux tendances contraires qui partagent l’humanité, et dont l’union serait la perfection même.
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