“ Les manières de M. Elton ne sont pas parfaites, dit Emma ; mais lorsqu’il s’agit du désir de plaire, on doit tout pardonner, et c’est ce qui arrive toujours. Quand un homme, avec des talens modérés, fait tous ses efforts pour se rendre agréable, il l’emporte souvent sur l’homme qui lui est supérieur, mais qui néglige ses avantages. M. Elton est d’un si bon naturel et a tant de bonne volonté à obliger, qu’on doit lui savoir gré de posséder ces qualités. ”
M. Elton
Définition et enjeux
Le thème de “M. Elton” a été abordé par des auteurs tels que Jane Austen, John Frederick Smith, Léonie Villard, Kate Rague ou Edward Bulwer-Lytton. Il est souvent associé à des termes comme le mariage, Henriette, Emma, Albert ou Bernard.
Citations sur “M. Elton”
Jane Austen,
Emma
(1815)
“ M. Elton s’estima heureux de lui obéir. Henriette écoutait et Emma dessinait en paix ; elle fut néanmoins obligée de lui permettre de temps en temps de venir donner un coup d’œil. On ne pouvait pas le trouvera redire dans un amoureux, et sitôt que le pinceau s’arrêtait, il faisait un saut pour venir regarder et admirer. Il était impossible de se fâcher contre un homme aussi encourageant, car son admiration lui faisait discerner une ressemblance avant qu’elle fût visible. Emma, quoiqu’elle n’approuvât point sa sagacité, rendait intérieurement justice à son amour et à sa complaisance. ”
“ On passe à M. Knightley ses manières décidées et son ton impératif ; sa figure, son regard, le rang qu’il occupe, semblent le lui permettre ; mais si un jeune homme s’avisait de l’imiter, il se rendrait insupportable. Je crois qu’un jeune homme, au contraire, pourrait fort bien prendre M. Elton pour modèle. M. Elton a l’humeur douce, est gai, obligeant et bien né. Il me semble que depuis quelque temps sa douceur naturelle s’est encore augmentée. Je croirais qu’il a l’intention de gagner les bonnes grâces de l’une de nous deux, Henriette, par cette douceur additionnelle. ”
“ Mais M. Elton a prouvé à plusieurs égards le contraire de ce que je le croyais : orgueilleux, s’en faisant accroire, impérieux, ayant de grandes prétentions, et comptant pour rien les sensations d’autrui. Contradictoirement au cours naturel des choses, en voulant faire la cour à Emma, M. Elton perdit beaucoup dans son esprit. Ses propositions et ses offres lui furent inutiles. Elle dédaignait son attachement, et se croyait insultée par l’espoir qu’il avait conçu. Il désirait se bien marier ; et ayant l’arrogance de jeter les yeux sur elle, il se prétendit amoureux ”
“ Mais l’intelligence de M. Elton n’était nullement obscurcie ; il protesta avec chaleur contre une imputation aussi injurieuse ; il exprima le respect que lui inspirait Mlle Smith tout en s’étonnant que le nom d’Harriet eût été prononcé en cette circonstance ; il reprit alors le sujet qui l’intéressait, donna de nouvelles assurances de sa passion et se montra très désireux d’obtenir une réponse favorable. Et s’apercevant que M. Elton avait conservé en grande partie son sang-froid, Emma jugea d’autant plus sévèrement son inconstance et sa présomption. ”
Jane Austen,
Emma
(1815)
“ Que M. Elton soit véritablement amoureux de moi, de moi qui ne le connaissais pas assez à la St.-Michel, pour oser lui parler ! Et lui le plus bel homme qui fût jamais, un homme que tout le monde respecte autant que M. Knightley ! dont la compagnie est si recherchée, que tout le monde dit que s’il prend un repas seul, c’est qu’il le veut bien, et qu’il reçoit plus d’invitations qu’il n’y a de jours dans la semaine, et si grand prédicateur ! Mademoiselle Nash a pris par écrit le texte de tous ses sermons, depuis qu’il est arrivé à Highbury. ”
“ Après quelques instants de silence, Jean Knightley dit : — Je n’ai jamais rencontré de ma vie un homme plus désireux de se faire bien venir que M. Elton ; il apporte à gagner la bonne grâce des dames une application presque pénible. Entre hommes, il peut être raisonnable et simple, mais en présence de personnes du sexe, il se dépense avec excès : chacun des traits de son visage est en mouvement. — Les manières de M. Elton ne sont pas parfaites, reprit Emma, mais lorsque l’intention est droite il convient de passer sur beaucoup de choses. ”
“ Au bout d’un moment, Mme Elton éleva la voix et dit : — Oui, ma bonne amie, je suis ici et depuis si longtemps, que partout ailleurs je me croirais forcée de faire des excuses ; voici la vérité : j’attends mon maître et seigneur ; il m’a donné rendez-vous. — Quoi, aurons-nous le plaisir d’avoir la visite de M. Elton ! Ce sera une véritable faveur, car je sais que les messieurs n’aiment pas à faire de visites le jour et M. Elton, en particulier, est si occupé. — Vous avez raison, Mademoiselle Bates, il est pris du matin au soir. Tout le monde a une bonne raison pour le déranger. ”
“ M. Elton, du reste, s’ingéniait à attirer l’attention de sa voisine sur sa mine réjouie et ne cessait de lui adresser nominativement la parole. En dépit de son désir, elle ne pouvait faire autrement que de penser : « Serait-il possible que mon beau-frère eût deviné juste ? Cet homme est-il en train de me transférer l’affection qu’il avait vouée à Harriet ? Voilà ce que je ne saurais tolérer ! » ”
“ M. Elton se disposait précisément à aller voir la malheureuse famille à laquelle Emma s’intéressait. Ils cherchèrent ensemble quels remèdes on pouvait apporter à une aussi triste situation et décidèrent les mesures à prendre. Puis remettant sa visite au lendemain, M. Elton demanda l’autorisation de les accompagner. Cette rencontre, pensa Emma, à laquelle la charité préside est particulièrement heureuse. Rien ne pourrait être plus favorable au développement de l’amour ; je ne serais pas étonnée que la déclaration s’ensuive ; ma présence est le seul obstacle. Que ne suis-je ailleurs ! ”
“ Henriette rougit, sourit, et dit quelque chose sur la surprise où elle était qu’on l’aimât tant. » L’idée de M. Elton lui plaisait infiniment ; mais peu après, néanmoins son cœur s’attendrit de nouveau pour le pauvre M. Martin, quoiqu’elle l’eût rejeté. » « Maintenant il a ma lettre, dit-elle à voix basse ; je voudrais bien savoir ce qu’ils font tous : si ses sœurs sont informées s’il est malheureux, elles le seront aussi ; je me flatte que son chagrin ne sera pas si violent. » ”
Jane Austen,
Emma
(1815)
“ L’affection d’un homme comme M. Elton, était au-dessus de son mérite ; jamais elle n’aurait pu s’en rendre digne, et personne, excepté une amie aussi tendre et aussi partiale que mademoiselle Woodhouse, n’eût cru à la possibilité de cette affection. Elle pleura amèrement ; mais son affliction était si naturelle, que si elle y eût mis plus de dignité, elle n’eût pas paru plus respectable aux yeux d’Emma. Elle l’écoutait avec sensibilité et employait tous les moyens possibles pour la consoler. Elle était convaincue que dans ce moment présent, Henriette lui était supérieure ”
“ M. Elton était l’objet de l’admiration de toutes les sous-gouvernantes et de toutes les grandes filles de la pension : et ce n’était qu’à Hartfield qu’elle en entendait parler avec froideur. Ce n’était donc que dans le lieu où elle avait reçu sa blessure, qu’elle pouvait trouver sa guérison : et Emma sentait qu’elle ne recouvrerait jamais la paix de l’âme, jusqu’à ce que son amie n’ait fait de grands progrès vers cette guérison. ”
“ Devinez qui est entré dans le salon ? et Emma n’avait pas idée à qui Mme Elton voulait faire allusion. Le ton indiquait une certaine intimité. — Knightley ! continua Mme Elton, Knightley lui-même ! J’ai été d’autant plus heureuse de le rencontrer que je n’étais pas chez moi lors de sa venue à la maison. Je nourrissais un vif désir de faire la connaissance de l’ami intime de M. Elton : j’avais si souvent entendu mentionner « mon ami Knightley » ! Je dois rendre justice à mon « caro sposo », il n’a pas à rougir de son ami ; c’est bien le type de l’homme distingué ; il me plait beaucoup. ”
“ Il paraissait, en joignant les mains des nouveaux mariés, tout disposé, le cas échéant, à tendre la sienne dans le même but. — M. Elton est un jeune homme accompli et j’ai beaucoup d’estime pour lui. ”
Jane Austen,
Emma
(1815)
“ La femme appelle à son aide sa modestie et ses beaux habits ; mais l’homme n’a que du bon sens à invoquer, et si l’on considère la position malheureuse dans laquelle se trouvait M. Elton : dans la même chambre, il voyait la femme qu’il venait d’épouser, celle qu’il avait eu grande envie d’avoir, et enfin une autre qu’on voulait lui donner, l’on ne sera pas surpris qu’il fit triste figure, et qu’il fût mal à son aise. « Eh bien ! mademoiselle Woodhouse, dit Henriette, dès qu’elles furent sorties du presbytère, que pensez-vous de madame Elton ? N’est-elle pas charmante ? » ”
“ Pendant le court séjour de M. Elton à Highbury, Emma l’avait rencontré une seule fois ; ce fut assez pour acquérir la certitude que les derniers événements ne l’avaient pas amélioré : il avait pris un air gourmé et prétentieux et Emma s’étonna d’avoir pu a aucun moment le trouver agréable. À dire vrai, la personne de M. Elton lui suggérait les plus pénibles souvenirs et elle eût été heureuse – excepté au point de vue moral, en manière de pénitence, comme un perpétuel rappel à l’humilité – de ne plus le voir jamais ”
“ M. Elton protesta ; il n’avait jamais cultivé ce genre de littérature. Il craignait que Mlle Woodhouse et, ajouta-t-il après une pause, ou Mlle Smith ne puissent l’inspirer. Dès le lendemain néanmoins elles eurent la preuve du contraire. M. Elton en arrivant déposa sur la table une feuille de papier où il avait transcrit, dit-il, une charade qu’un de ses amis venait d’adresser à une jeune fille, objet de son admiration. Mais d’après le style Emma fut immédiatement convaincue que l’œuvre était du crû de M. Elton. ”
“ Je n’ai jamais pu décider si un attachement entre vous et M. Elton était plus désirable qu’il n’était naturel. La probabilité d’un pareil événement allait de pair avec son éligibilité ! Cela me rend parfaitement heureuse. Je vous en félicite, ma chère Henriette, de tout mon cœur. C’est un attachement tel qu’une femme peut se glorifier de l’avoir inspiré. Une pareille alliance ne peut que tourner à bien. Elle vous procurera tout ce dont vous avez besoin : de la considération, de l’indépendance et une bonne maison ”
“ M. Elton ne savait trop que dire ; il paraissait incertain et confus, dit un mot sur l’honneur, jeta un coup d’œil sur Emma et Henriette, et voyant le recueil ouvert sur la table, il le prit, l’examina avec beaucoup d’attention. Pour le tirer d’embarras, Emma lui dit en souriant : « Présentez mes excuses à votre ami ; mais une si bonne charade ne peut pas n’avoir qu’un ou deux admirateurs. Il peut compter, tant qu’il écrira avec autant de galanterie, qu’il sera toujours approuvé par les dames. » ”
“ De la manière dont elle parlait de cette circonstance après le bal, il paraissait que l’espoir d’Emma était bien fondé. Il semblait qu’à la fin ses yeux s’étaient ouverts, et qu’elle reconnaissait que M. Elton n’était pas l’homme supérieur comme elle se l’était imaginé. Sa fièvre était passée ; et elle comptait sur le mauvais génie des Elton pour cicatriser sa blessure. Trouver Henriette raisonnable, Frank Churchill peu amoureux, et M. Knightley n’ayant plus envie de se quereller avec elle, lui présageaient un été charmant. ”
“ M. Elton était bien décidé à continuer son voyage et il a dit, d’un air singulier, qu’il partait pour une affaire dont aucune considération ne saurait le détourner ; il a laissé entendre qu’il s’agissait d’une commission des plus délicates et qu’il était porteur d’un dépôt extrêmement précieux. ”
Jane Austen,
Emma
(1815)
“ Elle répéta alors les louanges passionnées qu’elle avait tirées de M. Elton au sujet d’Henriette, louanges qu’elle reconnaissait justes ; et Henriette rougit et dit, avec un sourire, qu’elle avait toujours cru M. Elton un jeune homme infiniment agréable. M. Elton était la personne qu’Emma avait choisie pour chasser M. Martin de la tête d’Henriette. Elle crut que ce serait un excellent mariage pour tous les deux : et que comme la chose était si claire, si naturelle et si probable, elle n’aurait pas grand mérite d’en avoir formé le plan. ”
“ C’était pour elle une grande consolation que M. Elton ne peut être assez amoureux d’elle, et qu’il ne fût pas assez aimable pour qu’elle eût aucun regret de voir ses espérances déçues. Elle en goûtait une autre, c’est que les sensations d’Henriette n’étaient pas d’une nature à jeter de profondes racines, et que d’ailleurs personne autre que les trois parties principales n’ayant aucune connaissance de ce qui était arrivé, son père n’en pourrait être affecté. ”
John Frederick Smith, Dick Tarleton : roman anglais. Tome 1 (1879)
“ Lorsque Mabel Herbert quitta M. Elton, ce fut pour se rendre dans la chambre de son frère mourant, qu'elle se promit de ne plus qui ter jusqu'à ce que tout fût fini. Le baronnet dormait; mais même dans le sommeil sa mémoire semblait revenir sur le passé, ce passé irrévocable que tant d'hommes voudraient pouvoir anéantir au prix de tout ce qu'ils possèdent. Des murmures entrecoupés s'échappaient parfois de ses lèvres, et un nom fut prononcé, que Nan Willis, à demi enfoncée dans une bergère à côté du lit, s'efforça avidement de saisir. ”
“ En même temps, personne ne doit s’étonner de ce que M. Elton ait aspiré... Mademoiselle Woodhouse a la bonté de me laisser babiller ; elle sait que je ne voudrais pas pour tout l’or du monde offenser qui que ce soit. Comment se porte mademoiselle Smith ? Elle paraît, tout à fait guérie. Avez-vous reçu des nouvelles de madame Knightley dernièrement ? Oh ! ces charmans enfans ! Jeanne, savez-vous bien que je m’imagine toujours que M. Dixon ressemble à M. Jean Knightley ? J’entends au physique, grand, et avec son regard, et qu’il parle peu. ”
“ Maintenant, nous aurons ici M. Elton et Mlle Hawkins ; il y a aussi les Cole, excellentes gens, et les Perry. Je crois, Monsieur, ajouta-t-elle en se tournant vers M. Woodhouse, je crois qu’il y a peu d’endroits où l’on trouve une société comparable à celle de Highbury. Je dis toujours que nous sommes bénies en nos voisins. Mon cher Monsieur, s’il y a quelque chose que ma mère préfère à tout, c’est une longe de porc. — Quant à savoir qui est Mlle Hawkins ou depuis combien de temps il la connaît, dit Emma, nous n’avons aucun indice à ce sujet. ”
“ Si elle eût pu s’amuser de toutes ces sottises ; si son amie n’avait pas été malheureuse ; et si elle-même n’eût pas eu quelques reproches à se faire sur l’incertitude dans laquelle l’esprit d’Henriette flottait sans cesse, Emma s’en serait divertie. Un jour M. Elton l’emportait ; un autre, c’était Martin ; et tous deux, à leur tour, faisaient pencher la balance. L’engagement contracté par M. Elton, avait guéri Henriette de l’agitation pénible que la rencontre de Martin lui avait causée. ”
“ Emma crut au moins qu’elle passerait pour telle qu’elle se la figurait. Quant à M. Elton, elle ne put juger de ses manières, ou elle ne se permit pas d’en parler. Dans tous les temps possibles, une visite de noce est une cérémonie peu agréable, et il faut que le mari le soit beaucoup pour s’en tirer convenablement. ”
“ Elle savait que le temps seul pouvait la guérir complètement. Elle ne se croyait pas juge compétent sur une pareille matière, en général, ni en état de sympathiser avec un attachement qui avait M. Elton pour objet ; mais il lui paraissait raisonnable qu’à l’âge d’Henriette, sans la moindre espérance d’être payée de retour, elle pourrait faire assez de progrès vers sa guérison, avant le retour de M. Elton, pour jouir d’une tranquillité d’esprit qui lui permettrait de le voir comme une ancienne connaissance, sans courir les risques de sentir revivre ses sentimens pour lui, ou les augmenter. ”
