“ Pour ma part, je ne puis intervenir d’aucune façon : le refus qu’Harriet a opposé à Robert Martin est définitif. Il est possible qu’avant d’avoir vécu dans un milieu de gens comme il faut elle ait pu ne pas le trouver désagréable : c’était le frère de ses amies et il s’efforçait de lui plaire ; mais les circonstances ont changé et désormais seul un homme d’éducation et de bonnes manières peut prétendre plaire à Harriet Smith. ”
Harriet Smith
Définition et enjeux
Citations sur “Harriet Smith”
“ Mais quant à Harriet Smith – je reviens à mes moutons ! – je persiste à la considérer comme tout à fait impropre à tenir auprès d’Emma le rôle d’amie : elle ne sait rien et considère Emma comme omnisciente ! Toute sa manière d’être, à son insu, respire la flatterie. Comment Emma pourrait-elle imaginer avoir quelque chose, à apprendre elle-même, lorsqu’à ses côtés Harriet apparaît si délicieusement inférieure ! D’autre part, Harriet ne tirera aucun avantage de cette liaison. Hartfield lui fera trouver désagréables tous les autres milieux où elle sera appelée à vivre ”
“ Emma, votre infatuation pour cette jeune fille vous aveugle. Quels sont les titres d’Harriet Smith, soit comme naissance, soit comme éducation, à une alliance supérieure ? C’est la fille naturelle d’on ne sait qui ; elle n’a probablement aucune dot assurée et, en tout cas, pas de parenté respectable. Nous ne la connaissons que comme la pensionnaire de Mme Goddard. Elle n’est ni intelligente ni cultivée. On ne lui a rien enseigné d’utile et elle est trop jeune pour avoir acquis une expérience personnelle. Elle est jolie et elle a un aimable caractère : c’est tout. ”
“ Du reste, Monsieur Knightley, je vous récuse comme juge en cette affaire : vous êtes si habitué à vivre seul que vous ne pouvez pas vous rendre compte du réconfort qu’une femme trouve dans la société d’une de ses semblables. Je vois venir votre objection relativement à Harriet Smith : ce n’est pas la jeune fille supérieure que devrait être l’amie d’Emma... je l’accorde ; mais d’autre part, je sais qu’Emma se propose de lire avec Harriet, ce sera pour elle une occasion de s’occuper sérieusement. ”
Paul Féval, Les Mystères de Londres
“ Le cœur humain, jeune homme, déclama M. Smith en nasillant, est un sépulcre blanchi... La chair est faible... et si vous ne voulez point vous conformer aux règles de ma maison, allez-vous-en coucher au clair de lune. M. Smith salua gravement et se retira. L’instant d’après, un valet apporta quelques rafraîchissements, auxquels Saunie, notre postillon, fit le plus grand honneur. Harriet et moi, nous touchâmes à peine aux mets qui nous furent présentés. ”
“ Les nouveaux époux lui sont si reconnaissants, qu’Emma ne peut pas s’arrêter en si bonne voie et projette de faire d’autres heureux. On vient justement de lui présenter Harriet Smith, fille naturelle d’un inconnu qui l’a confiée à la directrice du petit pensionnat de Highbury. C’est une jolie jeune fille de dix-sept ans, pleine de naïveté. Emma va la former, faire son éducation mondaine, et surtout lui trouver un mari. Un mari riche naturellement, car un mari honnête et affectueux, Harriet n’a pas besoin de le chercher bien loin ”
“ Si vous vouliez être assez aimable pour nous lire à haute voix, je travaillerais plus librement et le temps paraîtrait moins long à Mlle Smith. L’interpellé se déclara trop heureux de se rendre utile. Harriet écoutait et Emma dessinait en paix. Elle dut pourtant autoriser M. Elton à venir de temps en temps jeter un coup d’œil et celui-ci s’extasiait à chaque progrès ; c’était un critique encourageant qui distinguait la ressemblance avant même que les éléments constitutifs en fussent assemblés ! ”
Paul Féval, Les Mystères de Londres
“ Elles étaient contiguës et séparées seulement par une porte close, à travers laquelle nous aurions pu causer. — Je pensais qu’au demeurant M. Smith aurait pu faire pis que cela. J’entendis Harriet se mettre au lit et sa douce voix me cria bonsoir ! J’étais las. Je me jetai tout habillé sur ma couche et je m’endormis presque aussitôt ; — mais, vous savez, Stephen, de ce sommeil inquiet, léger, vivant, qui laisse aux organes la faculté de sentir. Ce sommeil est perfide, mon Dieu ! on entend et l’on croit rêver... ”
Paul Féval, Les Mystères de Londres
“ Et j’espère que la jeune dame vous appartient chrétiennement, qu’elle est la chair de votre chair... — Cette jeune dame est ma sœur, répondis-je. — Ah ! fit M. Smith, qui, sous son garde-vue, me parut faire subir à la pauvre Harriet un minutieux examen ; — Maudlin ! — Qu’y a-t-il ? cria de loin une voix flûtée. — Faites préparer deux chambres séparées, dit M. Smith. — Monsieur, voulus-je objecter, ma sœur est faible et souffrante ; je désirerais ne point la quitter. — Fi ! jeune homme ! si !... La nuit est l’heure de puissance du démon tentateur... La nuit... ”
Harriet Beecher Stowe,
La Fiancée du ministre, par Mrs…
(1864)
“ La femme de ressource n'est jamais pressée ni jamais en retard. Elle a toujours le temps d'aller au secours de cette pauvre Mme Smith, dont les confitures ne veulent pas prendre, ou d'enseigner à Mme Jones comment elle donne à ses cornichons un si beau vert, et il lui restera le loisir de veiller la pauvre Mme Simpkmis attaquée d'un rhumatisme. C'est à cette classe de femmes qu'appartenait la veuve Scudder. ”
Walter Scott,
Le Jour de Saint-Valentin
“ Bien. Mais ce n’est pas ce que j’attends de toi pour le moment, » dit le prince après un moment de réflexion. « Cette pauvre chanteuse, mon brave Smith, il faut la mettre en lieu sûr. Tu es homme à protéger une femme quelle qu’elle soit. » Henri Smith était, comme nous l’avons vu, passablement téméraire et hardi quand il s’agissait de mettre les armes à la main ; mais il avait aussi l’orgueil d’un honnête bourgeois, et ne se souciait guère de se placer dans une position qui aurait pu sembler équivoque à la partie plus scrupuleuse de ses concitoyens. ”
“ Le sang gronda dans ma tête et reflua vers mon cœur ; je ne sais ce que je lui dis ; je ne sais si ma bouche rencontra ses lèvres : ce fut un délire rapide comme l’éclair. Lady Harriet, arrivant à l’angle du chemin couvert, n’avait plus qu’un pas à faire pour nous surprendre. Saisi de honte et de terreur, je pris la fuite, seul, cette fois, et j’aurais été me cacher je ne sais au fond de quel antre, si je n’eusse rencontré, au bas du sentier, lord B***, qui, redevenu le plus sage de nous deux, m’arrêta au passage. ”
John Frederick Smith, Dick Tarleton : roman anglais. Tome 1 (1879)
“ Ils sont vraiment à plaindre, ceux qui peuvent les regarder avec aversion ou indifférence ; et leur enfance a dû être solitaire ou mauvaise. « Toutes mes instructions ont-elles été suivies ? demanda le recteur à Nicolas Pim. — Toutes, mon révérend, répondit le sacristain en levant les yeux avec respect. J'ai balayé le caveau et frotté toutes les plaques et les anses des cercueils; la grande porte de fer gémissait comme une créature vivante en tournant sur ses gonds rouillés, et je gémissais avec elle. Pauvre sir Harry, si jeune, si bon 1 » L'ecclésiastique se détourna pour cacher une larme. ”
John Frederick Smith, Dick Tarleton : roman anglais. Tome 1 (1879)
“ Sans doute, ajouta Amen, vous n'oublierez pas mes services. — Je crois les avoir déjà fort bien payés. — Les services passés , peut-être. — C'est au passé que je fais allusion, dit Roderick. A l'avenir je n'aurai plus besoin de vous. - Vous croyez? — J'en suis sûr. - On ne peut être sûr de rien en ce monde. Nul ne peut dire quelle carte va être retournée. Je me croyais sûr de mon affaire avec Marthe et l'argent que son frère lui avait envoyé d'Australie; mais il est revenu pour me désappointer. — Les morts ne reviennent jamais; les vivants peuvent revenir. ”
John Frederick Smith, Dick Tarleton : roman anglais. Tome 1 (1879)
“ Il a été élevé dans le village, à ce qu'il paraît, et sous vos propres yeux, ajouta Roderick; mais ni Marthe qui avait soin de lui, ni Amen Corner le mari de Marthe, ne soupçonnaient le secret de sa naissance. — Vous ne parlez pas de Dick ! s'écria Nan en joignant les mains ; il est impossible que ce soit à lui que vous fassiez allusion ! ”
John Frederick Smith, Dick Tarleton : roman anglais. Tome 1 (1879)
“ Amen Corner sourit sinistrement en caressant de sa grosse main sa tête frisée. « Marthe vous a tenu parole, dit-il, n'est-ce pas, mon garçon? Un père pour veiller sur vous, pour corriger votre penchant à l'oisiveté et faire de vous un homme, ça vaut mieux qu'un baiser. — C'est un excellent enfant, répliqua sa femme avec soumission ; ne lui parlez donc pas d'un ton de mauvaise humeur, je vous en prie. Allez, Dick, allez jouer avec Annette et les enfants dans le jardin. — Non pas! s'écria son mari. Pourquoi voulez-vous l'éloigner? Est-ce la le moyen de faire qu'il me respecte?. Venez ici. » ”
John Frederick Smith, Dick Tarleton : roman anglais. Tome 1 (1879)
“ Le greffier de la paroisse, nos lecteurs le savent déjà, était la bête noire de notre héros, le seul nuage qui obscurcît le soleil de sa vie. « Il me faudra quitter ma gentille demeure, Dick, répliqua sa bonne; car il est impossible que je paye jamais le loyer demandé par l'avoué Colley. — Ne puis-je travailler pour vous, mère ? dit l'enfant en la regardant avec une vive affection ; je serai bientôt assez grand pour payer cela. » Marthe le serra contre son cœur, et désira secrètement que la nature lui eût donné des droits au nom doux et sacré dont l'appelait l'enfant reconnaissant. ”
John Frederick Smith, Dick Tarleton : roman anglais. Tome 1 (1879)
“ Le scélérat ! murmura Georges, quand elle eut fini son récit qu'il avait écouté avec le plus vif intérêt; le lâche et sordide scélérat! — C'est bien le mot, pour sûr, s'écria Patience. Je suis bien aise pour Marthe que vous soyez revenu ; c'est une si faible créature! Amen Corner ne m'eût pas traitée de la sorte. Et Dick, vous ne le laisserez pas au workhouse? Non ; vous avez un cœur de père et un amour de père, et le petit en est digne. ”
“ Vous avez donné à mademoiselle Smith tout ce qui lui manquait, disait-il, vous lui avez communiqué la grâce et l’aisance qu’elle n’avait pas. Elle était très-belle à son arrivée à Hartfield ; mais à mon avis, les perfections dont vous l’avez ornée, surpassent ce que la nature a fait pour elle. ”
John Frederick Smith, Dick Tarleton : roman anglais. Tome 1 (1879)
“ Roderick tira son portefeuille. « Décidez-vous. — C'est tout décidé, » dit le mari de Mabel en remettant aux mains du jeune Français les billets qu'il en avait reçus. Du Mesnil consulta sa montre. « Vous avez juste une heure, murmura-t-il, pour prendre les précautions que vous jugerez nécessaires. N'essayez pas de rien cacher, ce serait inutile : la police a des moyens que vous ne soupçonnez guère. Il n'est pas un placard de votre appartement qui ne doive être fouillé cette nuit. Si vous entendez quelque chose, feignez de dormir. Adieu. » ”
John Frederick Smith, Dick Tarleton : roman anglais. Tome 1 (1879)
“ « Roderick! s'écria l'héritière se jetant dans ses bras dès qu'il arriva dans son boudoir; l'heure si longtemps, si impatiemment attendue, est enfin sonnée. Aucun pouvoir terrestre ne peut plus empêcher notre mariage. Je suis la maîtresse de Crowshall, des vastes domaines de mon frère, qui n'eût jamais consenti à notre union s'il avait su que vous étiez. — Un aventurier sans nom, sans amis, sans fortune, dit son amant en achevant la phrase pour elle. Eh bien ! il a payé l'orgueil de sa naissance. » Mabel frémit. ”
John Frederick Smith, Dick Tarleton : roman anglais. Tome 1 (1879)
“ Georges, je vous l'ai dit, balbutia Marthe; il ne m'eût jamais laissé si longtemps sur les bras l'enfant d'un étranger. Ne l'éloignez pas de moi, ajouta-t-elle en joignant les mains; je l'aime aussi tendrement que s'il était mon fils; ce n'est pas le pain qu'il mangera qui nous ruinera. Oh! n'envoyez pas à l'hospice des indigents l'enfant de mon unique frère. Je ferai toute autre chose que vous voudrez, je travaillerai nuit et jour sans murmure ”
John Frederick Smith, Dick Tarleton : roman anglais. Tome 1 (1879)
“ Walter Herbert a laissé un fils, » ajouta Roderick en baissant la voix. Nan hocha la tête d'un air qui indiquait qu'elle savait cela. « Consentez à rester dans votre présente obscurité, reprit son fils; venez au manoir quand il vous plaira, je vous recevrai toujours. C'est la publicité de notre parenté que je redoute. » Il n'y a rien de plus facile à persuader que le cœur d'une mère; la voix de l'affection en est la clef; et, quoique Roderick n'éprouvât aucune affection pour Nan, l'hypocrisie lui fournit un excellent crochet. ”
John Frederick Smith, Dick Tarleton : roman anglais. Tome 1 (1879)
“ Qu'en pensez-vous, Marthe, eh? les femmes ont l'esprit subtil. — Je pense que Nan est une brave femme, mais qu'elle a la tête un peu fêlée, comme dit Nicolas. Elle s'est toujours empressée de soigner les pauvres aussi bien que les riches. — C'est ce qui l'a fait connaître, repartit charitablement Amen. - Si ses paroles sont amères, ses actions sont bonnes; ajouta Marthe. Sans elle j'eusse perdu le pauvre Dick, lorsqu'il avait la fièvre l'année passée. Les docteurs l'avaient condamné, et Nan le sauva. — C'eût peut-être été un bonheur pour vous de le perdre, répliqua le greffier ”
Hector de La Ferrière,
Revue des Deux Mondes
“ Smith lui objecta l’inégalité d’âge : le roi serait à peine un homme qu’elle serait déjà une vieille femme ; on pourrait dire d’elle ce qu’on disait de la reine Marie, sa sœur, qu’elle était la grand’mère du prince d’Espagne ; puis il appuya sur les répugnances et les préjugés des Anglais à l’endroit des étrangers. À cette objection Condé répondit que l’on pourrait convenir que tous les emplois seraient réservés aux Anglais, que si la reine n’avait qu’un enfant, il séjournerait en Angleterre, et s’il y en avait deux, la couronne d’Angleterre appartiendrait au second. ”
“ Serait-il vrai ? dit lady Harriet surprise et flattée. En effet, je crois quelquefois que l’ignorance de milord est une affectation, et qu’il a plus de goût et de sensibilité qu’il n’en veut avouer. C’était sans doute la première parole un peu aimable que lady Harriet disait à son mari depuis bien longtemps. Le pauvre homme fit un mouvement comme pour lui prendre la main ”
E.-D. Forgues,
Revue des Deux Mondes
“ Sauf le dénoûment, — et pourquoi le dénoûment lui manquerait-il toujours ? — l’histoire de la famille Smith est exactement celle de la société américaine. C’est aussi celle de la littérature en Amérique ; celle-ci, malgré tous ses efforts, n’est pas encore parvenue à s’affranchir du joug métropolitain. On voit que ce manque d’originalité lui pèse. Elle fait d’incroyables efforts pour être elle-même, et les airs d’indépendance qu’elle se donne attestent un désir immense d’affranchissement, mais non la réalisation de ce vœu si légitime. ”
Arthur Conan Doyle,
Une momie qui ressuscite
“ À ce moment, où la pensée de l’étudiant se tournait vers Bellingham, les sentiments de Smith lui étaient donc en somme favorables. Hastie était un bon garçon, mais rude, aux nerfs solides, dépourvu d’ailleurs d’imagination et qui ne brillait pas par la compréhension d’autrui. Il ne pouvait tolérer qu’on s’écartât de ce qu’il regardait comme le type modèle de l’homme. Si un homme ne pouvait être mesuré à une échelle, approuvée par l’« Alma mater », il n’existait plus pour Hastie. ”
Mary Elizabeth Braddon,
La femme du docteur. Tome 2
(1870)
“ Smith trouve charmant de reposer à l'aise parmi les églantiers et le foin nouveau du Middland, tramant la toile sombre des crimes qu'il exécute plus tard sur le papier dans la solitude profonde de son logis du Temple. Il est toujours garçon et se plaint de ne pouvoir devenir amoureux, par la raison qu'il est obligé de tirer parti du nez et des yeux, des lèvres de corail et des bandeaux d'or ou de jais, — le vocabulaire de Smith ne renferme pas d'autres nuances, — de toutes les jeunes filles un peu présentables qu'il rencontre, pour suffire à la création de ses nombreuses héroïnes. ”
John Frederick Smith, Dick Tarleton : roman anglais. Tome 1 (1879)
“ Mais montez dans la carriole; je n'ai pas de temps à perdre. — Est-ce que Dick s'en va? demanda Marthe avec inquiétude. — Sans doute, » répondit Amen. Elle allait chercher quelques autres vêtements pour l'enfant; mais son mari le lui défendit sévèrement, ajoutant qu'il était bien issez vêtu comme cela. « Il sera mouillé jusqu'aux os. — Vous faites une jolie femme ! s'écria le barbare ; vous vous occupez plus de ce moutard que de votre mari. Vous ne m'avez pas offert de me chercher mon pardessus ; il a fallu que je vous en donnasse l'ordre, » ajouta-t-il avec amertume. ”
