“ On ne verrait plus M. Knightley venir passer les soirées à Hartfield ; on ne l’y verrait plus entrer à toute heure, à tout moment avec cet air amical, qui annonçait qu’il aurait volontiers abandonné sa maison de Donwell pour celle d’Hartfield ! Comment supporter tout cela ? Et si sa perte était occasionnée par son amour pour Henriette ; s’il trouvait en elle tout ce qu’un homme désire dans une femme ; si toutes ses affections étaient concentrées en elle ; s’il croyait avoir trouvé dans Henriette l’amie, la femme qui seule pouvait le rendre heureux, à qui pouvait-elle s’en prendre ? ”
Hartfield
Définition et enjeux
Citations sur “Hartfield”
“ On trouve extraordinaire que ce qui est évidemment jugé désirable soit comme arrangé d’avance, par des gens étrangers à la chose, et réussisse. Vous et M. Elton devez être ensemble par votre situation respective : vous vous appartenez l’un à l’autre par la circonstance des maisons que vous occupez. Votre mariage sera le pendant de celui de Randalls. Il semble qu’il y ait quelque chose dans l’air qu’on respire à Hartfield, qui enseigne à l’amour la direction qu’il doit prendre, et lui montre le chemin qu’il doit suivre ! La carrière d’un amour véritable ne fut jamais unie. ”
“ L’importance foncière de Hartfield, à vrai dire, n’était pas considérable, la propriété ne formant qu’une sorte d’enclave dans le domaine de Donwell Abbey ; mais leur fortune par ailleurs était si considérable qu’ils se trouvaient être de bien peu inférieurs aux propriétaires de Donwell Abbey. ”
Jane Austen,
Emma
(1815)
“ Les prétentions d’Hartfield et d’Enscombe avaient toujours été une pierre d’achoppement, plus à ses yeux à la vérité qu’à ceux de M. Weston, qui cependant n’avait jamais pu décider l’affaire qu’en disant : « Cela ira de soi-même : les jeunes gens trouveront les moyens nécessaires pour contenter tout le monde. » ”
“ « Qu’il espérait que l’orgueil de la jeune dame serait satisfait. » Elle avait toujours eu l’intention d’attraper Knightley. Et quant à habiter Hartfield, il eut l’impudence de dire : « J’aime mieux que ce soit lui que moi. » Mais madame Elton en fut tout-à-coup choquée. « Pauvre Knightley ! Il a fait là une mauvaise affaire. » Elle le plaignit beaucoup ; car quoiqu’il fût un peu fantasque, il avait mille bonnes qualités. Comment avait-il pu se laisser tromper de la sorte ? Il n’est certainement pas amoureux d’elle, pas du tout. Pauvre Knightley ! ”
Jane Austen,
Emma
(1815)
“ Je suis certaine que personne ne doit et ne peut être plus portée à défendre le mariage que moi ; et si ce n’avait été la terrible nécessité de quitter Hartfield, j’aurais toujours regardé mademoiselle Taylor comme la femme la plus heureuse du monde ; quant à mésestimer M. Weston, l’excellent M. Weston, je pense qu’il n’y a rien au-dessus de son mérite. Personne n’a un meilleur naturel que lui, excepté vous et votre-frère. ”
“ Elle et M. Knightley songeaient à se marier, qu’ainsi Hartfield recevrait l’addition d’une personne qu’elle savait qu’il aimait presqu’autant que ses filles et madame Weston. Le pauvre homme fut d’abord attéré du coup. Il essaya de la dissuader. Il lui rappela plus d’une fois qu’elle avait toujours dit qu’elle ne se marierait jamais, et il l’assura qu’elle ferait beaucoup mieux de rester fille, et lui parla de la pauvre Isabelle et de la pauvre demoiselle Taylor. ”
“ M. Elton était l’objet de l’admiration de toutes les sous-gouvernantes et de toutes les grandes filles de la pension : et ce n’était qu’à Hartfield qu’elle en entendait parler avec froideur. Ce n’était donc que dans le lieu où elle avait reçu sa blessure, qu’elle pouvait trouver sa guérison : et Emma sentait qu’elle ne recouvrerait jamais la paix de l’âme, jusqu’à ce que son amie n’ait fait de grands progrès vers cette guérison. ”
“ « Il ne fallait pas la mettre au même rang qu’Isabelle et Mme Weston : le mariage de ces dernières, en les enlevant de Hartfield, avait en effet causé un grand vide, mais elle au contraire ne quitterait pas la maison ; elle continuerait d’y habiter. Il serait beaucoup plus heureux d’avoir M. Knightley toujours à sa portée : est-ce qu’il n’aimait pas beaucoup M. Knightley ? Il ne pouvait le nier. Il pourrait le consulter sur ses affaires à tout instant ; il le trouverait toujours disposé à lui rendre service, à écrire ses lettres et à l’aider de toute façon ». ”
“ M. Knightley a si bonne tournure qu’on ne peut établir aucune comparaison entre lui et M. Martin. Peu d’hommes, peut-être pas un sur cent, n’annoncent à la première vue, comme M. Knightley, la présence d’un homme comme il faut. Mais il n’est pas le seul que nous ayons vu dernièrement à Hartfield. Que pensez-vous de MM. Weston et Elton ? Comparez M. Martin à l’un ou l’autre des deux ; comparez leur manière de se présenter, de marcher, de parler, de garder le silence, et vous devez sentir la différence qui existe entre eux. ”
“ Évidemment de ce qu’il m’aime il ne s’ensuit pas que je doive partager ses sentiments. Je puis l’avouer : j’ai rencontré à Hartfield des personnes avec lesquelles indiscutablement il ne supporte pas la comparaison. Je conserverai néanmoins une très bonne opinion de M. Martin et le souvenir de son affection ; mais quant à vous quitter, c’est à quoi je ne me résoudrai jamais... — Merci, ma chère petite amie, nous ne nous séparerons pas. Une femme ne doit pas épouser un homme pour la seule raison qu’il est amoureux d’elle et capable d’écrire une lettre convenable ! ”
“ Il y a des gens qui, plus on fait pour eux, moins ils font pour eux-mêmes. Comme il y avait long-temps que M. et madame Knightley n’étaient venus à Hartfield, leur arrivée causait plus d’intérêt que de coutume. Jusqu’à cette année, le temps des vacations avait été partagé entre Hartfield et l’abbaye de Donwell ; mais toutes celles de l’automne avaient été employées aux bains de mer, pour la santé des enfans ”
Jane Austen,
Emma
(1815)
“ Ce changement soudain engagea Emma à en profiter et à sortir le plus promptement possible. Jamais la nature n’avait paru si belle ; la vue et l’odorat étaient également gratifiés ; on sentait une chaleur modérée ; l’air était pur et serein ; Emma se flattait que la tranquillité dont jouissait la nature, après la tempête, passerait aussi dans son cœur. Heureusement que peu après dîner, M. Perry, qui se trouvait libre, vint à Hartfield pour passer une couple d’heures avec son père ; ce qui lui permit de se rendre dans le verger. ”
“ Madame Weston ajoutait qu’il n’avait que le temps d’aller prendre congé des personnes d’Highbury, qui lui avaient montré quelque intérêt ; que de là il irait à Hartfield. Ce malheureux billet mit fin au déjeûner d’Emma. Ce ne fut, après l’avoir lu, qu’exclamations et jérémiades. La perte du bal, celle du jeune homme, et tout ce que le jeune homme devait sentir ! c’était en vérité bien malheureux ! Quelle délicieuse soirée on aurait passé ! tout le monde aurait été si heureux ! et elle et son partenaire eussent été les plus heureux de tous ! Je l’avais prévu. Ce fut là sa seule consolation. ”
Jane Austen,
Emma
(1815)
“ Elle était déjà convaincue qu’il trouvait qu’Henriette était une très-jolie fille, ce qu’elle regardait comme suffisant, avec leurs fréquentes rencontres d’Hartfield ; et quant à Henriette ; l’idée seule d’être préférée par lui, emporterait la balance. C’était véritablement un jeune homme fait pour plaire, un jeune homme que toute femme qui ne serait pas délicate à l’excès pouvait aimer. Il passait pour un très-bel homme : on admirait sa personne, excepté Emma, à cause qu’il n’avait pas cette élégance dans les traits qu’elle exigeait. ”
“ Il ne semble pas en effet qu’il y ait pour l’instant grand risque de lui voir rompre son vœu et aussi longtemps qu’elle sera si heureuse à Hartfield je ne puis souhaiter de voir sa situation se modifier, par égard pour ce pauvre M. Woodhouse. ”
Jane Austen,
Emma
(1815)
“ Elle fut cependant forcée d’y penser, et à la différence que cela ferait pour ce pauvre petit garçon. Elle ne fit qu’en rire, et s’amusa beaucoup à découvrir que la violente aversion qu’elle avait de voir M. Knightley épouser mademoiselle Fairfax, ou toute autre, était la cause de la tendre sollicitude de la sœur d’Isabelle et de la tante d’Henri. Plus elle songeait au plan de M. Knightley, de se marier, et de venir demeurer à Hartfield, plus ce projet lui plaisait. Le malaise de son père diminuait, et son propre bonheur augmentait. Le bien l’emportait de beaucoup sur le mal. ”
Jane Austen,
Emma
(1815)
“ « Non ! madame Knightley, comme il n’y en a point encore, je me chargerai seul de faire toutes les invitations, jusqu’à ce qu’il y en ait une. » « Ha ! tous êtes une créature extraordinaire, s’écria-t-elle en riant, et très-satisfaite que personne n’eût la préférence sur elle. Vous êtes fantasque, et pouvez dire ce qu’il vous plaît. Tout à fait fantasque. Eh bien ! j’amènerai Jeanne et sa tante ; je vous abandonne le reste. Je n’ai aucune objection à y rencontrer la famille d’Hartfield, n’ayez aucun doute à cet égard. Je sais que vous y tenez. » ”
“ Alors la joie s’empara de son cœur, il n’avait jamais cru Frank digne d’Emma, il sentit qu’il l’aimait passionnément, et ne put rester plus long-temps à Londres. Malgré la pluie il monta à cheval, et immédiatement après son dîner, se rendit à Hartfield, pour voir comment la plus douce, la meilleure des créatures, la plus accomplie malgré ses défauts, supporterait cette découverte. Il la trouve agitée, abattue. Frank Churchill est un monstre. Elle lui déclare qu’elle ne l’a jamais aimé. Frank n’est pas si noir. Emma est à lui de parole et de fait. ”
“ M. Knightley, homme de sens, d’environ trente-sept à trente-huit ans, était non-seulement un ancien et intime ami de la maison, mais encore était allié à la famille, en qualité de frère aîné du mari d’Isabelle. Il habitait à un mille d’Highbury , faisait des visites fréquentes à Hartfield, où il était toujours bien venu, et ce jour-là encore plus que de coutume, parce qu’il revenait de Londres où il avait vu ses amis et ceux de la famille. ”
Léonie Villard, Jane Austen, sa vie et son œuvre
“ Comme des abeilles, vivant dans les limites de leur ruche qui leur est un univers, où chacune vaque à sa tâche, persuadée que tout ce qui existe est parfait si la ruche elle-même est prospère, les gentilshommes de Mansfield, les dames et les châtelaines de Kellynch Hall, de Hartfield, ou de Barton, ne doutent point de l’harmonie et du bonheur universel dont leur propre vie leur fournit une preuve évidente. Leur oreille n’est pas assez fine pour entendre, fut-ce même comme un lointain écho, la voix de l’humanité, — the still small voice of humanity. ”
“ Ce mauvais temps affecta singulièrement M. Woodhouse ; et les tendres soins de sa fille suffirent à peine pour le rassurer : jamais ces attentions ne coûtèrent tant à Emma. Cette soirée lui rappella celle du jour des noces de madame Weston, qu’elle passa en tête-à-tête, en partie avec son père ; mais alors M. Knightley vint à son secours, et dissipa la tristesse qui allait s’emparer d’elle. Mais, hélas ! ces preuves de l’attraction d’Hartfield pour lui étaient à la veille de cesser. ”
Jane Austen,
Emma
(1815)
“ Elle aimait beaucoup le mari, et il n’y avait personne au monde à qui elle s’ouvrit avec moins de réserve qu’à sa femme : personne à qui elle pût raconter, avec la conviction d’être écoutée et comprise, toujours intéressante et intelligible, ses petites affaires, ses arrangemens, les peines qu’elle souffrait et les plaisirs qu’elle goûtait auprès de son père. Elle ne pouvait rien dire d’Hartfield qui n’interressât madame Weston, et une demi-heure de tête-à-tête employée à parler de ces petites affaires d’où dépend le bonheur de la vie privée, fut la première satisfaction dont elles jouirent. ”
Jane Austen,
Emma
(1815)
“ Je crois qu’elle est la plus mauvaise compagne qu’Emma puisse avoir. Elle ne sait rien, et croit qu’Emma sait tout. Toutes ses manières tendent à la flatterie ; et, ce qu’il y a de plus mauvais, c’est qu’elle le fait sans dessein : son ignorance est une flatterie continuelle. Comment Emma peut-elle imaginer qu’elle ait quelque chose à apprendre, tandis qu’Henriette lui offre une si aimable infériorité. Quant à Henriette, j’ose assurer qu’elle ne gagnera rien d’avoir fait connaissance avec elle. Hartfield lui donnera du dégoût pour tous les endroits qu’elle fréquentait auparavant. ”
Auguste Nicaise, Une année au désert (1864)
“ Je fus heureux de revoir Hartwood. Jusqu'à mon départ nous passâmes chaque jour quelques heures ensemble. Au moment de monter sur le bâtiment qui m'emmenait vers l'Europe : – Adieu, me dit-il avec tristesse. – Au revoir peut-être, lui répondis-je, comme pour alléger la séparation. Il secoua la tête. – Il est peu probable, continua-t-il, que nous nous revoyions jamais. On ne vient pas tous les jours en Amérique. Mais si plus tard vos affaires ou vos loisirs vous ramenaient à Saint Louis, n'oubliez pas Hartwood le trappeur. ”
Auguste Nicaise, Une année au désert (1864)
“ Je le lui promis, et une heure après nous sortions de la baie de San-Francisco pour gagner la pleine mer. Hartwood est, un des plus braves et des meilleurs coeurs que j'aie connus. La vie qu'il a menée depuis trente années, les dangers qu'il a courus, les hommes au milieu desquels il a vécu, ont pu rendre plus rude sa nature physique ; mais il a conservé la délicatesse de sentiments qui distinguent l'homme vivant au milieu de la civilisation. ”
Joseph-Marc-Octave-Antoine Lebel,
Fierté de race
“ Les Hartley étaient là également. Le jeune Hartley avait, un moment, accompagné Gabrielle dans sa quête... il avait même échappé un chèque, presque sous les yeux de Lucienne, dans la sacoche de la folle fille qui riait, riait... à toutes choses et à tous venants. Et Lucienne avait vu le chèque glisser... Et cette indélicatesse du jeune Hartley avait vite fait le tour de la salle ! Tout le monde savait déjà qu’un fort beau chèque était tombé par mégarde — n’étais-ce pas plutôt par revanche ? — dans la jolie sébile de Gabrielle, et que ce chèque avait été échappé par la main du jeune Hartley ! ”
Claude Blanchard, Guerre d'Amérique. 1780-1783. Journal de campagne de Claude Blanchard… (1881)
“ J'appris à Hartford que le général Green, chez la femme duquel j'avais été :t Providence, avait obtenu un avantage considérable dans le sud et qu'il avait fait 700 prisonniers anglais. Le 19, je m'occupai particulièrement d'un hôpital que nous formions à Hartford et je fus, par parenthèse, obligé de battre, en présence d'un grand nombre d'Américains, trois infirmiers qui faisaient les mutins. Je dînai chez M. Allez, directeur des vivres. Hartford, capitale du Connecticut, un peu moins grande que Providence, est bâtie dans le même goût; les rues sont plus larges, mais elles ne sont pas pavées. ”
Joseph-Marc-Octave-Antoine Lebel,
Fierté de race
“ Le père — James Hartley, sr — était un petit homme d’apparence très médiocre, mais doué d’une grande énergie. Il touchait la soixantaine, et déjà il était tout blanc de cheveux, de favoris et de moustache. Homme simple, mais habile, et très dévoué à sa famille, Hartley représentait bien ce type de l’Américain qui, en ce monde, n’a que deux affections : ses affaires et son foyer. On était en septembre. Revenue depuis peu de sa villa d’été de l’Île d’Orléans, la famille Hartley, un soir, était réunie autour de la table bien dressée d’une grande et belle salle à manger. ”
Claude Blanchard, Guerre d'Amérique. 1780-1783. Journal de campagne de Claude Blanchard… (1881)
“ Les 30 et 31, il fit un temps épouvantable et une pluie continuelle. L'armée séjourna à Hartford. Je logeais à East-Hartford, qui est une seconde ville en quelque sorte sur la rive gauche de la rivière du Connecticut. Ce pays est très habité et presque entièrement défriché; c'est aussi que le sol est bon et cependant je doute qu'on en puisse augmenter la culture. L'armée se remit en marche, le 4, en deux divisions ; on fit séjour à Boston le 5; le 6, à Windham et, le 8, à Cantorbéry. ”
