“ — C’est un homme chanceux, reprit-il avec énergie. Si tôt dans la vie, à vingt-trois ans, à un âge où si l’on choisit une femme on choisit généralement mal, il est aimé de cette charmante créature ! Que d’années de félicité, d’après les prévisions normales, Frank Churchill a devant lui. La fortune a singulièrement favorisé ce jeune homme, il fait connaissance d’une jeune fille à Weymouth, gagne son affection, la conserve malgré sa légèreté et sa négligence ; et il se trouve que si sa famille avait cherché une femme parfaite de par le monde, elle n’aurait pu trouver mieux. Sa tante le gênait ; ”
Frank Churchill
Définition et enjeux
Citations sur “Frank Churchill”
“ De son côté, il y avait long-temps que la jalousie le tourmentait, elle datait de l’arrivée anticipée et réelle de Frank Churchill. Il avait été amoureux d’Emma dans le même temps qu’il était jaloux de Frank Churchill, ou pour mieux dire la jalousie lui avait fait découvrir qu’il aimait. C’était encore elle qui l’avait forcé à s’absenter de chez lui. La partie qui avait eu lieu à Box-Hill, l’avait forcé à prendre cette résolution. Il ne voulait pas être témoin des attentions très-marquées qu’on avait pour Emma, et du consentement qu’elle semblait donner à une pareille conduite. ”
“ — Je n’ai pas de succès, murmura Frank Churchill à Emma, ils sont pour la plupart offensés. Je vais m’y prendre mieux : Mesdames et Messieurs, par ordre de Mlle Woodhouse, je suis chargé de dire qu’elle renonce à connaître vos pensées ! Nous sommes sept ici, sans nous compter (Mlle Woodhouse a la bonté d’estimer que j’ai déjà donné la mesure de mon esprit) et elle vous prie de bien vouloir émettre, chacun à votre tour, soit une pensée très spirituelle en vers ou en prose, originale ou répétée, soit deux remarques modérément spirituelles, soit enfin trois bêtises ! — Oh ! ”
François Musard, Les Glières : 26 mars 1944 (1975)
“ Il ne veut pas laisser aux Français des illusions inutiles. Ce qui ne l'empêche pas, sitôt son visiteur parti, de se mettre en campagne. Comme il sait qu'au War Office, au ministère de l'Air, à l'Amirauté, aux nouveaux départements de la Guerre économique ou de la Guerre psychologique, on fait peu de fond sur les clandestins d'Europe occupée, il pense qu'un seul homme peut l'aider et le comprendre, un homme pour qui, de plus, il a une admiration fervente et sans bornes: Winston Churchill, le Premier ministre qui porte le poids écrasant de la lutte. ”
Louis Francoeur, La situation, ce soir : causeries prononcées à Radio-Canada (1941)
“ Nous n'avions rien connu de l'effrayante détresse qui afflige tant de vieilles nations. Nous avons pu constater que la Grande-Bretagne et tous les pays de la Société britannique des nations ont tenu le coup, en des circonstances qui furent parfois extrêmement difficiles. Et ce serait un crime de ne pas saluer la plus grande figure de l'année dans la personne de Winston Churchill. Pour l'Allemand, il est l'ennemi principal. C'est le plus bel éloge que l'on puisse faire de l'homme. ”
Edward Reilly Stettinius,
Le prêt-bail, arme de la victoire
(1944)
“ Churchill dit : « Avant que vous ne partiez, il faut que nous fassions ensemble le tour du jardin. » Pendant plus de deux heures, nous n'avions parlé que de fronts de bataille et de lignes de communicàtion. Dans le petit jardin fleuri qui est derrière le Numéro 10 Downing Street, il commença pourtant à disserter sur les Nations Unies et la paix future : « En ce moment », dit-il, comme nous allions rentrer dans la maisons, « nous étudions nos problèmes de guerre en associés. Après la victoire, il faut que nous fassions une paix durable en continuant à nous tenir debout côte à côte. » ”
Georges Saint-Yves, Les Libres Burghers (1901)
“ C'est Winston Churchill, le célèbre correspondant militaire du Morning Post; il n'a encore perdu dans la bagarre qu'un verre de son lorgnon, brisé par une éclaboussure de caillou; une goutte de sang perle sur le front, où l'éclat a fait une délicate incision. Le carnet et le crayon à la main durant tout le trajet', Winston Churchill s'est montré maintenant en quelques minutes officier, ingénieur, mécanicien. Le dernier wagon, sous sa vigoureuse impulsion, vient d'être relevé; il est sur la locomotive comme un capitaine à sa barre, et, grâce à lui, le train blindé va être sauvé ! ”
Mme Marie Dronsart, Revue des Deux Mondes
“ Exposé depuis l’âge de seize ans à tous les entraînemens d’une cour plus que légère, recherché par des femmes sans retenue, Churchill avait succombé comme tant d’autres. Sa liaison avec la duchesse de Cleveland, favorite du roi, a laissé sur sa gloire une tache indélébile. Les tristes mœurs de l’époque admettaient qu’un homme pût accepter de l’argent d’une femme ; mais l’histoire, plus sévère, n’a pas pardonné à Churchill les 5,000 livres données par la favorite. Sa passion pour le métier des armes le sauva. ”
Pierre Bourdan,
Carnet des jours d'attente : [juin 1940-juin 1944…
(1945)
“ Mais, en pleine détresse, le geste de Churchill, l'élan unanime du peuple anglais donnaient, sinon une raison d'être, du moins une raison d'agir. C'est dans ce contexte matériel et moral, au milieu d'un débat de conscience français, que les convictions et même l'évidence dirigeaient, mais n'apaisaient point, qu'apparut un autre homme, dont le rôle fut déterminant : car il n'hésita pas à trancher le nœud gordien, alors que d'autres eussent préféré tenter de le dénouer. ”
Augustin Filon, Revue des Deux Mondes
“ Quiconque obéit bien commandera mal. Réciproquement, c’est d’ordinaire par l’insubordination que les tempéramens nés pour l’autorité annoncent leur vocation. Les variations politiques de lord Randolph Churchill forment un grief plus sérieux. Ces variations sont palpables. Protectionniste extrême, il est devenu un libre-échangiste conditionnel et mitigé. D’abord contraire à la réforme électorale, il s’y est rallié lorsqu’elle a été accompagnée d’un remaniement des circonscriptions, et il paraît aujourd’hui la considérer comme un bienfait. ”
Henry Bidou, La bataille de France : quatre conférences faites à Lyon les 22… (1941)
“ Le 13, M. Churchill, lord Halifax et lord Beaverbrook sont arrivés à Tours. Après le déjeuner, Paul Reynaud entraîne Churchill au Conseil Suprême. Après lui avoir décrit l'état de l'armée, il lui demande: « Quelles seraient les intentions de l'Angleterre si la France se voyait contrainte de signer une paix séparée ? » Churchill, assis, les yeux à demi fermés, reste un instant silencieux. ”
Augustin Filon, Revue des Deux Mondes
“ Un Randolph Churchill ne court pas l’Europe uniquement pour visiter des musées, des églises et des points de vue. L’homme qui dirigera peut-être un jour la politique britannique a désiré voir de près ceux qui mènent le monde, et je ne doute pas que la pénétration moqueuse du jeune lord n’ait rapporté, de ces diverses expériences de psychologie politique, une moisson assez riche d’observations. ”
René Moulin, La paix assassinée (1941)
“ L'un des plus animés est M. Winston Churchill, dont les éclats de voix font vibrer le téléphone. Il me rappelle qu'il a toujours combattu pour l'alliance franco-britannique et ajoute que c'est la dernière occcasion peut-être où la France et l'Angleterre sont appelées à unir leurs forces pour détruire l' hégémonie allemande. Si elles se trouvent divisées dans des circonstances aussi graves, l'Angleterre s'enfermera dans son île et se défendra farouchement, mais elle ne voudra plus rien connaître des affaires européennes. ”
France. Assemblée nationale, Rapport fait au nom de la Commission chargée d'enquêter sur les événements survenus en France de 1933 à 1945… (1951)
“ Je répète ce que M. Churchill dit quelques lignes plus haut : « Il est vrai que la métropole serait restée écrasée. ». Cela évidemment présente peu d'intérêt pour M. Winston Churchill ; la France n'est pas l'Angleterre. « L'armistice n'a épargné à la France aucune souffrance ». Je crois impossible de nier la vérité avec une plus sereine outrecuidance. J'ai exposé ailleurs tous les avantages que la France avait retirés de l'armistice. J'ajoute que c'était, jusqu'à la libération, l'avis de l'immense majorité des Français comme ce l'avait été de la majorité des hommes politiques en juillet 1940. ”
Jack London,
Construire un feu
“ Bien repus, les deux hommes s’étendirent près du poêle, dans leurs habits mouillés et s’endormirent, Fred Churchill avec le sac de Bondell comme oreiller. Au bout de deux heures, Churchill était déjà debout. D’un coup de pied, il réveilla Antonsen, prit le sac, et tous deux regagnèrent la pirogue, à la poursuite de la Flora. Vainement, le capitaine Jones avait tenté de les en dissuader. — Rien n’est impossible, répondit Churchill. Un accident, on ne sait quoi, peut survenir au vapeur et le retarder. ”
France. Assemblée nationale, Rapport fait au nom de la Commission chargée d'enquêter sur les événements survenus en France de 1933 à 1945… (1951)
“ M. Winston Churchill n'exclut pas la possibilité d'un retournement rapide, comme il en a vu plusieurs pendant la dernière guerre lors de la bataille de la Marne, par exemple, ou bien immédiatement après le 21 mars, quand il se trouvait à Beauvais, auprès du Maréchal Pétain. A certains moments, à cette époque, tout semblait pourtant perdu, Il faut donc conserver l'espoir, étant donné surtout que des coups très brutaux ont été portés à l'ennemi et que la victoire n'apparaît aucunement, pour l'instant, galvaniser le peuple allemand dont le moral reste bas. ”
Francis Charmes,
Revue des Deux Mondes
“ Périssent donc les dreadnoughts du monde entier ! Cela n’en vaudrait que mieux, puisque sa vieille flotte assurerait plus sûrement encore la suprématie militaire à l’Angleterre. Alors, à quoi bon les dépenses que toutes les grandes puissances ont faites depuis quelques années ? M. Churchill se livre à ce sujet à des réflexions qui ne manquent ni de philosophie, ni de mélancolie. Son but paraît être de convaincre l’Allemagne qu’elles ne lui serviront précisément à rien. Faites des dreadnoughts tant que vous voudrez, lui dit-il, vous êtes libre, mais sachez bien que nous en ferons davantage. ”
Pierre Bourdan,
Carnet des jours d'attente : [juin 1940-juin 1944…
(1945)
“ Allemands étaient à Mâcon. A Munich, Hitler et Mussolini s'étaient mis d'accord sur l'impitoyable diktat qu'ils imposaient à la France. Churchill avait cimenté Parlement et pays dans un vœu implacable de lutte. Deux divisions britanniques avaient débarqué de France, fatiguées, mais avec leur équipement, et porteraient à trois le nombre des divisions de ligne disponibles pour la défense d'un Empire. L'aviation de bombardement anglaise, au milieu du désastre, reprenait l'offensive sur le Reich, comme un joueur désespéré fait une relance au poker. ”
Edward Reilly Stettinius,
Le prêt-bail, arme de la victoire
(1944)
“ S'il réussissait, tout le Moyen-Orient pouvait être perdu. L'Allemagne et le Japon auraient la possibilité de se rejoindre en Asie, coupant ainsi les Nations Unies en deux. Sous la bonne humeur et les vigoureux propos de Mr. Churchill, je sentais^ l 'extrême tension nerveuse à laquelle il était soumis cet été-là. L Angleterre n avait pas connu de jours plus sombres depuis les désastres de Grèce et de Crète, au printemps de 1941. Mr. Churchill devait sentir que le moral du peuple britannique traversait une période de tourment. ”
Jack London,
Construire un feu
“ Mais, à mi-côte, celles-ci disparaissaient de nouveau sous les nuages et Fred Churchill, dans un passage spécialement mauvais, culbuta, cul par-dessus tête, et roula sans savoir où. Il atterrit, meurtri et ensanglanté, dans une sorte de trou pestilentiel, où il fut d’abord comme suffoqué. C’était là que les guides et les porteurs du Chilcoot avaient coutume de précipiter leurs bêtes épuisées ou mourantes. Le trou était plein de chevaux morts. Churchill en compta, en tâtonnant, dix-sept. Plus un dix-huitième, qui vivait encore, et qu’il acheva de son revolver. ”
Francis Charmes,
Revue des Deux Mondes
“ Pour M. Churchill, les négociations sont inutiles ; il est plus simple de procéder par des résolutions unilatérales. A quoi bon négocier ? dit-il. Le parti de l’Angleterre est pris : elle proportionnera ses armemens à ceux de l’Allemagne suivant un barème qu’elle s’est fixé à elle-même. Si l’Allemagne, par exemple, durant les six prochaines années, met en chantier successivement : 3,2, 3,2, 3,2 unités, l’Angleterre en mettra, 5,4, 5,4, 5,4. Si 1 Allemagne préfère réduire ses armemens, l’Angleterre réduira les siens et tout le monde y gagnera. ”
Raymond Poincaré,
Revue des Deux Mondes
“ Ces jours-ci encore, un Anglais, qui occupe une situation importante et qui est allé plusieurs fois à Berlin depuis la guerre, reprenait, en causant avec moi, le thème que M. Winston Churchill a développé dans son dernier discours : « L’avenir de l’Europe dépend d’une bonne entente entre l’Angleterre, la France et l’Allemagne. » ”
Charles Benoist,
Revue des Deux Mondes
“ Mais, de temps en temps, quelqu’un faisait du bruit, remuait les meubles, claquait les portes dans la chambre à côté ; et l’Entente était sur ses gardes. Aux avances du comte Czernin, M. Winston Churchill répliquait : « Ce n’est pas l’heure de parler de paix. » Il avertissait les Alliés : « On ne se doute pas combien on a été près de la victoire, avant qu’elle soit un fait acquis. » Pourtant voilà des heures, des jours, des semaines et des mois que l’Allemagne et l’Autriche nous parlent de la paix ; et, à force de nous en parler, il s’en est fallu de peu qu’elles nous en fissent parler. ”
François Musard, Les Glières : 26 mars 1944 (1975)
“ Toujours est-il qu'au lieu de rompre les ponts, elle maintint le contact. Le 1 5 avril 1943, Peter Churchill revenait de Londres... et le 1 6 au matin, Bleicher, qui n'attendait que cela, se présenta à l'hôtel de la Poste de Saint-Jorioz où il arrêta en même temps Peter Churchill et Odette. Comme son chef de réseau, Peter Churchill, dont les Allemands croyaient qu'elle était la femme, Odette connut Fresnes et les camps de la mort. Comme lui, elle échappa aux brutalités qui étaient pourtant le sort général. ”
Francis Charmes,
Revue des Deux Mondes
“ Les deux nations vont donc se battre à coups de dépenses M. Churchill a prévu le moment où, sa vieille flotte étant désormais hors d’usage, l’Angleterre devrait encore augmenter les siennes. Eh bien ! elle les augmentera : ne vaut-il pas mieux se battre sous cette forme qui ne fait couler que de l’argent que sous celle qui fait couler du sang ? Les flottes de guerre périront sans avoir été employées ; elles vieilliront même à mesure qu’on les construira ”
Bibliothèque nationale, Charles de Gaulle, la conquête de l'histoire… (1990)
“ Après l'entrevue d'Anfa, en janvier 1943, où Roosevelt et Churchill s'essayent à un rapprochement entre les généraux Giraud et de Gaulle, le président américain est confirmé dans sa conviction que tout doit être tenté pour écarter des affaires le dernier nommé. Jusqu'au printemps 1944, il exerce une pression croissante sur son homologue britannique pour agir dans ce sens. Il faut l'habileté consommée d'Anthony Eden, secrétaire aux Affaires étrangères, pour temporiser et permettre ainsi à Winston Churchill de ne pas abandonner celui à qui il a fait confiance en 1940. ”
Augustin Filon, Revue des Deux Mondes
“ Le temps viendra peut-être où la paix de l’Europe dépendra encore une fois de l’alliance de l’Angleterre avec les races latines réconciliées. Ce jour-là, lord Randolph Churchill, assagi par le pouvoir et par les années, pourrait être le meilleur ami de la France, si la France elle-même était alors en bonnes mains. Ce jour est éloigné ; bien des morts nous en séparent, et peut-être bien des naissances, beaucoup d’événemens et d’avènemens. Aujourd’hui nous sommes en quarantaine : efforçons-nous de rendre la quarantaine confortable et sûre. ”
Augustin Filon, Joseph Chamberlain et le socialisme d’État
“ On devinait dans lord Randolph Churchill, à ses débuts, l’aplomb de l’enfant gâté, qui se met à l’aise et lâche la bride à son inspiration. M. Chamberlain montrait, en tout, la circonspection de l’homme mûr qui se sent épié, surveillé par tous les regards, et qui s’avance au milieu de ses ennemis, armé de prudence et cuirassé de sang-froid. Un seul jour, ou l’a vu en colère. C’était au temps où lord Hartington était censé diriger le parti libéral. Il s’agissait de l’abolition du fouet. La modération somnolente du noble leader fit perdre patience à l’orateur radical. ”
Charles Benoist,
Revue des Deux Mondes
“ Mais aucune nation, grande ou petite, riche ou pauvre, ne vit longtemps, ou très longtemps, si la mer lui est interdite. C’est pourquoi, le 31 mai, la flotte allemande a tenté de se la rouvrir. Elle s’est aventurée hors de ce que M. Winston Churchill appelait, en langage pittoresque, « ses trous à rats. » ”
