René Moulin

Résumé

René Moulin La paix assassinée (1941)

Georges Bonnet parle avec sa netteté coutumière. Mais la gravité de la situation, l'urgence de la dénouer, cette possibilité, quasi inespérée, de sortir de l'impasse où la France s'est engagée, à la suite de l'Angleterre, rend sa parole plus ardente et plus éloquente, plus persuasive encore sa démonstration. Pendant qu'il parle, martelant ses mots, les hommes qui sont autour de lui et dont dépend la paix ou la guerre, écoutent, tous attentifs, certains avec une anxiété qu'ils ne cherchent plus à dissimuler. Pourtant, l'attitude de Daladier n'est pas sans l'inquiéter.
Source : Gallica

René Moulin La paix assassinée (1941)

Ce qu'il y a probablement de plus poignant dans ces pages de cauchemar, c'est cette suite d'occasions perdues ou volontairement écartées. Plusieurs fois le destin hésita, comme saisi de pitié devant une aussi grande infortune.
Avec, ou sans accompagnement de Marseillaise, on peut bien aligner des phrases, prononcer de grandiloquents discours, à la manière de Edouard Daladier ou de Paul Reynaud, sur l'honneur de la France, les droits de la France, les engagements de la France... est-ce que
toute cette vertueuse logomachie doit nous empêcher de voir clair et de dire le vrai ?
Source : Gallica

René Moulin La paix assassinée (1941)

Ce jour-là, à neuf heures du matin, une heure avant la réunion du Conseil, Georges Bonnet se décide à aller voir Edouard Daladier. Il l'adjure de considérer, alors qu'il en est temps encore, l'isolement — le tragique isolement — de la France, si un conflit éclate : Vous aurez deux fronts à défendre, peut-être trois. Et vous serez seul. Ni la Pologne, ni la Petite Entente n'accepteront d'être à vos côtés. Sur le concours de l'Union Soviétique, aucune illusion n'est permise. Quant au gouvernement des Etats-Unis, il m'a fait connaître qu'il ne pourrait nous donner ni un homme, ni un sou.
Source : Gallica

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