“ Knightley, qui pourtant ne danse jamais, a pitié d’elle, l’invite et la tire d’une situation mortifiante. Mrs. Elton n’est pas moins arrogante que son mari envers Harriet ; elle arrive de la ville, et veut donner le ton à tout Highbury ; elle s’efforce même de ravir à Miss Woodhouse la première place dans la petite société du village. C’est un moment difficile pour l’orgueil d’Emma. Elle cherche à venger son amie du mépris de Mr. Elton en élevant Harriet au-dessus de la femme du vaniteux pasteur, et, pour cela, songe à la marier à Frank Churchill. ”
Mr. Elton
Définition et enjeux
Citations sur “Mr. Elton”
“ Elton est un assez bon garçon et un très-respectable curé d’Highbury, mais incapable de contracter un mariage imprudent. Il connaît la valeur d’un bon revenu autant que qui que ce soit. Elton peut parler d’une manière sentimentale, mais il se conduit par les lumières de la raison. Il connaît aussi bien les prétentions qu’il peut avoir, que vous pouvez connaître celles d’Henriette. ”
“ Il paraissait, en joignant les mains des nouveaux mariés, tout disposé, le cas échéant, à tendre la sienne dans le même but. — M. Elton est un jeune homme accompli et j’ai beaucoup d’estime pour lui. ”
“ M. Elton était bien décidé à continuer son voyage et il a dit, d’un air singulier, qu’il partait pour une affaire dont aucune considération ne saurait le détourner ; il a laissé entendre qu’il s’agissait d’une commission des plus délicates et qu’il était porteur d’un dépôt extrêmement précieux. ”
“ On passe à M. Knightley ses manières décidées et son ton impératif ; sa figure, son regard, le rang qu’il occupe, semblent le lui permettre ; mais si un jeune homme s’avisait de l’imiter, il se rendrait insupportable. Je crois qu’un jeune homme, au contraire, pourrait fort bien prendre M. Elton pour modèle. M. Elton a l’humeur douce, est gai, obligeant et bien né. Il me semble que depuis quelque temps sa douceur naturelle s’est encore augmentée. Je croirais qu’il a l’intention de gagner les bonnes grâces de l’une de nous deux, Henriette, par cette douceur additionnelle. ”
Jane Austen,
Emma
(1815)
“ La femme appelle à son aide sa modestie et ses beaux habits ; mais l’homme n’a que du bon sens à invoquer, et si l’on considère la position malheureuse dans laquelle se trouvait M. Elton : dans la même chambre, il voyait la femme qu’il venait d’épouser, celle qu’il avait eu grande envie d’avoir, et enfin une autre qu’on voulait lui donner, l’on ne sera pas surpris qu’il fit triste figure, et qu’il fût mal à son aise. « Eh bien ! mademoiselle Woodhouse, dit Henriette, dès qu’elles furent sorties du presbytère, que pensez-vous de madame Elton ? N’est-elle pas charmante ? » ”
Léonie Villard, Jane Austen, sa vie et son œuvre
“ « La plupart des gens, soit qu’ils fussent disposés à l’admiration ou peu accoutumés à se former par eux-mêmes une opinion ou encore, croyant de bonne foi que la jeune mariée devait être aussi intelligente et aussi charmante qu’elle le donnait à entendre, n’avaient qu’à se trouver très satisfaits ; l’éloge de Mme Elton passa donc de bouche en bouche comme il convenait ». ”
“ Les manières de M. Elton ne sont pas parfaites, dit Emma ; mais lorsqu’il s’agit du désir de plaire, on doit tout pardonner, et c’est ce qui arrive toujours. Quand un homme, avec des talens modérés, fait tous ses efforts pour se rendre agréable, il l’emporte souvent sur l’homme qui lui est supérieur, mais qui néglige ses avantages. M. Elton est d’un si bon naturel et a tant de bonne volonté à obliger, qu’on doit lui savoir gré de posséder ces qualités. ”
John Frederick Smith, Dick Tarleton : roman anglais. Tome 1 (1879)
“ Quelque fort qu'il aime l'argent, je crois qu'il aime plus encore sa profession, et qu'il travaillerait toute une année sans honoraires plutôt : que de rester oisif un seul jour. Le connaissez-vous ? — J'ai eu occasion de me trouver avec lui, répondit M. Elton à qui s'adressait cette question, il y a près de quatre ans, à l'époque de la mort du frère cadet de sir Harry. — Pauvre Walter ! s'écria le recteur ; ils étaient tous deux mes élèves, et ils s'aimaient bien. ”
“ Au bout d’un moment, Mme Elton éleva la voix et dit : — Oui, ma bonne amie, je suis ici et depuis si longtemps, que partout ailleurs je me croirais forcée de faire des excuses ; voici la vérité : j’attends mon maître et seigneur ; il m’a donné rendez-vous. — Quoi, aurons-nous le plaisir d’avoir la visite de M. Elton ! Ce sera une véritable faveur, car je sais que les messieurs n’aiment pas à faire de visites le jour et M. Elton, en particulier, est si occupé. — Vous avez raison, Mademoiselle Bates, il est pris du matin au soir. Tout le monde a une bonne raison pour le déranger. ”
“ Devinez qui est entré dans le salon ? et Emma n’avait pas idée à qui Mme Elton voulait faire allusion. Le ton indiquait une certaine intimité. — Knightley ! continua Mme Elton, Knightley lui-même ! J’ai été d’autant plus heureuse de le rencontrer que je n’étais pas chez moi lors de sa venue à la maison. Je nourrissais un vif désir de faire la connaissance de l’ami intime de M. Elton : j’avais si souvent entendu mentionner « mon ami Knightley » ! Je dois rendre justice à mon « caro sposo », il n’a pas à rougir de son ami ; c’est bien le type de l’homme distingué ; il me plait beaucoup. ”
“ Mais M. Elton a prouvé à plusieurs égards le contraire de ce que je le croyais : orgueilleux, s’en faisant accroire, impérieux, ayant de grandes prétentions, et comptant pour rien les sensations d’autrui. Contradictoirement au cours naturel des choses, en voulant faire la cour à Emma, M. Elton perdit beaucoup dans son esprit. Ses propositions et ses offres lui furent inutiles. Elle dédaignait son attachement, et se croyait insultée par l’espoir qu’il avait conçu. Il désirait se bien marier ; et ayant l’arrogance de jeter les yeux sur elle, il se prétendit amoureux ”
“ Vous avez parfaitement raison, madame Weston, dit vivement M. Knightley, mademoiselle Fairfax est aussi capable que nous de juger de madame Elton. Si elle eût pu choisir sa société, elle ne l’eût pas préférée ; mais (avec un souris de reproche à Emma) elle reçoit de madame Elton des attentions que personne ne lui offre. ”
“ Après quelques instants de silence, Jean Knightley dit : — Je n’ai jamais rencontré de ma vie un homme plus désireux de se faire bien venir que M. Elton ; il apporte à gagner la bonne grâce des dames une application presque pénible. Entre hommes, il peut être raisonnable et simple, mais en présence de personnes du sexe, il se dépense avec excès : chacun des traits de son visage est en mouvement. — Les manières de M. Elton ne sont pas parfaites, reprit Emma, mais lorsque l’intention est droite il convient de passer sur beaucoup de choses. ”
“ M. Elton, du reste, s’ingéniait à attirer l’attention de sa voisine sur sa mine réjouie et ne cessait de lui adresser nominativement la parole. En dépit de son désir, elle ne pouvait faire autrement que de penser : « Serait-il possible que mon beau-frère eût deviné juste ? Cet homme est-il en train de me transférer l’affection qu’il avait vouée à Harriet ? Voilà ce que je ne saurais tolérer ! » ”
Jane Austen,
Emma
(1815)
“ Que M. Elton soit véritablement amoureux de moi, de moi qui ne le connaissais pas assez à la St.-Michel, pour oser lui parler ! Et lui le plus bel homme qui fût jamais, un homme que tout le monde respecte autant que M. Knightley ! dont la compagnie est si recherchée, que tout le monde dit que s’il prend un repas seul, c’est qu’il le veut bien, et qu’il reçoit plus d’invitations qu’il n’y a de jours dans la semaine, et si grand prédicateur ! Mademoiselle Nash a pris par écrit le texte de tous ses sermons, depuis qu’il est arrivé à Highbury. ”
“ Mais l’intelligence de M. Elton n’était nullement obscurcie ; il protesta avec chaleur contre une imputation aussi injurieuse ; il exprima le respect que lui inspirait Mlle Smith tout en s’étonnant que le nom d’Harriet eût été prononcé en cette circonstance ; il reprit alors le sujet qui l’intéressait, donna de nouvelles assurances de sa passion et se montra très désireux d’obtenir une réponse favorable. Et s’apercevant que M. Elton avait conservé en grande partie son sang-froid, Emma jugea d’autant plus sévèrement son inconstance et sa présomption. ”
“ C’était pour elle une grande consolation que M. Elton ne peut être assez amoureux d’elle, et qu’il ne fût pas assez aimable pour qu’elle eût aucun regret de voir ses espérances déçues. Elle en goûtait une autre, c’est que les sensations d’Henriette n’étaient pas d’une nature à jeter de profondes racines, et que d’ailleurs personne autre que les trois parties principales n’ayant aucune connaissance de ce qui était arrivé, son père n’en pourrait être affecté. ”
“ Madame Elton se tournant vers madame Weston lui dit : « Je ne doute pas que ce ne soit notre voiture qui amène mesdemoiselles Bates et Fairfax. Notre cocher et nos chevaux sont si actifs, je ne crois pas que personne soit mené comme nous. Quel plaisir de pouvoir envoyer sa voiture à des amis ! J’ai appris que vous aviez fait offrir la vôtre ; mais à l’avenir, c’est inutile : je me charge du soin de ces dames. » ”
“ Toutes ces conversations des Elton, des Collins, des Bertram, qui ont séduit les intelligences les plus raffinées, sont faites de lieux communs, de réflexions vulgaires, qui rapprochés éveillent des pensées nouvelles et mettent en lumière des traits de caractère inaperçus dans la vie réelle. ”
Jane Austen,
Emma
(1815)
“ Il lut tout avec attention, sans faire la moindre remarque ; et, excepté un coup d’œil qu’il eut soin de tempérer, de peur de lui faire de la peine, il ne resta aucun souvenir de Box-Hill. « On ne peut pas dire grand’chose sur la délicatesse de nos bons amis les Elton, fut la remarque qu’il fit. Ses sentimens sont assez naturels. Quoi ! elle est résolue de rompre avec lui ! Elle sent que leur engagement est une source de repentirs et de malheurs. Elle le dissout. On voit par-là ce qu’elle pense de sa conduite ! C’est un trait extraordinaire. » ”
Edward Bulwer-Lytton,
Alice, ou les Mystères
(1838)
“ Eh bien, monsieur, c’est cette pauvre mistress Elton qui se meurt ; on dit qu’elle ne passera pas la nuit : or, quand votre voiture a passé devant ses fenêtres, la garde-malade lui a dit que c’était le Squire qui revenait, et elle a envoyé la garde pour vous supplier, monsieur, d’aller la voir, avant qu’elle meure. ”
“ Il y a une autre considération dont vous ne parlez pas, c’est que madame Elton ne s’exprime pas avec mademoiselle Fairfax dans les termes dont elle se sert quand elle fait mention d’elle ailleurs. Nous connaissons tous la différence qui existe entre les pronoms il et elle et toi, dont nous nous servons entre intimes, car nous sentons tous qu’il y a quelque chose au-dessus de la civilité ordinaire, absolument nécessaire au commerce personnel que nous avons les uns avec les autres. ”
“ L’interpellé se déclara trop heureux de se rendre utile. Harriet écoutait et Emma dessinait en paix. Elle dut pourtant autoriser M. Elton à venir de temps en temps jeter un coup d’œil et celui-ci s’extasiait à chaque progrès ; c’était un critique encourageant qui distinguait la ressemblance avant même que les éléments constitutifs en fussent assemblés ! Si Emma tenait en petite estime la compétence artistique de M. Elton, elle ne pouvait que se réjouir de son aveuglement d’amoureux. ”
John Frederick Smith, Dick Tarleton : roman anglais. Tome 1 (1879)
“ La police, avec toute son adresse, aura peine à obtenir la preuve que ce coffret a été en mon pouvoir. Oui, je puis les braver. Elton est un sot, un idiot, ajouta-t-il, de me faire ainsi la guerre. Les armes sont inégales. Il n'a d'autre soutien que la simple honnêteté de ses intentions et ce qu'il appelle son intégrité ; moi, j'ai l'expérience d'une vie pleine de dangers et d'aventures. ”
“ Elle savait que le temps seul pouvait la guérir complètement. Elle ne se croyait pas juge compétent sur une pareille matière, en général, ni en état de sympathiser avec un attachement qui avait M. Elton pour objet ; mais il lui paraissait raisonnable qu’à l’âge d’Henriette, sans la moindre espérance d’être payée de retour, elle pourrait faire assez de progrès vers sa guérison, avant le retour de M. Elton, pour jouir d’une tranquillité d’esprit qui lui permettrait de le voir comme une ancienne connaissance, sans courir les risques de sentir revivre ses sentimens pour lui, ou les augmenter. ”
Jane Austen,
Emma
(1815)
“ Étant premier domestique et valet d’écurie à la Couronne, il est assez bien, mais cependant il ne peut pas, sans ce secours, pourvoir à tous les besoins de son père. M. Elton nous dit tout cela en rentrant, ensuite il ajouta qu’on avait conduit une chaise de poste à Randalls, pour M. Frank Churchill, qui voulait se rendre sur-le-champ à Richemont. Voila ce qui arriva avant le thé, et ce ne fut qu’après l’avoir pris que Jeanne parla à madame Elton. ”
“ M. Elton protesta ; il n’avait jamais cultivé ce genre de littérature. Il craignait que Mlle Woodhouse et, ajouta-t-il après une pause, ou Mlle Smith ne puissent l’inspirer. Dès le lendemain néanmoins elles eurent la preuve du contraire. M. Elton en arrivant déposa sur la table une feuille de papier où il avait transcrit, dit-il, une charade qu’un de ses amis venait d’adresser à une jeune fille, objet de son admiration. Mais d’après le style Emma fut immédiatement convaincue que l’œuvre était du crû de M. Elton. ”
Edward Bulwer-Lytton,
Alice, ou les Mystères
(1838)
“ Hélas ! quand on aime bien, il est difficile de s’imaginer qu’on n’est pas payé de retour ! Le lecteur connaît les aventures de mistress Elton, seule confidente du mariage secret de Templeton avec la mère d’Éveline. Par une singulière fatalité, ce fut l’insouciance égoïste et caractéristique de lord Vargrave qui, en fixant la demeure de cette femme à Burleigh, prépara les voies à la découverte de l’infâme imposture qu’il avait ourdie. ”
“ Harriet ne se plaignait pas ; elle jugeait que l’affection d’un homme tel que M. Elton eût été disproportionnée avec son mérite, et elle pensait que personne, sauf une amie telle que Mlle Woodhouse, n’aurait jugé la chose possible ; elle pleura abondamment mais son chagrin était si naturel qu’aucune attitude de dignité n’aurait pu être plus touchante. Emma l’écouta et essaya de la consoler avec tout son cœur et son intelligence ; Elle était véritablement convaincue dans cet instant qu’Harriet était des deux la créature supérieure. Elle aurait voulu lui ressembler. ”
“ « Oui, excellent jeune homme, pensa Emma, mais ceci n’a rien à voir avec le don de la ressemblance ! Vous n’y entendez rien ! Ne simulez pas l’admiration pour ma peinture ; gardez là plutôt pour Harriet ! » Puis elle reprit : — Eh bien ! Monsieur Elton, puisque vous m’encouragez si aimablement, je crois que je vais essayer mes forces ; les traits d’Harriet sont si fins qu’il sera difficile d’en rendre toute la délicatesse ; cependant il y a dans la forme de l’œil et dans le contour de la bouche quelque chose de si caractéristique que la ressemblance ne doit pas être impossible à saisir. ”
“ Harriet, il est vrai, continuait à voir en M. Elton toutes les perfections et elle persistait à le considérer comme supérieur à tout le monde, au physique comme au moral ; mais comme d’autre part Harriet acceptait sans aucune arrière-pensée la nécessité de lutter contre un attachement aussi stérile, Emma jugeait impossible que, dans ces conditions, Harriet persistât à placer son bonheur dans un amour sans espoir. ”
John Frederick Smith, Dick Tarleton : roman anglais. Tome 1 (1879)
“ Je parierais ma vie que cet intrigant d'Elton est au fond de tout celai. Mère, reprit Roderick après une pause, j'ignore où vous avez acquis votre savoir, mais il est certain que vous possédez d'étranges talents. Ne pourriez-vous me préparer un onguent pour frotter une lame dont la moindre piqûre serait ensuite mortelle? — J'en ai un pareil, et je vous l'apporterai au manoir. — N'a-t-il pas peut-être perdu sa vertu? ”
