“ Ce n’est pas un fantôme qui surgit sur les flots et que le vent emporte... C’est vous, vous, ô ma sœur de désespoir, qui m’évoquez ma reine. Oh ! demeurez ainsi, immobile, rigide sous la robe de deuil... car je la reconnais. Ce n’est plus Marie-Reine que je porte en cette barque, c’est la Reine Marie... ”
Reine Marie
Définition et enjeux
Citations sur “Reine Marie”
Edmond de Goncourt,
Histoire de Marie-Antoinette
“ La Reine, en robe de percale blanche, en fichu de gaze, en chapeau de paille, courait les jardins, allait de sa ferme à sa laiterie, menait son monde boire son lait et manger ses œufs frais, entraînait le Roi, du bosquet où il lisait, à un goûter sur l'herbe, tantôt regardait traire les vaches, tantôt péchait dans le lac, ou bien, assise sur le gazon, se reposait de la broderie et du filet en épuisant une quenouille de villageoise [192] . Ces jeux faisaient le bonheur de Marie-Antoinette. ”
Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand, La jeunesse de la reine Marie-Amélie… (1891)
“ C'est bien ainsi que nous nous figurons la reine MarieCaroline : extrême dans le bien et dans le mal, irascible, altière, passionnée, ayant soif de plaisir et de domination, ardente comme toutes les femmes qui se mêlent de politique, impétueuse dans ses affections et dans ses ressentiments ”
Musée de Picardie, Catalogue raisonné et descriptif des ouvrages de peinture et de sculpture exposés dans le Musée de Picardie… (1878)
“ La reine Marie est représentée assise à table, à droite, tenant un verre d'une main ; de l'autre elle encourage ses amis éplorés, agenouillés autour de la table, et prêts à vider leurs coupes selon sa volonté. Cette triste scène est éclairée par un lustre dont la lumière lutte avec les rayons de la lune qu'on aperçoit à travers une croisée placée à droite. Dans le fond, à gauche, du côté opposé à la reine, une dame entre, tenant une bougie dont elle protège la flamme de la main droite. ”
Léon Boucher, Un Drame historique en Angleterre…
“ Si par drame, et c’est le langage de certains critiques que nous reproduisons ici, on entend une action déterminée ayant un commencement, un nœud et un dénoûment, la Reine Marie ne justifie guère son titre. Avoir fort envie de se marier, épouser un prince peu aimable, être très malheureuse en ménage, chercher dans la persécution des hérétiques une consolation insuffisante, et mourir de la fièvre dans son lit, voilà bien des choses sans doute, et pourtant vous aurez beau les réunir, vous n’y trouverez pas, à proprement parler, une action dramatique. ”
Lucien Perey, Une reine de douze ans, Marie-Louise-Gabrielle de Savoie… (1905)
“ Nous sommes tous en gala pour la déclaration du mariage, écrit Louville ; tout le monde a baisé la main au roi pour cela. Le portrait de la reine est exposé dans la galerie. Le peuple est ravi de ce que c'est une nièce de la feue reine Marie-Louise qu'ils adoraient, de ce qu'elle est sa filleule et de ce qu'elle s'appelle Marie-Louise, comme elle; ils disent que le roi défunt et la reine, sa première femme, sont convenus dans le ciel de marier ensemble le roi son neveu et la reine sa nièce. ”
Émilien Cazes, Le Château de Versailles et ses dépendances… (1910)
“ La reine Marie-Antoinette était dans tout l'éclat de sa jeunesse et de sa beauté. Dans le bal masqué donné en 1775, en l'honneur du mariage de Madame Clotilde, elle parut comme une déesse. « On ne pouvait avoir des yeux que pour la Reine, s'écrie Walpole; les Hébé et les Flore, les Hélène et les Grâces ne sont que des coureuses de rue à côté d'elle. Quand elle est debout ou assise,- c'est la statue de la beauté ; quand elle se meut, c'est la grâce en personne. » ”
Marcelle Tinayre,
La Vie amoureuse de Madame de Pompadour
“ Bien des cœurs faciles s’émeuvent sous les dominos. Le flot soyeux des jupes larges, le piétinement nerveux des petits souliers entourent le cortège qui s’avance... Voici la reine Marie, aimable sans beauté, et, bien avant l’âge vieille dame délicieuse, appuyée sur le bras de son chevalier d’honneur ; voici le petit couple princier, les époux adolescents, héros de la fête, le Dauphin et la Dauphine, travestis, lui, en jardinier, elle, en bouquetière... Voici le duc et la duchesse de Chartres... Mais le Roi... ”
Edmond de Goncourt,
Histoire de Marie-Antoinette
“ Tout le courage de Marie-Antoinette, tout son amour de la vie, ce n’est plus que ce bel enfant, son dernier né, le duc de Normandie, pauvre enfant venu au monde sans acclamations, sans vivats, bercé au refrain de la calomnie, et que la Reine aime d’autant plus. Toute son âme, c’est l’âme de sa fille, qu’elle guide à ses vertus, à la bienfaisance, à la charité. ”
Edmond de Goncourt,
Histoire de Marie-Antoinette
“ Si la jeune Reine avait ses grâces contre elle, le jeune Roi avait contre lui des orages, des colères, une brusquerie qui s’oubliait jusqu’aux jurons, une brutalité de premier mouvement et où le cœur n’entrait pas, mais qui allait jusqu’à la diminution de la dignité royale. Le jeune Roi était empêché de plaire à la Reine par cette timidité de résolution, cette humilité de volonté, cette défiance de lui-même et de son âge dans laquelle l’entretenait le vieux Maurepas. C’est le lot de la femme d’aimer l’audace, les cœurs hardis, les coups soudains : le caractère lui parle d’abord et la domine ”
Eugène Forcade, Revue des Deux Mondes
“ Parmi ces femmes, il en est une qui les domine toutes, qui est hautement hors de pair, moins encore par sa couronne et sa naissance que par la grandeur de son infortune et de son âme ; c’est l’héroïne du Temple et de la Conciergerie, la plus attrayante des femmes et la plus noble des victimes, la reine Marie-Antoinette. ”
Jeanne Louise Henriette Campan,
Mémoires sur la vie privée de Marie-Antoinette
(1822)
“ Qui aurait osé combattre par de froids ou solides raisonnemens les amusemens d’une reine vive, jeune et jolie ? Une mère, un mari seuls en auraient eu le droit ; et le roi ne portait aucun obstacle aux volontés de Marie-Antoinette ; sa longue indifférence avait été suivie d’un sentiment d’admiration et d’amour : il était esclave de tous les désirs de la reine qui, charmée du changement heureux qui s’était opéré dans le cœur du roi et dans ses habitudes, ne cachait point assez la satisfaction qu’elle en éprouvait, ni l’ascendant qu’elle prenait sur lui. ”
Edmond de Goncourt,
Histoire de Marie-Antoinette
“ Quels plaisirs à cent lieues de Versailles! Plus de cour, qu'une petite cour d'amis, que sa vue basse n'avait point besoin de reconnaître avec le lorgnon caché au milieu de son éventail; plus d'ennuis, plus de couronne ni de grands habits: la Reine n'était plus la Reine à Trianon; à peine y faisait-elle la maîtresse de maison. C'était la vie de château avec son train facile, et toute l'aisance de ses usages. L'entrée de Marie-Antoinette dans un salon ne faisait quitter aux dames ni le piano-forte ni le métier à tapisserie, aux hommes ni la partie de billard ni la partie de trictrac. ”
Marie-Antoinette d’Autriche, Lettres de Marie-Antoinette : recueil des lettres authentiques de la reine
“ « J’ai reçu votre chère lettre, et j’ai été affligé comme vous de toutes les horreurs qu’on imprime et répand contre la Reine de France ; mais que faire avec des insolents et des fous ? On ne revient pas non plus de l'idée que ma sœur m’a envoyé secrètement des millions, pendant que je ne sais ni le pourquoi ni comment j’aurais pu les demander, ni elle me les faire tenir ; je n’ai jamais vu un sou de la France. » ”
Adèle d’Osmond,
Mémoires de la comtesse de Boigne
“ « Marie était trop parfaite pour ce monde ; nous ne la comprenions pas ; elle planait trop au-dessus de nous. » Mais alors, elle, aurait mieux aimé qu’elle fût plus terre à terre dans le salon, et je l’ai souvent vue souffrir de ses réticences peu obligeantes. Ce qui m’a fait naître l’idée des instincts princiers que la princesse Marie possédait sans s’en douter, c’est qu’elle n’était jamais si heureuse que pendant les visites prolongées qu’elle faisait à la reine des Belges que les habitudes allemandes de son mari ont entourée de la plus étroite et minutieuse étiquette. ”
Edmond de Goncourt,
Histoire de Marie-Antoinette
“ Il convient de montrer d’abord la position de la Reine ; de chercher ses appuis, ou du moins ses consolations contre les passions déchaînées d’un peuple ; de dire sa situation vis-à-vis de son mari, de sa famille, des salons, des puissances, de Versailles, de Paris, de l’Europe. Louis XVI aimait la Reine. Il l’aimait d’un amour que les Bourbons n’avaient accordé jusqu’alors qu’à leurs maîtresses ; et c’est une remarque fort juste d’un contemporain, qu’en héritant d’un pareil amour, Marie-Antoinette avait aussi hérité des haines et des ennemis d’une maîtresse de Roi [1] . ”
Edmond de Goncourt,
Histoire de Marie-Antoinette
“ Marie-Antoinette ne peut se donner à ses chagrins et se laisser aller, sans mouvement, au désespoir, à la paresse, au repos des grandes douleurs. La Reine doit à toute heure se posséder, se vaincre et se surmonter. Elle doit, telle est la position que lui fait la faiblesse de Louis XVI, conseiller à tout moment le Roi et le faire à tout moment vouloir. ”
Louis Morin,
Histoires d'autrefois. 2, Le cabaret du Puits-sans-vin…
(1885)
“ Nous vivons aujourd'hui dans des temps moins troublés, la bonne fortune du Puits-sans-Vin en est la preuve, et, puisque notre reine Marie favorise les beaux esprits, profite de celui que tu as pour gagner quelque bonne place auprès d'elle. Quelqu'un de ces messieurs te présentera ; va, sois honnête homme, crains Dieu, aime ton père, ta mère et le roi. ”
Edmond de Goncourt,
Histoire de Marie-Antoinette
“ La Reine fut admirable de patience et de sang-froid: elle força sa dignité à l'humilité; elle défendit l'indignation à sa fermeté; elle répondit à la calomnie par une syllabe de dénégation, à l'absurde par le silence, au monstrueux par le sublime. La Reine ne consentit à se justifier que pour justifier les autres, et, dans ces longs débats, pas une parole ne lui échappa qui pût mettre un dévouement en péril ou la conscience de ses juges en repos. ”
Marie de France, Poésies de Marie de France
“ La reine irritée saisit sa fille par le bras, l’accable d’injures ; les deux amants sont séparés, la jeune fille est étroitement renfermée, et le roi est invité de faire veiller de près sur la conduite de son fils. Quel est le chagrin des jeunes gens ! Le prince ne pouvant supporter l’absence de son amie, il prend en haine la maison paternelle et veut l’abandonner. Dans ce dessein il va trouver le roi et lui parle en ces termes : Sire, je viens vous demander une grace, et j’ose espérer que vous ne me la refuserez pas. Je veux être armé chevalier, je veux aller en pays ”
Antonin Lhoumeau, La vie spirituelle à l'école du Bx L.-M. Grignion de Montfort… (1926)
“ Quand la divine Marie est Reine dans une âme, quelles merveilles n'y fait-elle point ?. Elle porte dans tout l'intérieur où elle est la pureté de cœur et de corps, la pureté dans les intentions et les desseins. ”
“ Partout on crie : Vive le roi ! vive la reine ! Tant de fleurs, tant de lumières, tant de feux irisant les voûtes dorées, tant de joyeuses idées illuminant les fronts, tant d’éclairs loyaux jaillissant du front de ces braves ! C’était un spectacle qui eût été bien doux à voir pour la reine, bien rassurant à voir pour le roi. Ce roi si malheureux, cette reine si triste, que n’assistaient-ils à une pareille fête. D’officieux serviteurs se détachent, courent chez Marie-Antoinette, lui racontent, lui exagèrent ce qu’ils ont vu. Alors l’œil éteint de la femme se ranime, elle se soulève. ”
Alexandre Dumas,
Le Collier de la Reine, Tome II
“ Jamais l'affluence n'avait été aussi grande à la cour; jamais la curiosité n'avait aussi profondément fouillé les traits d'une reine en péril. Marie-Antoinette fit face à tout, terrassa ses ennemis, enivra ses amis; changea les indifférents en zélés, les zélés en enthousiastes; et parut si belle et si grande que le roi lui en adressa publiquement ses félicitations. ”
Edmond de Goncourt,
Histoire de Marie-Antoinette
“ Qui la reconnaîtrait, cette femme, cette Reine si jeune hier, hier la reine de la mode et du plaisir; cette bergère de Trianon, occupée de badinages et d'élégances? Imaginez-la enlevée tout à coup à ces jeux de la pensée, à ces divertissements du goût, à la pastorale, aux rubans, à sa vie, presque à son sexe! Adieu le spectre léger de la grâce! Du gouvernement de ces riens charmants, elle monte, grandie soudain, au plus grand et au plus sévère des affaires humaines. ”
Maxime de La Rocheterie, Histoire de Marie-Antoinette, Volume 1…
“ «Tout dépend que cette princesse,—la Reine,—veuille bien surmonter un peu sa répugnance pour tout objet sérieux; qu'elle daigne écouter avec attention et méditer un peu sur ce qu'on lui expose en ce genre. Son esprit et son discernement naturel la feront toujours agir avec justesse, soit relativement aux choses ou aux circonstances.» ”
Jeanne Louise Henriette Campan,
Mémoires sur la vie privée de Marie-Antoinette
(1822)
“ La reine fait semblant d’être mal avec un personnage aussi marquant à la cour ! Les souverains font plutôt semblant d’être bien. Elle a fait semblant quatre ans de suite de ne pas vouloir acheter ni accepter votre collier ! Elle l’achète et fait semblant de ne s’en point souvenir, puisqu’elle ne le porte pas ! Vous êtes fou, mon pauvre Bœhmer, et je vous vois entortillé dans une intrigue qui me fait frémir pour vous et m’afflige pour Sa Majesté. ”
comtesse de Louise-Eléonore-Charlotte-Adélaide d'Osmond Boigne, Récits d'une tante (Vol. 4 de 4…
“ Quoique je n'eusse aucune liaison particulière avec la princesse Marie, l'habitude de la voir dès sa plus tendre enfance et peut-être aussi mon caractère me donnaient mon franc parler avec elle, et je lui répondis: «Si Madame assistait un peu plus la Reine, sa tâche serait moins difficile.—Moi! j'en serais bien fâchée; je n'y entends rien.—Tant pis, Madame, car c'est votre métier. Chacun a le sien dans le monde, et si vous saviez combien un mot obligeant, une mine gracieuse des personnes de votre rang donnent de popularité et attirent de partisans!» ”
Marie-Louise Frossard, enfant de Marie… (1884)
“ Montrer les arts eux-mêmes, tributaires de notre grande Reine, servant à l'exalter et lui devant leurs plus nobles inspirations ; En un mot, parler sans cesse des vertus de Marie, des exemples qu'elle nous donne et des offices qu'elle remplit si charitablement envers nous, de sa gloire et de sa puissance, de son amour et de sa compassion pour les hommes: Voilà notre but, voilà notre programme. ”
Edmond de Goncourt,
Histoire de Marie-Antoinette
“ Son salon dans la grande salle de bois de Versailles. La Reine de France n’est plus la jolie ingénue de l’île du Rhin : elle est la Reine, une reine dans tout l’éclat, dans toute la fleur et toute la maturité, dans tout le triomphe et tout le rayonnement d’une beauté de reine. Elle possède tous les caractères et toutes les marques que l’imagination des hommes demande à la majesté de la femme : une bienveillance sereine, presque céleste, répandue sur tout son visage ; une taille que madame de Polignac disait avoir été faite pour un trône ”
Auguste Lefranc, L'événement de Pontmain, raconté et discuté (1923)
“ Marie portait à juste titre un diadème d'or. Elle est reine et elle est la mère du Roi des rois. Lé diadème semblait énorme, massif, fondu d'un seul jet dans les ateliers du ciel. Les enfants ne savaient comment décrire cet extraordinaire couronnement. Le bloc d'or était comme coupé par un liséré rouge, couleur de sang, comme pour indiquer que Marie est arrivée à la gloire par la douleur. On comprend que le mystérieux vêtement de la reine des mondes fût semé d'étoiles d'or. A La Salette. Marie avait des roses sur ses vêtements ”
Edmond de Goncourt,
Histoire de Marie-Antoinette
“ Et quand cette jeune Reine venait dans son atelier de serrurerie partager ses goûts, et presque ses travaux; quand dans la petite cour des Cerfs où le Roi aidait des maçons, fraîche comme le rose tendre de sa robe légère, Marie-Antoinette gâchait du plâtre auprès de lui, et en couvrait sa robe, ses manchettes et ses jolies mains [124] , des tendresses d'une douceur inconnue tressaillaient en lui. Une admiration émue le menait à l'amour. ”
Jeanne Louise Henriette Campan,
Mémoires sur la vie privée de Marie-Antoinette
(1822)
“ La religieuse se retire pénétrée de reconnaissance pour l’aimable inconnue qui vient de lui marquer tant de bonté ; mais à peine a-t-elle fait quelques pas, qu’elle se reproche de n’avoir pas cherché à connaître son nom. Elle retourne vers la fenêtre, la reine y était encore : « Pardonnez, Madame, lui dit-elle, à la curiosité qui me ramène ; je voudrais bien savoir qui est la dame qui m’honore si généreusement de sa protection ? » — La princesse, en lui souriant d’un air plein de bonté, lui répond : « N’en dites rien, c’est la reine... » ”
Charles Calemard de La Fayette,
Vie de Mgr J.-A.-V. de Morlhon…
(1863)
“ C'est donc par le suffrage universel de la France que Marie, Reine par le triple droit de la naissance, de la conquête et d'une possession séculaire, est aujourd'hui proclamée de nouveau la Reine d'élection de ce noble empire. Ne devons-nous pas nous féliciter, nous à qui la France confie le soin d'exprimer à cette auguste Reine sa reconnaissance, son amour et son dévouement ? ”
