Jean Anthelme Brillat-Savarin,
Physiologie du goût
(1879)
“ La même chose se passe encore, mais avec bien plus d'énérgie, quand le goût doit être désagréablement affecté. Voyez ce malade que la Faculté contraint à s'ingérer un énorme verre d'une médecine noire, telle qu'on les buvait sous le règne de Louis XIV. L'odorat, moniteur fidèle, l'avertit de la saveur repoussante de la liqueur traîtresse; ses yeux s'arrondissent, comme à l'approche du danger; le dégoût est sur ses lèvres, et déjà son estomac se soulève. Cependant on l'exhorte; il s'arme de courage, se gargarise d'eau-de-vie, se serre le nez, et boit. ”

