Jean-Antoine-Nicolas de Caritat marquis de Condorcet

Élements biographiques

Jean-Antoine-Nicolas de Caritat marquis de Condorcet Oeuvres de d'Alembert. Sa vie, ses oeuvres… (1853)

O nature ! ô destinée ! je me soumets à ce fatal arrêt de mon sort , comme une innocente et malheureuse victime ; je vois , avec Horace , la fatalité enfoncer ses clous de fer sur ma tête infortunée ; je me plonge , tête baissée , dans le malheur qui m' environne de toutes parts et qui semble prêt à m' engloutir . Non-seulement je n' espère plus le bonheur , je ne songe pas même à le rechercher : je m' en ferais un reproche et presque un crime . Non , non , non , ma chère Julie , je ne veux , après vous , être aimé de personne : je me mépriserais d' en aimer une autre que vous .
Source : Gallica

Jean-Antoine-Nicolas de Caritat marquis de Condorcet Oeuvres de d'Alembert. Sa vie, ses oeuvres… (1853)

A force de crier partout philosophie , je crains que nos sages ne lui fassent tort . Pour être respectée , il ne faut pas qu' elle se prostitue , encore moins qu' elle se laisse voir sous une forme désavantageuse . Si elle se trouve emprisonnée et mal à son aise dans des vers durs , faibles ou prosaïques , ses ennemis , toujours empressés à la trouver en faute , s' écrieront avec satisfaction : « Voilà à quoi s' expose le poëte qui se fait philosophe . » Ils devraient dire tout au plus : « Voilà à quoi s' expose le philosophe qui n' a pas ce qu' il faut pour être poëte . »
Source : Gallica

Jean-Antoine-Nicolas de Caritat marquis de Condorcet Oeuvres de d'Alembert. Sa vie, ses oeuvres… (1853)

Les devoirs mutuels du gouvernement et des membres sont le fondement de la véritable liberté du citoyen , qu' on peut définir la dépendance des devoirs , et non des hommes . Plus le principe du gouvernement s' éloigne de cet esprit de liberté , plus l' État est voisin de sa ruine : le despotisme porte en lui-même sa cause de destruction , parce qu' une troupe d' esclaves se lasse bientôt de l' être , ou se laisse facilement subjuguer par les États voisins . Le tyrannicide est né du pouvoir arbitraire , et les peuples que la religion n' a pas éclairés ont honoré ce crime comme une vertu
Source : Gallica

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