Jean Canora

Élements biographiques

Jean Canora Poèmes

J’ai versé dans ton cœur ma jeunesse et ma grâce...
Mais l’acte, par lequel s’éternisent les races
Et l’éphémère humain s’affirme et s’ennoblit,
L’acte ardent et sacré ne s’est pas accompli.
Car je ne pouvais pas, à l’heure solennelle
De me donner à toi, bien toute, d’être celle
Qui ne se croirait plus que ton âme et ta chair,
Garder l’ombre d’un autre au fond de mes yeux clairs...
Le fuir était trop lâche et le trahir infâme...
Mais plus encor, sentir quand tout mon corps se pâme,
Baigné de volupté sous ton cœur triomphant,
L’effroi de ce qui fut notre rêve... un enfant...
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Jean Canora Poèmes

Sans toi, je n’étais plus qu’une obscure douleur,
Car le poète, hélas, n’aime l’âme des choses
Que s’il la peut surprendre au miroir de son cœur !
la femme
Il est vrai, comme aux golfes bleus, les balancelles
Vers le ciel écrasant tendent leurs tristes ailes
Sans qu’un souffle léger les porte à l’horizon...
Comme aux matins ardents, sans goutte de rosée,
Laissant s’appesantir leur corolle épuisée,
Les myosotis las penchent sur les gazons...
Tel, le cœur débordant de doute et de souffrance,
Lorsque je m’en revins au doux pays de France,
Ô mon poète cher, tu m’apparus un jour !
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Jean Canora Poèmes

Et l’encens capiteux des souples cheveux bruns,
Où tout ce qui bruit et tout ce qui respire
Ne mettrait son murmure et son souffle, où le ciel,
Où le soleil ardent dont la terre est l’empire,
N’apparaîtraient aux yeux, comme un cadre éternel
Au cortège incessant des peuples et des races ! —
Mais enfin, j’ai compris que la pure splendeur,
Qui semblait résider dans le temps et l’espace,
N’existe que par l’homme et grandit en son cœur.
Pour lui, le soleil brille et la terre est fleurie,
L’univers n’est plus rien, lorsque l’esprit s’endort.
Le monde est mon autel.
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