Jules Sageret

Élements biographiques

Jules Sageret,  Paul le nomade (1910)

“ Paul se disait :
« Marguerite croit fermement à l'immortalité de l'âme et au bonheur éternel. Je suis sûr qu'elle se trompe : nous mourrons tout entiers. Mais, comme elle ne pense pas à l'enfer pour elle, ni pour les siens, son erreur ne lui cause aucun préjudice. Si, à l'instant de sa mort, elle s'imagine entrer au paradis, elle n'aura aucune désillusion le moment d'après, puisqu'elle ne sentira plus rien. Et moi, quand je serai avec elle dans le néant, je n'aurai pas la satisfaction de m'écrier : « Je te l'avais dit ! » faute de pouvoir triompher
sans exister...
”
Source : Gallica

Jules Sageret,  Paul le nomade (1910)

“ Aujourd'hui tout le monde peut arriver.
— Je ne veux arriver à rien ! dit un jour Paul, pour en finir.
Marguerite, aiguillée par ces mots sur une voie fâcheuse, rappela qu'elle avait quitté le nom de Sart pour celui de Méliande : en stricte justice, Paul avait le devoir de s'illustrer un peu. Et il s'entendit faire une morale presque quotidienne où on l'écrasait d'Émile Sart.
« Tes ongles !... » — « Tes mains !... » — « Tu ne sais pas te faire valoir... » — « Tout le monde peut arriver... » — « Vois papa, imite papa !... »
”
Source : Gallica

Jules Sageret,  Paul le nomade (1910)

“ C'était Albert.
— J'ai cru pendant le dîner que vous étiez à l'unisson de la famille, répondit Paul. Cela me fait du bien de sentir, à votre ton, que je me suis trompé : on n'aime pas à se trouver seul de son espèce, parmi les gens d'une autre espèce.
— Comme une poule dans la cage aux lapins, fit Albert. Les lapins murmurent : « Est-il permis d'avoir des plumes ?... Avons-nous des plumes, nous ?... » Ah ! je peux me vanter de mon toupet. J'ai maintenu votre droit à être ce que vous étiez. « On n'abandonne pas sa femme ! » criait papa.
”
Source : Gallica

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