Jules Sageret, Paul le nomade (1910)
“ Paul se disait : « Marguerite croit fermement à l'immortalité de l'âme et au bonheur éternel. Je suis sûr qu'elle se trompe : nous mourrons tout entiers. Mais, comme elle ne pense pas à l'enfer pour elle, ni pour les siens, son erreur ne lui cause aucun préjudice. Si, à l'instant de sa mort, elle s'imagine entrer au paradis, elle n'aura aucune désillusion le moment d'après, puisqu'elle ne sentira plus rien. Et moi, quand je serai avec elle dans le néant, je n'aurai pas la satisfaction de m'écrier : « Je te l'avais dit ! » faute de pouvoir triompher sans exister... ”
