Amédée Pigeon,
La confession de Madame de Weyre
(1886)
“ De quelle voix Ninet lut au grand maître la plus chlorotique des Chloroses, on peut le deviner. Mais ce qui est impossible à dire, c'est le beau, l'héroïque sourire de l'excellent Matassin, qui, de peur de décourager un poète, avait avalé sans sourciller, lui, le mangeur de piments et le buveur de raki, la poésie fadasse et incolore du doux Ninet. Depuis qu'il s'était résolu à critiquer, Matassin s'était juré de faire du bien aux poètes, et, réservant sa haine aux seuls épiciers, d'être pour les débutants et les nouveau-nés de la lyre le critique qui ne passe qu'une fois. ”

