Paul d’Estournelles de Constant

Élements biographiques

Portrait de Paul d’Estournelles de Constant Paul d’Estournelles de Constant Revue des Deux Mondes

Puis lentement il détourna la tête, et ses yeux vinrent s’arrêter sur la maison de Dionytza.
Cette maison s’élevait au pied de la colline, entourée d’un vaste jardin qui l’isolait ; du côté de la mer, une terrasse masquée par le bâtiment s’avançait. Cette terrasse, Spiridion ne pouvait l’apercevoir, mais c’était là que la jeune femme était étendue, et il la voyait aussi nettement dans sa pensée que s’il avait été près d’elle.
— Elle dort, pensait-il, seule, et rien ne trouble son sommeil d’enfant ; elle est radieuse et paisible, elle ne rêve pas qu’elle a pour jamais pris ma vie.
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Portrait de Paul d’Estournelles de Constant Paul d’Estournelles de Constant La Vie de province en Grèce. Dix mois de séjour en Achaïe

La seconde, qu’on entend dans les villages perdus de la province, pourrait s’appeler la musique populaire. Le peuple seul en effet l’écoute et l’aime encore, et c’est pour lui l’accompagnement indispensable de la danse, la gaîté des noces, des festins et des promenades aux jours de fête. Le plus souvent ces romances ne sont pas écrites, et, comme les tragoudia, se transmettent de l’un à l’autre par la mémoire des hommes, mais les notes en sont très compliquées, l’harmonie très douteuse, et le musicien qui répète tant bien que mal l’air qu’il vient d’apprendre le transforme en grande partie.
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Portrait de Paul d’Estournelles de Constant Paul d’Estournelles de Constant Revue des Deux Mondes

Sa main renversée pendait blanche et fine sur la couverture, à son côté ; il crut pouvoir la prendre dans sa main : la jeune femme s’éveilla.
Elle ne le reconnut pas d’abord ; elle le regardait avec des yeux égarés. Tout à coup, elle arracha sa main de la sienne, avec une exclamation sourde : — Ah..., Spiro..., murmura-t-elle effarée, — et elle porta ses deux mains à son front pour ne pas le voir. Puis elle se dressa, et comme elle allait pousser un grand cri : — Oh ! ne dis rien, n’appelle pas, je serais perdu, dit tout bas Spiridion à genoux, — ne dis rien, Dionytza...
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