Pierre Frédé

Élements biographiques

Pierre Frédé Aventures lointaines : voyages… (1882)

Depuis la naissance du monde jusqu'à nos jours, la bête la plus féroce de la création, à mon avis, c'est l'homme, qu'il soit pêcheur, chasseur, agriculteur, apothicaire, huissier ou fabricant de cordes à violon. Caïn tuant Abel, n'est-ce pas le symbole de la scélératesse humaine ? J'estimerais M. de Buffon, s'il avait dit ceci :
– Le pêcheur à la ligne est un naïf bourgeois, coiffé d'un chapeau de paille, ou d'une casquette de loutre, immobile comme une huître au bord de l'onde,
les yeux écarquillés, suivant de l'oeil, avec la patience d'un héron, son bouchon qui pirouette.
Source : Gallica

Pierre Frédé Récits de chasse, par Pierre Frédé (1882)

Aussi la chasse que l'on fait au tigre est-elle beaucoup plus dangereuse que celle que l'on fait au lion. Celui-ci se montre carrément à son ennemi ; le tigre, jamais : il fait le guet à la manière des voleurs, il prête l'oreille pour surprendre, fait s'il entend un grand nombre de voix, rampe à travers les hautes herbes et les broussailles, regarde avec des yeux avides, se traîne sournoisement, cauteleux et silencieux comme le chat; sa queue frémit et se balance, ses griffes sortent de leur gaîne, s'aiguisent en grattant et déchirant le sol ou les racines.
Source : Gallica

Pierre Frédé Aventures lointaines : voyages… (1882)

Si le trappeur est le pionnier de la civilisation et le colporteur du désert, il a tout à redouter des populations hostiles aux blancs. Et, puisque je ne puis vous détourner, emmenez avec vous une squaw, ce sera pour vous un passeport vivant.
– Bah ! répondait Bérins, je sais bien que je n'aurai pas les aises d'un chasseur sybarite ; mais je dors aussi bien sous un rideau de brouillard que dans une fourrure ; je ne m'effraie pas de l'absence d'une bassinoire. J'ai le jarret vigoureux, les épaules et les bras solides, l'oeil subtil et le coeur d'aplomb.
Source : Gallica

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