Achille Segard

Résumé

Achille Segard,  Hymnes profanes

“ Puisque le cœur est saoûl jusqu’à la lassitude
De ces essais d’amour toujours désabusé,
Puisque ce rêve est fou, cet espoir insensé,
Jeune homme, élève-toi jusqu’à la Solitude !
J’ai cherché trop longtemps un cœur qui me comprenne
Et qui m’aime ! Je suis allé, pauvre amoureux,
Glaner des baisers faux, mornes ou doucereux,
Et j’ai traîné mon rêve où notre corps se traîne,
Que j’ai souffert de ces amours sans lendemain !
J’ai marché dans la vie avec inquiétude,
Implorant l’âme-sœur et la cherchant en vain,
Je n’ai trouvé la paix que dans la Solitude !
”
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Achille Segard,  Hymnes profanes

“ Lorsque tu fais vibrer mon âme,
Aux bras d’un invisible amant
La Terre ivre d’amour se pâme
Et j’aime ! J’aime ! Follement !
Pour K. Michel.
Je l’aime ! autour de moi la nature est plus belle,
Les cieux sont plus profonds, les oiseaux plus joyeux,
Et dans le ciel de pourpre un coin bleu me rappelle
Les longs regards venus de ses chastes yeux bleus.
Pourtant le Devoir veut que je m’éloigne d’elle,
C’est à moi de garder notre honneur à tous deux,
Mais j’ai le cœur blessé d’une douleur mortelle
Et je ne verrai plus briller de jours heureux.
”
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Achille Segard,  Hymnes profanes

“ L’écrase sur le sol et ne fait qu’un lambeau
Roulé par tous les vents des plumes irisées.
Hélas ! tel est le sort de ces illusions
Que dans le fond du cœur, très doux, nous caressions
Et que la vie, impitoyable, a dispersées !
Hic desperatus
Pour Eugène Basquin.
Silencieux je rêve alors que tout sommeille,
Dans une allée ombreuse où seul un oiseau veille
Pour bercer de ses chants ma longue rêverie,
Une douceur s’épand en mon âme meurtrie
En écoutant la voix se perdre dans la nuit,
Et mon cœur désolé chante et pleure avec lui.
”
Source : Wikisource

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