Résumé

Alphonse Rebière Mathématiques et mathématiciens

PREMIÈRE SCIENCE Les mathématiques étant une science de raisonnement, dans laquelle l’observation n’a presque rien, et l’expérience absolument rien à faire, a dû être constituée longtemps avant les autres sciences. Il est clair que pour compter ou pour comparer des grandeurs entre elles, l’homme n’a pas eu besoin de connaître la nature. Le calcul et la géométrie se sont donc formés dans une indépendance absolue vis-à-vis des autres catégories de connaissances.
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Alphonse Rebière Mathématiques et mathématiciens

Si l’on entend que dans la nature il n’y a pas d’infiniment petits, c’est incontestable ; tout ce qui existe est déterminé et par conséquent fini. Mais à ce point de vue, il n’y a pas non plus de quantité variable : une quantité, par cela seul qu’elle est, a une valeur actuelle précise. Notre esprit seul crée la notion de variable, en rapprochant les grandeurs de quantités voisines et les regardant comme les valeurs successives d’une même quantité. La notion de variable n’est pas plus légitime que celle d’infiniment petit, et il faut les admettre ou les repousser toutes les deux.
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Alphonse Rebière Mathématiques et mathématiciens

Mais il y a ici une infinité de vies infiniment heureuses à gagner, un hasard de gain contre un nombre fini de hasards de perte, et ce que vous jouez est fini. Cela est tout parti : partout où est l’infini et où il n’y a pas une infinité de hasards de perte contre celui de gain, il n’y a point à balancer, il faut tout donner ; et ainsi, quand on est forcé à jouer, il faut renoncer à la raison, pour garder la vie plutôt que de la hasarder pour le gain infini aussi prêt à arriver que la perte du néant.
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