Résumé

Anonyme Un nouveau Culte en Allemagne - La fête d’Arminius

D’autres ont dit que cette guérite n’est pas une guérite, qu’elle ressemblait comme deux gouttes d’eau à un calorifère, que le prince des Chérusques devait être reconnaissant à M. de Bandel pour l’attention délicate qu’il avait eue de lui tenir les pieds chauds pendant les longs hivers de la Westphalie. D’autres enfin affirment que le monument tout entier, y compris le socle, la statue et cette interminable épée qui semble percer les nues, représente dans la pensée de l’artiste un gigantesque épouvantail à chènevière. Quelle est la chènevière que garde Arminius ? C’est l’Allemagne.
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Si jamais, nous passions à la Grotenburg, nous voudrions graver sur l’une des pierres si laborieusement rassemblées par M. de Bandel ce mot de l’un des plus grands poètes de l’Allemagne : « le patriotisme de l’Allemand consiste en ce que son cœur se rétrécit comme le cuir par la gelée, qu’il cesse d’être un Européen pour n’être plus qu’un étroit Allemand. »
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Redoutables, a-t-on dit, sont les hommes qui n’ont lu qu’un livre, plus redoutables encore ceux qui n’ont qu’une idée. M. de Bandel est un de ces hommes qui ne se permettraient pour rien au monde d’avoir deux idées, ni à la fois, ni l’une après l’autre. Il avait résolu d’élever à la gloire d’Arminius un monument immortel et colossal ; à cette pensée il a consacré toute sa vie, tout ce qu’il avait de forces et de talent. On raconte que dans son enfance il s’affligeait en secret de l’ingratitude de ses compatriotes envers le héros chérusque qui les a délivrés du joug des Romains.
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