Résumé

B. Aubé Revue des Deux Mondes

M. Roller fait entendre, en effet, que l’art dans les catacombes est d’autant plus symbolique et riche de spiritualités profondes qu’il est plus ancien, et que ce n’est qu’à l’époque où le sens religieux s’appauvrit et où l’art décline, c’est-à-dire à partir du IVe siècle, qu’avec tout le monde les artistes chrétiens ont perdu le sens des choses et en ont oublié l’esprit pour tomber dans les représentations littérales des faits matériels. C’est raisonner, semble-t-il, au rebours de la logique et contre les données de l’expérience commune. L’esprit humain ne va pas de l’abstrait au concret.
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B. Aubé Revue des Deux Mondes

C’est, nous dit-on, que précisément, — le compositeur tenait moins à exprimer le fait historique qu’à le transformer en symbole. Cette arche, — arca, urne, — c’est le tombeau où le fidèle est enfermé. L’eau qui l’inonde d’en haut, — il n’y en a pas trace dans la composition, — et où elle flotte en bas, c’est le baptême qui, au lieu de faire mourir, lave et sauve. L’oiseau qui vole avec sa branche au bec, c’est la paix bienheureuse envoyée par le Seigneur, et les divines félicités promises à l’âme purifiée.
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De même les trois Babyloniens débout les bras étendus, dans l’attitude de la prière, au milieu des flammes qu’ils foulent aux pieds, sont le clair symbole des tribulations et des épreuves dont la prière, c’est-à-dire la confiance en Dieu, sauve les fidèles. L’histoire de Jonas précipité du navire dans les flots, avalé par le monstre des abîmes, puis rejeté par lui sur le rivage et se reposant étendu sous la courge, ce drame mythique en trois actes est le symbole de la vie qui paraît s’éteindre dans la mort et bientôt se rallume et renaît.
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