Caroline de Beaulieu

Résumé

Caroline de Beaulieu Jean Mulhberg (1883)

N'ai-je pas raison, madame Mulhberg?
Élisabeth regarda son fils avec une indicible émotion.
— Mon Jean, dit-elle, les raisons du docteur me semblent tout à fait justes et ses conseils dictés par une affection éclairée. Pourquoi refuser le moyen de suivre la vocation que Dieu t'a donnée ?
Jean se leva, et baisant les mains d'Élisabeth: — Ma mère, outre qu'il me serait pénible de vous arracher aux douces habitudes de votre vie, pour vous entraîner sur les routes épineuses que doit suivre l'artiste, vivant au jour le jour, le renom de tailleur d'images ne me tente point.
Source : Gallica

Caroline de Beaulieu Jean Mulhberg (1883)

Partout la séve monte et fait éclater les bourgeons, saturant l'air de cet encens, composé de tous les encens, qui pénètre la chair, monte au cerveau et le grise d'espoir et de vie.
Partout il fait bon vivre un jour de printemps, mais à Vienne le bien-être sensitif semble universel. Tout y est joie, quiétude et loisir. A Paris, à Londres, l'ouvrier poursuit ses travaux par le soleil et par la pluie. Quand les rayons printaniers, entrant par les fenêtres ouvertes, ont égayé la mansarde ou l'atelier, à peine l'artisan des villes d'industrie se permet-il, le soir, quelques heures de flànerie.
Source : Gallica

Caroline de Beaulieu Jean Mulhberg (1883)

Un valet de chambre de l'hôtel l'aide à passer une robe de chambre, et les pieds chaussés de pantoufles, il est bientôt chez lui.
Jean, fort surpris, remarque le zèle respectueux des serviteurs et le changement des manières de Mozélius.
Ce n'est plus le bonhomme allant et venant par la chambre, se frottant les mains, souriant de la bouche et des yeux, avec des naïvetés d'enfant. C'est un docteur, un vrai docteur. Il paraît grandi, tant sa voix est grave en donnant des ordres clairs, précis, de ce ton, froidement poli, des gens qui savent commander.
Source : Gallica

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