Résumé

Portrait de Charles Asselineau Charles Asselineau André Boulle, ébéniste de Louis XIV

Quand Boulle employait le bois dans son travail, c’était du bois d’ébène ; on y a renoncé pour le poirier noirci, sous prétexte que l’ébène est un bois gras, difficile à manier, qui se fend, se gerce, prend mal la colle et repousse le vernis. De sorte qu’aujourd’hui un meublier s’appelle « ébéniste » à la condition de ne jamais employer d’ébène. Celui de Louis XIV ne trouvait pas tant de dégoût au magnifique bois si maltraité par notre spirituelle fabrique. Il ne s’inquiétait guère, à la vérité, comment le vernis y tiendrait, puisqu’il ne vernissait pas ses meubles ».
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Portrait de Charles Asselineau Charles Asselineau André Boulle, ébéniste de Louis XIV

Autrefois l’ouvrier pouvait être artiste et grand artiste : Boulle le prouve, Boulle qui faisait tout de sa main et de sa pensée, inventeur, dessinateur, sculpteur, architecte, ébéniste, doreur, ciseleur, et homme de goût par-dessus le marché. La division du travail et la camelotte, c’est-à-dire le travail sans intelligence et sans bonne foi, ont fait de l’ouvrier moderne une machine, moins qu’une machine, un rouage, un ressort, une pièce.
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Portrait de Charles Asselineau Charles Asselineau André Boulle, ébéniste de Louis XIV

Les grands artisans sont de tous les grands hommes ceux dont la vie est le moins connue.
Leur humble naissance, les lenteurs de l’apprentissage, l’obscurité du milieu où ils se meuvent les dérobent aux recherches de l’historien, et à moins qu’ils n’aient laissé des mémoires comme Palissy, ou qu’ils ne deviennent académiciens comme Bréguet, ils courent grand risque de passer pour fabuleux.
C’est ce qui est arrivé de l’ébéniste Boulle, dont il y a peu d’années encore, malgré le goût croissant pour les objets d’art et de curiosité, le nom était pris pour un substantif.
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