Charles Maumené

Résumé

Charles Maumené Revue des Deux Mondes

François Piccolomini se voit prêchant au Roi de France la croisade, comme son oncle le Pape Pie II la prêcha à l’Europe ; et, s’il réussit dans sa mission, l’Italie, le Saint-Siège sont sauvés, grâce à lui ! et alors, tout au fond de sa pensée, il voit ce pape luxurieux, au cou puissant, au sang trop chaud, brusquement enlevé par sa vie de plaisir ; il se voit lui-même, la tiare en tête, sur ce trône pontifical déjà possédé par sa famille ! Homme pieux et croyant, peut-être n’ose-t-il pas se l’avouer à lui-même, mais il ne peut chasser cette idée, autour de laquelle tourne sa vie entière.
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Tout ce qu’apprend le cardinal n’est pas fait pour lui donner espoir, car c’est de plus en plus la déroute de sa politique de famille : Florence, révoltée contre les Médicis, a chassé Piero et envoyé des ambassadeurs au Roi pour se mettre à sa discrétion, et Sienne, jusqu’alors hésitante, se déclare maintenant pour Charles VIII : les partis, — chose extraordinaire et qui se voit pour la première fois dans cette ville divisée, — tombent d’accord pour souscrire à toutes les demandes du Très-Chrétien, « puisque aussi bien on n’est plus maître de les refuser. »
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Sarteano, le berceau de sa famille, et Pienza, du nom de son oncle Pie II [9] , où le seul palais des Piccolomini était aussi gros que toute la cité, où tout rappelait l’illustre Pontife.
La nature elle-même et son air « lieto, » la vallée de la Chiana, argentée d’étangs, les cimes bleutées et les forêts sombres du Mont Amiata, entrevues à travers la brume transparente de l’automne toscan, doré et azuré, lui remettaient en mémoire les poétiques descriptions qu’en avait faites cet Enea Silvio, humaniste élégant en même temps que pape zélé.
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