Résumé

Portrait de Charles Benoist Charles Benoist Le Gouvernement de l’Église et le Sacré-Collège en 1894

Il se recrute dans l’élite d’une élite, en dehors de toute considération autre que l’intérêt de l’Église, de son intérêt supérieur, universel et éternel. Il est, en somme, aussi peu accessible aux passions humaines qu’une réunion d’hommes puisse l’être. Il ne fait pas de bruit sur terre et, tout attentif qu’il soit en secret aux affaires importantes du monde, il n’occupe le monde qu’à de rares intervalles. Sa fonction d’un jour fait oublier ses fonctions de tous les jours : on ne se rappelle qu’il existe que lorsqu’un pape vient à mourir et qu’il s’agit d’élire un pape.
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Portrait de Charles Benoist Charles Benoist Le Gouvernement de l’Église et le Sacré-Collège en 1894

Le vicaire général du pape Léon XIII pour le diocèse de Rome est le cardinal Lucido-Maria Parocchi, évêque titulaire d’Albano. Lorsqu’on l’a vu et qu’on a vu le pape, on se les imagine malaisément tous deux en collaboration quotidienne. Dans le langage, dans les manières et comme dans l’aspect physique du cardinal Rampolla, on retrouve quelque chose de Léon XIII ; il semble qu’il porte sur lui comme le pli d’une longue habitude ; Léon XIII se devine et se touche en son secrétaire d’État. Avec le cardinal-vicaire, quel étrange contraste !
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Portrait de Charles Benoist Charles Benoist Le Gouvernement de l’Église et le Sacré-Collège en 1894

Mais l’Église n’est pas seulement ce cadavre embaumé et paré : elle est vivante sous la châsse. Sans provinces, elle est une puissance ; sans États, elle est un État ; sans armée, sans impôts, sans les moyens ordinaires de contraindre, sans les organes ordinaires du gouvernement, elle possède le gouvernement le plus souple, le plus précis, le plus maître de son action, le plus sûr de son autorité.
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